La quintessence de la sapience – 28

Vous proposez une expression pittoresque de notre belle langue française.Vous pouvez développer et  illustrer selon votre envie.

Tortue : Secouer le cocotier

Lady Marianne : Crier aux petits pâtés

Monica Breiz : Ça se corse 

tirer le diable par la queue

Signification

Vivre avec des ressources insuffisantes.
Avoir des difficultés à subvenir à ses besoins.

Origine
Si c’est Dieu qui gouverne, le Diable est dans l’opposition. Et il le montre bien, glissant des peaux de bananes autant que faire se peut dans les tentatives infructueuses du Créateur pour ramener l’Homme dans le droit chemin.
Ce personnage existe depuis la nuit des temps dans l’imaginaire des humains, sous une forme ou une autre.
Et les histoires où un homme fait appel au Diable pour l’aider à le sortir d’un très mauvais pas sont nombreuses.

C’est pourquoi, suite au mystère qui entoure l’origine de cette expression, de nombreux lexicographes ont tenté de l’expliquer par l’image de l’homme qui, étant dans un grand besoin, passe un coup de fil au Diable pour le faire venir. Mais une fois ce dernier présent et les raisons de l’appel au secours expliquées, celui-ci décide de repartir sans accorder d’aide. Le pauvre homme, qui est pourtant prêt à vendre son âme tellement il est dans le besoin, cherche alors désespérement à le retenir par ce qui lui tombe sous la main, c’est-à-dire la queue.

Mais Duneton, grâce aux travaux récents de Pierre Enckell (écrivain, journaliste et lexicographe contemporain), signale qu’il y a longtemps, cette expression avait un autre sens.
Aux XVIe et XVIIe siècles, les textes où elle apparaît montrent qu’elle signifiait « travailler humblement pour gagner raisonnablement sa vie ».
Mais en aucun cas, il n’y a de notion de misère, de gêne, de difficulté à gagner sa vie.

Par contre, dès 1690, Furetière donne notre signification actuelle à l’expression.

Ces découvertes récentes ne font qu’ajouter un mystère au précédent :

On ne sait toujours pas ce qui a fait basculer le sens de l’expression, donc le lien qu’il peut y avoir entre la misère et le diable qu’on tire par la queue,
Mais on ne sait pas plus pourquoi, auparavant, un travail humble était comparé à un ‘tirage’ de queue du diable.

La quintessence de la sapience – 27

Vous proposez une expression pittoresque de notre belle langue française.Vous pouvez développer et  illustrer selon votre envie.

Tortue : Secouer le cocotier

Lady Marianne : ça rime comme hallebarde et miséricorde

Monica Breiz : Ne pas être tombé de la dernière pluie

Renée : 

Une autre paire de manches

Signification

Quelque chose de complètement différent – Une toute autre affaire (généralement plus difficile ou compliquée)

Il n’existe malheureusement aucune certitude quant à l’origine de cette expression qui est attestée au XVIe siècle.

Les seules choses que l’on sait, c’est qu’au Moyen Âge, les manches des vêtements des gens de la haute société n’étaient pas cousues de manière définitive et qu’on pouvait donc changer facilement et partiellement de tenue en changeant simplement sa paire de manches ; on sait aussi que, beaucoup plus tard, au moment de l’apparition de l’expression, il a existé des demi-manches (parties basses de la manche) en lustrine servant à protéger les manches elles-mêmes et aisément interchangeables.

Une explication dit qu’au cours des tournois, les chevaliers portaient les couleurs de leur dulcinée sous la forme d’une de leurs manches fixée à la lance ou au bouclier ; les manches seraient ensuite devenues des symboles que les amoureux s’échangeaient en gage de fidélité amoureuse (ce fait semble confirmé par le troubadour Vidal de Besaudun qui évoque deux amants qui, s’étant juré fidélité, promirent de « porter manches et anneaux l’un de l’autre »).
Une autre paire de manches aurait donc d’abord évoqué un nouvel amour ou une infidélité.

Mais si l’histoire précédente semble réelle, le lien avec l’expression est loin d’être certain, car elle est incontestablement présentée comme familière, voire vulgaire au XVIIIe siècle (l’abbé Morellet, en 1822, évoquant M. de Buffon et Mlle de l’Espinasse, parle de formes triviales et populaires). Il est donc assez peu probable qu’elle ait eu un lien quelconque avec les choses galantes chez les nobles, sauf si le contexte de son utilisation a largement évolué entre le XVIe et le XVIIIe siècle.

Alain Rey indique d’ailleurs qu’il n’existe aucune attestation de cette hypothèse et que « cette interprétation semble être le fruit de l’imagination anecdotique des commentateurs du XIXe siècle », ces derniers étant réputés pour avoir inventé de toutes pièces nombre d’explications étymologiques.

Exemple
« Notre conception moderne peut être juste quand on regarde l’histoire humaine du point de vue de Sirius, ou sur une phase de dix siècles; autrement dit quand la distance écrase les détails; mais quand il s’agit de savoir si, en ce moment même, le tsar Nicolas donne ou ne donne pas au roi de Serbie le conseil de marcher contre l’Autriche, c’est une autre paire de manches. »
Jules Romains – Les hommes de bonne volonté / Le 6 octobre – 1932

La quintessence de la sapience – 26/19

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Tortue : Le diable bat sa femme et marie sa fille

Lady Marianne : La peau des couilles 

Monica Breiz : Ne pas être tombé de la dernière pluie

Renée : 

Laisser mariner ou cuire dans son jus

Signification

Abandonner pour tourmenter ou par négligence

Origine

Expression française familière du début du XIXème siècle qui exprime l’idée de laisser une personne devenir plus maniable ou carrément l’abandonner à son sort.

Elle puiserait ses origines dans l’argot des comédiens où elle décrivait ceux qui ont connu un succès sans suite. Elle exprime ce fait avec l’idée de macération à la fois au sens propre comme au figuré. Cette macération reflète l’image d’une viande qui cuit dans son jus et ses vertus à la fois éducatives et curatives.

Il est tout à fait possible que cette macération s’applique non pas aux humains mais aux choses inanimées à l’instar d’une situation qui évolue pour mûrir ou pourrir.

Exemple d’utilisation

Mais, vont dire nos modernes Fabius, nos pourris diplomatiques, il fallait avant tout gagner du temps, faire tomber l’entrain populaire, et, laisser cuire la révolution dans son jus. (E. Morice)

La quintessence de la sapience – 25/19

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Tortue : tenir les cordons de la bourse

Lady Marianne : A la coutume de Lorris, Le battu paie l’amende

Monica Breiz :A la bonne franquette

Renée : 

Manger à s’en faire péter la sous-ventrière

Origine

Au XIIe siècle, la ventrière (mot dérivé de ‘ventre’, on s’en serait douté) était un ceinturon large intégré à la partie de l’armure qui protégeait le ventre du combattant[1].

Mais c’est parce que la sous-ventrière a été, au XIVe siècle, une sangle passant sous le ventre d’un cheval, que, au figuré, ce terme a aussi désigné la ceinture d’un homme.

De là, on imagine facilement que celui qui mange à s’en faire péter la sous-ventrière se gave tellement que sa pauvre ceinture n’en peut mais et finit par lâcher, le vorace se retrouvant avec le pantalon sur les chevilles.

[1] Au XIIIe siècle, le mot a aussi désigné une sage-femme, le terme ‘ventre’ désignant aussi l’utérus.

La quintessence de la sapience – 24/19

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Tortue : Avaler des couleuvres

Lady MariannePartir les pieds devant

Monica Breiz : laisser pisser le mérinos 

Renée : 

Baver des ronds de chapeau

 Être dans une situation (très) pénible. Souffrir, supporter des mauvais traitements.
Origine
À l’origine, vers la fin du XIXe siècle, « en baver » (tout court) s’appliquait à quelqu’un qui était béat d’admiration, avec l’image de celui qui reste longuement la bouche ouverte au point que la salive finit par en couler.
C’est au début du XXe que le sens bascule, peut-être par mélange et volonté d’en adoucir la vulgarité avec la version « en chier ».

À peine plus tard, viennent se greffer les ronds de chapeau ou ceux de citron.
Mais pourquoi donc ?

Claude Duneton propose une explication pour ceux de chapeau, ceux de citron n’en étant probablement qu’une simple variante plaisante.
Le « rond de chapeau », d’abord appelé « rond de plomb » était un morceau de plomb circulaire qui servait à maintenir leur forme aux chapeaux. À l’époque où les chapeaux et leurs ronds étaient des objets communs, ces objets ont dû inspirer ceux qui ont inventé le complément à l’expression, car ils devaient facilement imaginer que celui qui chiait des ronds de chapeau devait en baver un maximum.

Exemple
« Prenons le cas de Mozart, mort à trente-cinq ans après en avoir bavé de toutes les façons : jamais je n’ai pu arriver à le plaindre, cet animal-là (…) »
Jean Dutourd – Pluche

« Je vous aurai sous ma coupe… Avec moi, vous en baverez des ronds de chapeau. »
Yves Gibeau – Allons-z-enfants

La quintessence de la sapience – 23/19

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Tortue : Poser un lapin

Lady Marianne : Voila Madame pourquoi votre fille est muette

Monica Breiz : laisser pisser le mérinos 

Renée : 

Baver des ronds de chapeau

 Être dans une situation (très) pénible. Souffrir, supporter des mauvais traitements.
Origine
À l’origine, vers la fin du XIXe siècle, « en baver » (tout court) s’appliquait à quelqu’un qui était béat d’admiration, avec l’image de celui qui reste longuement la bouche ouverte au point que la salive finit par en couler.
C’est au début du XXe que le sens bascule, peut-être par mélange et volonté d’en adoucir la vulgarité avec la version « en chier ».

À peine plus tard, viennent se greffer les ronds de chapeau ou ceux de citron.
Mais pourquoi donc ?

Claude Duneton propose une explication pour ceux de chapeau, ceux de citron n’en étant probablement qu’une simple variante plaisante.
Le « rond de chapeau », d’abord appelé « rond de plomb » était un morceau de plomb circulaire qui servait à maintenir leur forme aux chapeaux. À l’époque où les chapeaux et leurs ronds étaient des objets communs, ces objets ont dû inspirer ceux qui ont inventé le complément à l’expression, car ils devaient facilement imaginer que celui qui chiait des ronds de chapeau devait en baver un maximum.

Exemple
« Prenons le cas de Mozart, mort à trente-cinq ans après en avoir bavé de toutes les façons : jamais je n’ai pu arriver à le plaindre, cet animal-là (…) »
Jean Dutourd – Pluche

« Je vous aurai sous ma coupe… Avec moi, vous en baverez des ronds de chapeau. »
Yves Gibeau – Allons-z-enfants

La quintessence de la sapience – 22/19

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Tortue : « Avoir la frite »

Lady Marianne : « prendre ses jambes à son cou »

Monica Breiz : Acheter chat en poche

Renée : 

Poser un lapin 

« Poser un lapin » signifie de nos jours ne pas aller à un rendez-vous, sans prévenir la personne qui nous attend. Cependant, le sens était autrefois différent. En 1880 par exemple, cela voulait dire « ne pas rétribuer les faveurs d’une jeune fille ». En effet à cette époque, le « lapin » désignait un refus de paiement. Par la suite, il a également désigné un voyageur clandestin. L’expression, sous sa forme actuelle, serait apparue vers 1890 chez les étudiants, et pourrait provenir de « laisser poser », qui signifie « faire attendre quelqu’un ».

La quintessence de la sapience – 22/19

Vous proposez une expression pittoresque de notre belle langue française.Vous pouvez développer et  illustrer selon votre envie.

 

Tortue : Payer en monnaie de singe 

Lady Marianne : faire des gorges chaudes

Monica Breiz : A tire larigot  

Renée : 

Poser un lapin 

« Poser un lapin » signifie de nos jours ne pas aller à un rendez-vous, sans prévenir la personne qui nous attend. Cependant, le sens était autrefois différent. En 1880 par exemple, cela voulait dire « ne pas rétribuer les faveurs d’une jeune fille ». En effet à cette époque, le « lapin » désignait un refus de paiement. Par la suite, il a également désigné un voyageur clandestin. L’expression, sous sa forme actuelle, serait apparue vers 1890 chez les étudiants, et pourrait provenir de « laisser poser », qui signifie « faire attendre quelqu’un ».

La quintessence de la sapience – 17/19

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Tortue : Faire chou blanc

Lady Marianne : Il fait comme l’anguille de Melun

Monica Breiz : Etre une poule mouillée 

Renée : 

Prendre le train onze 

Signification : Marcher à pied

Origine de l’expression « prendre le train onze »
Expression française qui remonte au milieu du XIXème siècle et qui puise ses origines dans le dictionnaire argot de l’époque. La comparaison est explicite et semble simple à comprendre. En effet toute personne immobile avec les jambes légèrement écartées rappelle le chiffre 11 avec les deux « 1 » côte à côte.

Toutefois, il faut savoir que la comparaison entre le nombre 11 et les jambes est très ancienne et puise ses origines dans le jeu de Loto. L’habitude consistait pour l’animateur qui tirait les boules en annonçant le numéro inscrit se doit de le décrire de manière plutôt sympathique et pour qu’il n’y ait point de confusion le 11 était traité de paire de jambes de Brigitte.

Le train dans cette expression prend le sens de moyen de locomotion en général car c’était le plus disponible à l’époque. Par ailleurs les gens avaient l’habitude de qualifier celui qui ne pouvait payer son voyage en train et se doit de partir à pied, qu’il prenait le train 11

La quintessence de la sapience – 17/19

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Je rattrape aussi mon retard

Tortue : faire grève     et   « ruer dans les brancards« 

Lady Marianne :  Se faire poissonnier la veille de Pâques

Monica Breiz : Mener une vie de Patachon  et Courir sur le haricot

Renée : 

Mettre sa main au feu 

Au Moyen Age, lorsque les enquêtes concernant la culpabilité d’une personne s’annonçaient longues et fastidieuses, on préférait soumettre les accusés à une épreuve appelée le « jugement de Dieu ». Celle-ci existait de différentes manières. Il pouvait s’agir de tournois, de duels, mais également d’autres formes d’épreuves beaucoup plus radicales. On attachait parfois un accusé par les poignets et par les chevilles et on le jetait dans l’eau. Si son corps flottait, c’est qu’il était coupable. Il pouvait également s’agir de tenir dans ses mains une barre de fer sortant des braises ou encore de laisser sa main dans les flammes. Si elle en ressortait indemne, cela signifiait que l’on était innocent. « Mettre sa main sur le feu » est donc une référence à ce « jugement de Dieu », et on l’emploie lorsque l’on cherche à convaincre une personne que l’on a raison.