La quintessence de la sapience – 16/19

Vous proposez une expression pittoresque de notre belle langue française.Vous pouvez développer et  illustrer selon votre envie.

Tortue : courir plusieurs lièvres à la fois 

Lady Marianne : Prendre la lune avec ses dents

Renée : Péter dans la soie 

L’affaire est dans le sac

Un sac à procès était un sac en toile de jute, de chanvre, ou en cuir, qui était utilisé au temps de la colonie, lors des affaires judiciaires, et qui contenait tous les éléments du dossier à des fins d’archivage.

Il contenait :

– Dépositions et requêtes
– Copie signées des procureurs des pièces
– Pièces à conviction

Une fois l’affaire terminée, ces différentes pièces étaient rassemblées et suspendues dans le sac fixé par un crochet à un mur ou une poutre d’où l’expression :

«une affaire pendante»,

pour que les parchemins ne soient pas détruits par les rongeurs.

Ces sacs étaient placés dans le cabinet de l’avocat.

L’expression «l’affaire est dans le sac» signifiait que le dossier judiciaire était prêt et que l’ensemble des pièces était archivé dans le sac scellé.

Pour l’audience, le sac était descendu et le procureur (ou avocat) pouvait plaider devant la cour et «vider son sac» en sortant les pièces nécessaires à sa plaidoirie.

L’avocat ou le procureur rusé qui savait bien exploiter toutes ces pièces est à l’origine de l’expression

         «avoir plus d’un tour dans son sac » .

La quintessence de la sapience -15/19

Lady Marianne :  Au bout du fossé – la culbute

TOrtue : Etre réglé comme du papier à musique

Monica Breiz : Etre coiffé… 

Grossier comme du pain d’orge

Sans la moindre politesse

Dans les premiers temps de la monarchie, les gens d’une dévotion exagérée se condamnaient, par esprit de mortification, au seul pain d’orge pour toute nourriture. Cette coutume, dans plusieurs monastères, faisait partie des pénitences que devaient subir les religieux condamnés à la prison pour une faute grave.

Dans un ouvrage d’un nommé Liébaut et intitulé Théâtre d’agriculture, il est dit que ce n’est point une nourriture faite pour le maître, ni même pour les fermiers ; mais tout au plus pour les valets et encore en temps de cherté.

Or, comme une telle nourriture est très grossière (car l’orge non mêlée avec le froment produit un pain détestable), on s’en est servi comme d’un terme de comparaison pour donner à entendre qu’une personne n’a pas la moindre politesse.

La quintessence de la sapience -14/19

Lady Marianne : Ami au prêter – ennemi à rendre

TOrtue : Rouler dans la farine

 

Une autre paire de manches

 

Quelque chose de complètement différent
Une toute autre affaire (généralement plus difficile ou compliquée)

Origine : Il n’existe malheureusement aucune certitude quant à l’origine de cette expression qui est attestée au XVIe siècle.

Les seules choses que l’on sait, c’est qu’au Moyen Âge, les manches des vêtements des gens de la haute société n’étaient pas cousues de manière définitive et qu’on pouvait donc changer facilement et partiellement de tenue en changeant simplement sa paire de manches ; on sait aussi que, beaucoup plus tard, au moment de l’apparition de l’expression, il a existé des demi-manches (parties basses de la manche) en lustrine servant à protéger les manches elles-mêmes et aisément interchangeables.

Une explication dit qu’au cours des tournois, les chevaliers portaient les couleurs de leur dulcinée sous la forme d’une de leurs manches fixée à la lance ou au bouclier ; les manches seraient ensuite devenues des symboles que les amoureux s’échangeaient en gage de fidélité amoureuse (ce fait semble confirmé par le troubadour Vidal de Besaudun qui évoque deux amants qui, s’étant juré fidélité, promirent de « porter manches et anneaux l’un de l’autre »).
Une autre paire de manches aurait donc d’abord évoqué un nouvel amour ou une infidélité.

Mais si l’histoire précédente semble réelle, le lien avec l’expression est loin d’être certain, car elle est incontestablement présentée comme familière, voire vulgaire au XVIIIe siècle (l’abbé Morellet, en 1822, évoquant M. de Buffon et Mlle de l’Espinasse, parle de formes triviales et populaires). Il est donc assez peu probable qu’elle ait eu un lien quelconque avec les choses galantes chez les nobles, sauf si le contexte de son utilisation a largement évolué entre le XVIe et le XVIIIe siècle.

Alain Rey indique d’ailleurs qu’il n’existe aucune attestation de cette hypothèse et que « cette interprétation semble être le fruit de l’imagination anecdotique des commentateurs du XIXe siècle », ces derniers étant réputés pour avoir inventé de toutes pièces nombre d’explications étymologiques.

La quintessence de la sapience – 11

Lady Marianne : Au grand dam de 

Tortue : Bayer aux corneilles

 

Passer un savon 

Autrefois, lorsque les femmes se retrouvaient autour du lavoir communal, lieu d’échanges d’informations, de potins et de médisances diverses, elles y faisaient la lessive à l’aide de savon, certes, mais elles s’aidaient aussi souvent d’un battoir, large palette de bois destinée à battre le linge pour en extraire les impuretés.

C’est d’une telle image qu’au XVIIe siècle est venue l’expression « laver la tête (à quelqu’un) » avec d’abord le sens de battre, donner des coups puis simplement de réprimander, action qui précède d’éventuels coups.

Puis dans le prolongement de l’idée, au début du XVIIIe siècle, le mot ‘savon’ a désigné une réprimande, souvent sévère, et a été accompagné non seulement du verbe ‘passer’, mais aussi de ‘donner ou ‘prendre’, selon la situation.

La quintessence de la sapience

Lady Marianne : prendre ses cliques et ses claques

TUrtle : « Arriver comme un chien dans un jeu de quilles »

 

Prendre la mouche 

Se fâcher, s’énerver brusquement, souvent pour une raison futile.

Bien qu’il soit question de mouches, et malgré ce que pourraient croire certains esprits mal tournés, le verbe ‘prendre’ n’a pas ici son autre sens classé X, que certaines personnes trop tatillonnes appliquent parfois à ces malheureux diptères (Lien externe).
Non, ‘prendre’ signifie ici « recevoir » ou « ressentir l’effet de » comme dans « prendre ombrage ».

Qui s’est déjà promené au fin fond des campagnes françaises, du côté de Marly-Gomont ou du Monteil-au-Vicomte, par exemple, aura pu parfois constater, dans un pré voisin, qu’une vache est soudain devenue comme folle, se mettant à courir en meuglant à travers son lieu de pâture, alors qu’aucune de ses congénères n’avait l’air de l’avoir spécialement perturbée. Et, inévitablement, vous vous dites alors « mais quelle mouche l’a donc piquée ? ».
Eh bien justement ! Imaginez-vous à sa place, en train de brouter tranquillement, lorsque, alors que vous soulevez votre queue histoire de lâcher tranquillement une de ces bouffées de méthane qui participent à la pollution de notre atmosphère, un taon espiègle vienne par là planter son dard dans une zone très sensible.
Dans ces conditions, une fois qu’on sait tout, on comprend très bien la réaction brutale du ruminant. Mais vu de l’extérieur, ce bovin paraît s’être énervé d’un coup pour rien.

Cette expression date du milieu du XVIIe siècle (mais « prendre mouskes » existait déjà au XIVe). À cette époque, le terme ‘mouche’ désignait tous ces insectes volants et agaçants que sont les mouches, les guêpes, les bourdons, les frelons, les taons, etc.
Et pour expliquer encore plus la naissance d’une telle expression, il est intéressant de savoir qu’au XVIe siècle, ‘mouche’ employé au figuré désignait aussi une pensée brusque ou un souci.

 

La quintessence de la sapience

Eplucher les écrevisses

Signification : Perdre son temps à des fadaises ou à des choses qui n’en valent pas la peine.

Origine : Expression française dont les origines remontent à la fin du XVIIème siècle ou au début du XVIIIème siècle qui veut montrer que le fait d’éplucher ou décortiquer ce crustacé est une tâche très fastidieuse en comparaison au résultat obtenu. Aussi, le fait d’éplucher les écrevisses est généralement utilisé pour décrire celui qui dans une discussion s’étend sur des détails jusqu’à lasser son interlocuteur en insistant sur le fait qu’il faut éviter dans les discussions les questions subtiles et aiguës qui distraient l’interlocuteur ou qu’il risque de mal interpréter.

TOrtue : Décrocher la lune

Lady Marianne

La quintessence de la sapience

ou les expressions   pittoresques

Le miroir aux alouettes

Piège séduisant

Expression française assez récente puisqu’elle ne date que de la deuxième moitié du XXème siècle. Elle puiserait ses origines dans le monde de la chasse puisque en ce domaine, un miroir aux alouettes est un type de piège utilisé par les chasseurs pour faire tomber les oiseaux en général et les alouettes plus particulièrement.

Ce piège en question est constitué d’un morceau de bois en forme d’oiseau  qui serait orné de petits morceaux de miroir. De ce fait dès que les chasseurs agitaient ce piège aux alouettes, les oiseaux ayant une grande sensibilité à la lumière sont tout de suite attirés par cette constellation et les chasseurs n’ont donc plus qu’à les récupérer dans les filets. Dans le sens figuré, notre expression va prendre le sens de piège tendu pour leurrer une personne avec un objet brillant pour mieux abuser d’elle.

Lady Marianne : A bouche que veux-tu

TOrtue : Être mal barré 

Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience –

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Cette expression est récente puisqu’elle date du début du XXe siècle.
Lorsqu’on l’entend, on imagine tout de suite le dur travail des mineurs chargés d’extraire péniblement ce charbon que le bougnat[1] livrait ensuite dans des gros sacs difficilement portés à dos d’homme.

Si l’expression n’est pas originaire des mines (ni de celles de charbon, ni de l’école d’ingénieurs), son image est suffisamment claire pour qu’elle soit devenue fréquemment utilisée depuis la fin du XXe siècle.
Mais elle est apparue en réalité dans le milieu de la prostitution dans les années 1930 où elle signifiait « exercer un métier régulier », par opposition à celui des péripatéticiennes et de leurs souteneurs.
Cette notion de « métier régulier » a ensuite été reprise dans le milieu des truands, aller au charbon voulant alors dire « exercer un métier honnête ».
Les hommes de théâtre l’ont aussi utilisée après la deuxième guerre mondiale pour dire « se dépenser sur scène sans compter ».

Ce n’est qu’à partir des années 80 que sa signification liée au travail ordinaire s’est affirmée (mais tout travail n’est-il pas beaucoup plus pénible que de rester en position du guetteur d’avions, les doigts de pieds en éventail allongé sur sa serviette de plage ?)

[1] Vendeur de charbon, métier exercé par beaucoup d’Auvergnats autrefois à Paris (‘bougnat’ serait soit un raccourci de ‘charbougna’, ‘charbonnier’ prononcé avec l’accent auvergnat, soit la contraction de ‘charbonnier’ et ‘Auvergnat’).
Le bougnat exerçait aussi souvent le métier de tenancier de bar en parallèle de son autre activité, d’où le nom de certains débits de boissons (chanté par Brel dans ‘Mathilde’ Lien externe).