Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience –

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Jeter de l’huile sur le feu

les origines remontent au XVIIème siècle qui rappelle la mise en place d’un conflit en se référant à l’effet catastrophique que l’huile peut avoir sur le feu. Jeter de l’huile sur le feu a été vulgarisée par Mme de Sévigné et reste utilisée dans le cas d’une conversation qui dégénère à cause d’une personne qui parlerait d’un sujet qu’il ne fallait pas évoquer que ce soit intentionnellement ou pas.

 

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et aussi un clin d’oeil à Martine

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Acheter Chat en poche

C’est conclure un marché sans voir l’objet de l’acquisition et sans en connaître la valeur ou bien terminer une affaire sans l’examiner

Le mot poche que quelques paysans français prononcent encore pouche est ici le synonyme de sac ; c’est comme si l’on disait : Acheter un chat enfermé dans un sac, c’est-à-dire sans le voir, ce qui est le fait de quiconque commet une imprudence ou agit avec simplicité.

L’usage de ce proverbe doit remonter au XVIe siècle, où l’on disait alors : Folie est d’achepter chat en sac. A la même époque, Montaigne, dans ses Essais (chap. Ier) disait à propos d’un cheval  : Vous n’achetez pas chat en poche ; eh bien, si vous marchandez un cheval vous luy ostez ses bardes (lui ôtez ses harnais), pour le voir nud et à descouvert (nu et à découvert). Plus récemment, Molière, dans sa comédie de M. de Pourceaugnac, 1669 (acte II, scène 7), fait dire à l’acteur : Vous êtes-vous mis dans la tête que Léonard de Pourceaugnac soit un homme à acheter chat en poche.

Les Allemands disent : Die Katze in Sacke kaufen (acheter). Les Espagnols : Comprar (acheter) gato in sacco, et les Italiens : Comprare il gatto nel sacco ; toutes expressions similaires.

Quant à l’origine du proverbe, il doit provenir de l’usage, du reste, fort prudent, adopté dans tous les pays, de renfermer dans un sac le chat que l’on veut vendre ou donner. Mais, à défaut d’origine moderne, on pourrait encore l’attribuer aux Latins qui disaient : Emere catulum in sacco, voulant dire : Acheter un petit chien en sac. Les Anglais se servent d’une expression qui est l’équivalent de notre proverbe et que voici : To buy a pig in poke, qui signifie : Acheter un cochon en sac.

N’est-ce pas un peu ce que l’on fait avec nos achats sur le Net…

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Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – 31/18

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Être assidu, ne point abandonner une affaire

Les lexicographes, académiciens et autres, se sont trompés en expliquant tenir pieddans le sens de piéter ou tenir le pied arrêté à un endroit marqué près de la boule, car tenir pied signifie précisément le contraire, c’est-à-dire suivre de près la boule lancée, aller avec elle d’un mouvement égal, comme le prouve cette variante : Tenir pied à boule qui roule.

L’expression proverbiale est une métaphore prise de l’action d’un joueur qui accompagne de fait ou d’intention la boule qu’il vient de lancer, comme s’il voulait la diriger au but.

Molière a peint cette action au naturel dans les vers suivants de l’Étourdi, acte IV, scène V :

Attaché dessus vous comme un joueur de boule
Après le mouvement de la sienne qui roule,
Je pensais retenir toutes vos actions
En faisant de mon corps mille contorsions.

 

 

Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – Avoir la gueule de bois

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Avoir la gueule de bois

Être malade parce qu’on a trop bu

Au lendemain d’une soirée trop arrosée, certains festoyeurs ont à leur réveil ce que l’on appelle « la gueule de bois ». Mais d’où vient cette curieuse formule ?

Ils vivent ce soir comme si c’était le dernier. Lâchent prise, festoient, dansent sans se soucier du qu’en-dira-t-on. Balayant d’un revers de main, leur tête du lendemain. Ce soir, tous les poisons et plaisirs alcoolisés sont permis. Quitte à se saouler et se réveiller quelques heures plus tard avec la tête comme dans un entonnoir. Ou plutôt, avec « la gueule de bois ».

Quelle est l’histoire d’une expression qui, si tant est qu’elle ne soit pas sortie de l’imagination d’un écrivain, trouve ses racines dans la poésie. La gueule (du latin gulasignifiant gosiergorge), de bois, (probablement issu de l’ancien bas francique bosksignifiant buisson), remonterait au XVIIIe siècle, note Georges Planelles dans son livre Les 1001 expressions préférées des Français. Elle serait née d’une comparaison ou du moins, d’une métaphore décrivant la sensation de bouche sèche après avoir consommé de l’alcool pareille à celle de la texture du bois, rêche et âpre. Un parallèle étonnant ? Pas vraiment.

 

 

Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – 29/18

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 Cette expression attestée en 1889 n’a pas d’origine très sûre. La première proviendrait du mot « pâmer », qui se serait transformé en « paumer » puis « pommes ». D’autres tendent à favoriser la thèse selon laquelle l’expression serait tirée des « Lettres à Mme M. Dupin » de George Sand, dans lesquelles l’auteur utiliserait l’expression « être dans les pommes cuites », pour désigner un état de grosse fatigue.

 

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Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – 28/18

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C’est être complètement indécis entre deux parties ou deux avantages

Une personne, indécise entre deux partis à prendre ou sur une question qui se présente sous plusieurs faces, dont les inconvénients et les avantages semblent exactement balancés, est comparée à l’âne dont parle le philosophe français Jean de Buridan (XIVe siècle), alors recteur de l’Académie de Paris.

L'âne de Buridan

Voici le sophisme qui a contribué à sa célébrité : « Il supposait cet âne, également pressé par la soif et par la faim, embarrassé entre un seau d’eau et une mesure d’avoine, placés à égale distance de lui. »

Aux yeux du philosophe cette situation donnait une preuve que l’âne jouissait comme nous de son libre arbitre, c’est-à-dire qu’il avait acquis la faculté de choisir après examen, puisqu’il pouvait se tourner d’un côté comme de l’autre.

Montaigne, dans ses Essais (livre II, chapitre 14), exprime la même opinion : « Entre une bouteille et un jambon avec un égal appétit de boire et de manger, il n’y aurait pas sans doute d’autre chance que de mourir de soif et de faim, n’y ayant aucune raison qui nous inclinât à la préférence. »

Cette hypothèse, appliquée aux personnes, ne pouvait manquer de devenir vulgaire, ne fût-ce que par sa bizarrerie. Aussi ces mots passèrent-ils à l’état de proverbe. Dans le style familier on emploie encore assez souvent cette comparaison quand une personne se trouve dans la situation énoncée plus haut.

 

Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – 27/18

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Autrefois, on disait « jeter sa langue au chien ». Cette expression avait un sens dévalorisant car à l’époque, on ne « jetait » aux chiens que les restes de nourriture. « Jeter sa langue aux chiens » signifiait alors ne plus avoir envie de chercher la réponse à une question. Petit à petit, l’expression s’est transformée pour devenir « donner sa langue au chat », au XIXe siècle. En effet, à cette époque, le chat était considéré comme un gardien de secrets. Sa parole serait donc de valeur considérable, et il pourrait s’agir en « donnant sa langue au chat », de lui prêter la parole pour qu’il nous donne la réponse à une devinette.

 

Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – 26/18

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Autrefois, quand les chevaux étaient encore utilisés pour faire la guerre, on utilisait les « chevaux de bataille », autrement appelés « destriers » (car les chevaliers les conduisaient de la main droite). Ces chevaux étaient très hauts et forts, si bien que l’on dominait mieux son adversaire. L’image du courageux chevalier partant défendre ses intérêts ou ceux de son pays « sur son fidèle destrier » est restée, et c’est depuis le XVIe siècle que l’on dit d’une personne qu’elle « monte sur ses grands chevaux » lorsqu’elle s’emporte et devient parfois agressive lorsqu’elle tente de défendre son point de vue.

 

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Sauter ou passer du coq à l’âne

Dans une discussion ou un écrit, passer brutalement d’un sujet à un autre, sans transition ni liaison.

 

Lady Marianne :  Pile ou face

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Se ranger sur une même ligne, se placer, s’asseoir par ordre

D’après Littré, en rang d’oignon, locution adverbiale, signifie sur une même ligne ;

se mettre en rang d’oignon, c’est « prendre place dans une réunion où l’on n’est pas invité, dans une assemblée à laquelle on n’a pas le droit d’assister. On fait venir cette expression proverbiale, être assis en rang d’oignon, d’Artus de la Fontaine, baron d’Oignon, qui, faisant l’office de grand maître des cérémonies aux États de Blois [1576], assignait les places et les rangs des seigneurs et des députés. »

Mais Antoine Le Roux de Lincy (Proverbes, tome II), rapporte également Littré, s’interroge : « Ne vient-elle pas tout simplement de la manière dont les gens de la campagne assemblent les oignons avec des liens de paille, en plaçant les plus gros les premiers, et ensuite les autres ? »

Littré cite également l’opinion de Henri Gourdon de Genouillac (Les Mystères du blason, de la noblesse et de la féodalité, 1868), qui lui donne encore un autre sens : Artus de la Fontaine, baron d’Ognon — sans le i — originaire de la Picardie, fut nommé ambassadeur à Vienne et à Constantinople, puis grand maître des cérémonies sous les rois Henri II, François II, Charles IX et Henri III. Aussi les Picards étaient-ils fiers de cet Artus, et chaque fois qu’un petit gentilhomme de la contrée se disposait à venir à Paris pour se produire à la cour, ne manquaient-ils pas de dire : Laissez-le faire, il veut se mettre au rang d’Ognon.

Salle où se tinrent les Etats Généraux de Blois (Château de Blois)
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