La quintessence de la sapience – 38/19

Signification : Contester sur des sujets insignifiants.

Origine : Expression française du XVIIème siècle dont l’origine provient d’une légende grecque où  le sujet était disputer sur l’ombre d’un âne. En effet l’histoire a servi à rendre les athéniens plus attentifs. Elle relatait les périples d’un voyageur qui a loué un âne pour sa traversée en étant accompagné de l’ânier. Au moment où il s’arrêta pour se reposer, il descendit de la monture et se rafraichit à l’ombre de la bête ce qui déplut au propriétaire de l’âne car il avait encaissé le loyer de l’âne et pas celui de l’ombre et donc la place ombragée grâce à la bête lui revenait de droit. Du moment qu’il n’y eut aucun terrain d’entente, l’affaire fut portée  en justice.

Exemple d’utilisation : Depuis que je suis avec elle, je n’ai pas eu un moment de repos, elle me fait ordinairement des querelles sur la pointe d’une aiguille et crie si fort… (Ch. Sorel : Histoire comique de Francion)

Et chez mes aminautes :

Bonjour les expressions françaises,   lady Marianne,     Monica 

 

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soleillant.lilou@gmail.Com

 

 

 

 

 

La quintessence de la sapience – 35/19

Signification : Tromper, duper

Origine : Expression française qui viendrait d’une coutume consistant à signaler les taureaux méchants par une touffe de foin dans les cornes. De ce fait bailler foin en corne aurait une origine latine et servait à désigner une personne dangereuse. Par contre et à partir du XVIème siècle, cette locution prit le sens de vendre une mauvaise bête et donc tromper.

Exemple d’utilisation : Nous sommes lardez à poinct…. Petit mignon, tu nous a baillé foin en corne (Rabelais)

Et mes aminautes :

Bonjour les expressions françaises,   lady Marianne,    TOrtue,    Monica 

 

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soleillant.lilou@gmail.Com

 

 

 

 

 

La quintessence de la sapience – 34/19

Le rythme est repris enfin j’espère alors découvrons sans tarder les expressions de la semaine

Long comme un jour sans pain , pendre au nez, Bâtir des châteaux en Espagne

 

 

L’origine:

Au XVIIe siècle, « le coup de foudre » était un événement inattendu et en général désagréable, qui générait beaucoup de stupéfaction. A la fin du siècle, le « coup » avait déjà le sens d’ »évènement brutal et impressionnant ». On l’associa alors au domaine sentimental et aux émotions. La « foudre », quant à elle, symbolisa la rapidité (« rapide comme l’éclair »), mais également le feu, qui au figuré prend le sens de « passion ». Mais le « coup de foudre », en tant qu’émotion soudaine et violente ressentie à l’égard d’une personne ou d’une chose, n’est réellement apparu que vers la fin du XVIIIe siècle.

Chez mes aminautes : Long comme un jour sans pain , pendre au nez, Bâtir des châteaux en Espagne

 

La quintessence de la sapience – 33/19

J’ai été très occupée la semaine dernière pas mes muchachos et encore un peu cette semaine mais je publie toutes les expressions que vous avez bien voulu nous faire partager… Elles sont sympas comme tout.

Avoir de la venette

Une étymologie faisait autrefois venir le mot venette des Vénètes, peuple d’Italie qui, obligé de fuir devant le conquérant Attila, fonda Venise ; l’autre, qui est de Littré, le dérive de venevesne, vieux substantif français tombé en désuétude, et qui, pour cette raison, brave mieux l’honnêteté que son synonyme dans la langue moderne.

Quoi qu’on ait pu dire en faveur de la première, elle n’a aucun fondement ; car le mot venette ne se trouvant ni dans Furetière (1727), ni dans Trévoux (1770), ni dans le Dictionnaire de l’Académie de 1835, il n’est pas à croire qu’un événement arrivé sur l’Adriatique au Ve siècle ait pu donner lieu, chez nous, à une expression qui ne date guère que du nôtre.

Ci après devise comment le bon veneur doit chasser et prendre le lièvre à force. Enluminure extraite du Livre de chasse composé entre 1387 et 1389 par Gaston Fébus
Ci après devise comment le bon veneur doit chasser et prendre le lièvre à force.
Enluminure extraite du Livre de chasse composé entre 1387 et 1389 par Gaston Fébus

La seconde est sans doute plus sérieuse ; mais ce n’est pas encore la vraie. En effet, si venette est le diminutif de vene, il doit se construire avec les mêmes verbes que le synonyme de ce dernier. Or, on n’emploie pas et l’on n’a jamais employé donner et avoiravec le synonyme en question : ce synonyme n’a jamais été que le complément du verbe faire ou d’un verbe de sens analogue. Par conséquent, venette ne peut non plus venir de vene.

Voici comment, semble-t-il, a été formé le mot dont il s’agit : au commencement du XVIIIesiècle, nous avions le verbe vener (latin venari) dans le sens de chasser ; ce verbe s’appliquait aux animaux de boucherie, veaux, bœufs, etc., que l’on faisait courir, paraît-il, pour qu’ils eussent la chair plus tendre : « À Rome et en Angleterre, on a coutume de vener les bœufs » (Dictionnaire de Furetière)

Ce même verbe s’employait en parlant des personnes. On disait de quelqu’un qu’il avait été bien vené, pour signifier qu’on l’avait bien fait courir, qu’on lui avait bien donné de l’exercice. Or, c’est de vener qu’on a fait venette, comme de amuserserinerdeviner, etc., on a fait amusetteserinettedevinette. De même qu’aujourd’hui, on disait alors donner la chasse à quelqu’un, ainsi que le montrent ces exemples : « L’aigle donnait la chasse à maître Jean Lapin » (Fables de La Fontaine, livre II, fable 8) ; « M. de Grignan donnera la chasse à ces démons » (Lettres de Madame de Sévigné) ; « Il donne la chasse aux vices » (Discours sur l’union de Jésus-Christ avec son épouse. Comment Jésus-Christ est-il l’époux des âmes dans l’oraison de Bossuet).

Une fois qu’on eut créé venette, on dit, par analogie, donner la venette à quelqu’un, pour signifier lui donner la chasse. Mais l’animal qu’on vène a évidemment peur, puisqu’il fuit, et la personne que l’on poursuit de la même manière a peur également : on a appliqué le nom de la cause à l’effet (ce qui se pratique souvent pour étendre le sens des mots), et venettes’est employé pour frayeur, peur, alarme.

monica :  être le dindon de la farce et aussi  » Le coffre fort ne suivra pas le corbillard »

TOrtue :« Rentrer dans sa coquille »  et une colère née d’une provocation reste souvent dans la rancune et la douleur. » Bihmane Belattaf

Lady Marianne : C‘est le fils de la poule blanche et Apothicaire sans sucre

 

La quintessence de la sapience – 31

Vous proposez une expression pittoresque de notre belle langue française.Vous pouvez développer et  illustrer selon votre envie.

Rompre l’anguille au genou 

Signification : User de force et de violence mal à propos

Origine de l’expression « Rompre l’anguille au genou »

Expression française qui se base sur la métaphore décrivant celui qui voudrait casser une anguille sur son genou comme on casserait une branche de la même manière. Le choix de l’anguille est bien approprié car elle reste le symbole de la ruse, l’astuce que l’on peut vaincre par la force brutale.

Nous devons supporter les ignorants et les infirmes, si aussi est ce que petit à petit on doit les réduire plutôt que de rompre l’anguille au genou. (Calvin)

et chez…

Tortue : Quand la chèvre bêle elle perd un morceau« 

Lady Marianne : « comment ça va »

Monica Breiz : Être né avec une cuillère d’argent dans la bouche 

et vous ? Vous connaissez des expressions savoureuses,

locales ou étrangères… Rejoignez-nous

La quintessence de la sapience – 30

Vous proposez une expression pittoresque de notre belle langue française.Vous pouvez développer et  illustrer selon votre envie.

Entrer en lice

Sens : s’apprêter à combattre, s’engager dans une compétition, intervenir dans un débat.

Les lices étaient les espaces clos où avaient lieu les tournois à proximité des châteaux. La cour intérieure de ceux-ci était souvent exiguë et toujours encombrée de petits bâtiments: écuries, chenil, four, puits…

 

et chez…

Tortue : couper les cheveux en quatre

Lady Marianne : après lui il faut tirer l’échelle

Monica Breiz : Porter la guigne

La quintessence de la sapience – 29

Vous proposez une expression pittoresque de notre belle langue française.Vous pouvez développer et  illustrer selon votre envie.

AVOIR LA VENETTE

Avoir peur 

Voici comment, semble-t-il, a été formé le mot dont il s’agit : au commencement du XVIIIe siècle, nous avions le verbe vener (latin venari) dans le sens de chasser ; ce verbe s’appliquait aux animaux de boucherie, veaux, bœufs, etc., que l’on faisait courir, paraît-il, pour qu’ils eussent la chair plus tendre : « À Rome et en Angleterre, on a coutume de vener les bœufs » (Dictionnaire de Furetière)

Ce même verbe s’employait en parlant des personnes. On disait de quelqu’un qu’il avait été bien vené, pour signifier qu’on l’avait bien fait courir, qu’on lui avait bien donné de l’exercice. Or, c’est de vener qu’on a fait venette, comme de amuser, seriner, deviner, etc., on a fait amusette, serinette, devinette. De même qu’aujourd’hui, on disait alors donner la chasse à quelqu’un, ainsi que le montrent ces exemples : « L’aigle donnait la chasse à maître Jean Lapin » (Fables de La Fontaine, livre II, fable 8) ; « M. de Grignan donnera la chasse à ces démons » (Lettres de Madame de Sévigné) ; « Il donne la chasse aux vices » (Discours sur l’union de Jésus-Christ avec son épouse. Comment Jésus-Christ est-il l’époux des âmes dans l’oraison de Bossuet).

Une fois qu’on eut créé venette, on dit, par analogie, donner la venette à quelqu’un, pour signifier lui donner la chasse. Mais l’animal qu’on vène a évidemment peur, puisqu’il fuit, et la personne que l’on poursuit de la même manière a peur également : on a appliqué le nom de la cause à l’effet (ce qui se pratique souvent pour étendre le sens des mots), et venette s’est employé pour frayeur, peur, alarme.

 

Ci après devise comment le bon veneur doit chasser et prendre le lièvre à force. Enluminure extraite du Livre de chasse composé entre 1387 et 1389 par Gaston Fébus

 

et chez…

Tortue : Du lard ou du cochon

Lady Marianne : faire un pont d’or

Monica Breiz : C’est au fruit qu’on reconnait l’arbre 

 

La quintessence de la sapience – 28

Vous proposez une expression pittoresque de notre belle langue française.Vous pouvez développer et  illustrer selon votre envie.

Tortue : Secouer le cocotier

Lady Marianne : Crier aux petits pâtés

Monica Breiz : Ça se corse 

tirer le diable par la queue

Signification

Vivre avec des ressources insuffisantes.
Avoir des difficultés à subvenir à ses besoins.

Origine
Si c’est Dieu qui gouverne, le Diable est dans l’opposition. Et il le montre bien, glissant des peaux de bananes autant que faire se peut dans les tentatives infructueuses du Créateur pour ramener l’Homme dans le droit chemin.
Ce personnage existe depuis la nuit des temps dans l’imaginaire des humains, sous une forme ou une autre.
Et les histoires où un homme fait appel au Diable pour l’aider à le sortir d’un très mauvais pas sont nombreuses.

C’est pourquoi, suite au mystère qui entoure l’origine de cette expression, de nombreux lexicographes ont tenté de l’expliquer par l’image de l’homme qui, étant dans un grand besoin, passe un coup de fil au Diable pour le faire venir. Mais une fois ce dernier présent et les raisons de l’appel au secours expliquées, celui-ci décide de repartir sans accorder d’aide. Le pauvre homme, qui est pourtant prêt à vendre son âme tellement il est dans le besoin, cherche alors désespérement à le retenir par ce qui lui tombe sous la main, c’est-à-dire la queue.

Mais Duneton, grâce aux travaux récents de Pierre Enckell (écrivain, journaliste et lexicographe contemporain), signale qu’il y a longtemps, cette expression avait un autre sens.
Aux XVIe et XVIIe siècles, les textes où elle apparaît montrent qu’elle signifiait « travailler humblement pour gagner raisonnablement sa vie ».
Mais en aucun cas, il n’y a de notion de misère, de gêne, de difficulté à gagner sa vie.

Par contre, dès 1690, Furetière donne notre signification actuelle à l’expression.

Ces découvertes récentes ne font qu’ajouter un mystère au précédent :

On ne sait toujours pas ce qui a fait basculer le sens de l’expression, donc le lien qu’il peut y avoir entre la misère et le diable qu’on tire par la queue,
Mais on ne sait pas plus pourquoi, auparavant, un travail humble était comparé à un ‘tirage’ de queue du diable.

La quintessence de la sapience – 27

Vous proposez une expression pittoresque de notre belle langue française.Vous pouvez développer et  illustrer selon votre envie.

Tortue : Secouer le cocotier

Lady Marianne : ça rime comme hallebarde et miséricorde

Monica Breiz : Ne pas être tombé de la dernière pluie

Renée : 

Une autre paire de manches

Signification

Quelque chose de complètement différent – Une toute autre affaire (généralement plus difficile ou compliquée)

Il n’existe malheureusement aucune certitude quant à l’origine de cette expression qui est attestée au XVIe siècle.

Les seules choses que l’on sait, c’est qu’au Moyen Âge, les manches des vêtements des gens de la haute société n’étaient pas cousues de manière définitive et qu’on pouvait donc changer facilement et partiellement de tenue en changeant simplement sa paire de manches ; on sait aussi que, beaucoup plus tard, au moment de l’apparition de l’expression, il a existé des demi-manches (parties basses de la manche) en lustrine servant à protéger les manches elles-mêmes et aisément interchangeables.

Une explication dit qu’au cours des tournois, les chevaliers portaient les couleurs de leur dulcinée sous la forme d’une de leurs manches fixée à la lance ou au bouclier ; les manches seraient ensuite devenues des symboles que les amoureux s’échangeaient en gage de fidélité amoureuse (ce fait semble confirmé par le troubadour Vidal de Besaudun qui évoque deux amants qui, s’étant juré fidélité, promirent de « porter manches et anneaux l’un de l’autre »).
Une autre paire de manches aurait donc d’abord évoqué un nouvel amour ou une infidélité.

Mais si l’histoire précédente semble réelle, le lien avec l’expression est loin d’être certain, car elle est incontestablement présentée comme familière, voire vulgaire au XVIIIe siècle (l’abbé Morellet, en 1822, évoquant M. de Buffon et Mlle de l’Espinasse, parle de formes triviales et populaires). Il est donc assez peu probable qu’elle ait eu un lien quelconque avec les choses galantes chez les nobles, sauf si le contexte de son utilisation a largement évolué entre le XVIe et le XVIIIe siècle.

Alain Rey indique d’ailleurs qu’il n’existe aucune attestation de cette hypothèse et que « cette interprétation semble être le fruit de l’imagination anecdotique des commentateurs du XIXe siècle », ces derniers étant réputés pour avoir inventé de toutes pièces nombre d’explications étymologiques.

Exemple
« Notre conception moderne peut être juste quand on regarde l’histoire humaine du point de vue de Sirius, ou sur une phase de dix siècles; autrement dit quand la distance écrase les détails; mais quand il s’agit de savoir si, en ce moment même, le tsar Nicolas donne ou ne donne pas au roi de Serbie le conseil de marcher contre l’Autriche, c’est une autre paire de manches. »
Jules Romains – Les hommes de bonne volonté / Le 6 octobre – 1932

La quintessence de la sapience – 26/19

Vous proposez une expression pittoresque de notre belle langue française.Vous pouvez développer et  illustrer selon votre envie.

Tortue : Le diable bat sa femme et marie sa fille

Lady Marianne : La peau des couilles 

Monica Breiz : Ne pas être tombé de la dernière pluie

Renée : 

Laisser mariner ou cuire dans son jus

Signification

Abandonner pour tourmenter ou par négligence

Origine

Expression française familière du début du XIXème siècle qui exprime l’idée de laisser une personne devenir plus maniable ou carrément l’abandonner à son sort.

Elle puiserait ses origines dans l’argot des comédiens où elle décrivait ceux qui ont connu un succès sans suite. Elle exprime ce fait avec l’idée de macération à la fois au sens propre comme au figuré. Cette macération reflète l’image d’une viande qui cuit dans son jus et ses vertus à la fois éducatives et curatives.

Il est tout à fait possible que cette macération s’applique non pas aux humains mais aux choses inanimées à l’instar d’une situation qui évolue pour mûrir ou pourrir.

Exemple d’utilisation

Mais, vont dire nos modernes Fabius, nos pourris diplomatiques, il fallait avant tout gagner du temps, faire tomber l’entrain populaire, et, laisser cuire la révolution dans son jus. (E. Morice)