l’atelier de Ghislaine – 66

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Extrait du journal « la feuille des potins »
Faits divers : vol à la bijouterie de Jokari les Jouir
Propos recueillis par notre envoyé spécial sur place

Selon nos dernières informations, la femme qui a cambriolé la bijouterie de Monsieur et Madame Jules et Jacqueline Jacquard a été mise cet après midi en garde à vue et elle sera, dès demain, déférée au parquet. Elle sera jugée très prochainement. Je rappelle les faits.
Ceux-ci  remontent à jeudi dernier, jour de marché dans cette charmante petite bourgade normande.
Madame Jacqueline Jacquard qui était seule au magasin et elle  raconte :

J’étais sur le pas de la porte de mon magasin, je jaspinais avec ma voisine, Josie, propriétaire de la boutique de lingerie fine ; nous discutions de la jalousie des hommes quant au choix des petites culottes et strings de leurs compagnes, quand une dame est descendue d’un taxi. Je me rappelle bien du chauffeur, un homme à moustaches qui s’est mis à jurer comme un charretier parce que la rue était encombrée par le camion-poubelle en retard dans sa tournée. Elle pénétra dans ma boutique et me dit vouloir acquérir un bracelet et une bague pour l’anniversaire de sa fille.
Après m’être informée de ses critères de choix, je lui ai présenté plusieurs de nos plus beaux modèles. Pendant qu’elle admirait les objets j’ai pris le temps de l’observer. Plus toute jeune mais un regard bleu juvénile, une peau étonnamment lisse probablement due à un lifting récent et bien réussi… J’ai bien remarqué aussi ses vêtements chics, de la haute couture certainement, une jupe en soie blanche collante comme un fourreau et un pull noir en angora tricoté main. À ce moment que le facteur déposa le courrier en me disant avec un clin d’œil que la marée jusant permettait une baignade en soirée. C’est un copain d’école le Jeannot ! Profitant de l’ouverture de la porte, un petit chien, un bichon plein de poils, entra pour rejoindre sa maîtresse.
« – Oh ! Pardon, elle s’ennuie ma Jujube, » dit la cliente en la prenant dans ces bras.
Adorant les chiens, je lui fis des gratouilles et je me baissais derrière le comptoir pour prendre une friandise qu’elle accepta en remuant la queue.

– « Elle est toujours joyeuse quand on lui offre un gâteau susurra la dame souriante. »

Au bout d’une quinzaine de minutes, elle m’expliqua avec confusion, en minaudant dans un janotisme qui me fit penser que le français ne lui était pas très familier, qu’elle allait encore réfléchir un peu ; et elle sortit en laissant dans son sillage une trace de parfum identifiable : Jérémiade de  Jichenvy.
C’est alors que, rangeant les plateaux je me suis aperçue du larcin : deux belles pièces de ma collection : deux bagues, un brillant solitaire, un cabochon de jade et serti de diamants avaient disparus. Je vous pris de m’excuser, je suis encore très émue cela ne m’était encore jamais arrivé.»
Les gendarmes, dépêchés sur place, n’eurent aucun mal à identifier la suspecte : la description de la bijoutière était très précise. Elle était dans un bistrot devant une bière satisfaite d’avoir posé ses jalons tout en fredonnant les airs du juke-box venant de la rôtisserie d’à coté.
Emmenée au poste, la fouille se révéla négative. Bien entendu, elle nia toutes les assertions de vol même si elle montrait quelque signe d’impatience. Elle fut mise en cellule, le temps de recueillir les dépositions des divers témoins et informations complémentaires.
Ce n’est qu’en fin d’après midi, aucune preuve n’ayant pu être retenue contre elle, que le capitaine de gendarmerie décida de la remettre en liberté. Ah ! Enfin on reconnaissait son innocence : elle jubilait.
Mais au moment de signer la fin de la garde à vue, un brigadier est entré dans le bâtiment en pestant parce qu’il avait glissé sur une crotte qu’un petit bichon qui traînait dans l’entrée depuis le matin avait lamentablement déposée. D’ailleurs que faisait-il là ce clébard ?
Ses collègues, en riant, sont alors sortis sur le perron et ont découvert la petite chienne attachée qui attendait sa maîtresse. Mais un chien est un chien et même bien dressé, il fait ses besoins quand c’est trop pressant.
Et c’est au milieu des crottes que les gendarmes ahuris ont vu briller les pièces volées.
Interrogée, la femme reconnut avoir déjà pratiqué plusieurs fois ce genre de larcin mais que cette fois Jujube n’avait pas été sage.

A qui se fier ?

 

Un clin d’oeil ma mon amie Asphodèle 

Photo du mois – juin -Tout est parfait !

Thème : Parfait (ou presque),
choisi par Nanouk (http://1jalf.blogspot.ca/)
Note de l’auteur-e
À prendre littéralement ou avec une certaine ironie, à votre bon plaisir.
Nous sommes nombreux à avoir été tentés de proposer notre propre portrait et je ne doute pas que nous soyons tous parfait.. j’ai choisi :
Lors de notre voyage au Kirghizistan, nous avons vécu pendant trois jours au bord du lac Son-Köl perdu  situé dans le massif des  Tian Shan  à l’altitude de 3 016 m, au nord-ouest de la ville de Naryn. Nous étions seize « touristes » au milieu de nulle part avec pour compagnons les troupeaux de chèvres moutons et des chevaux magnifiques.
Nous avions pour nous laver que ce seul robinet au milieu d’un pré et un berger venait régulièrement l’approvisionner en eau chaude ! Presque parfait !

robinet au kirghisistan

Pour la perfection chez les Copinautes
Akaieric, Albane, Alexinparis, Amartia, Angélique, Betty, Blogoth67, Brindille, Bubble gones, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, Céline in Paris, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD’épice, Frédéric, Gilsoub, Giselle 43, J’habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Julia, Krn, La Fille de l’Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Mamysoren, Marie-Paule, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Pat, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sandrin, Sous mon arbre, Tambour Major, The Beauty is in the Walking, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv’, écri’turbulente.

Contes du lundi – lettre à Elise – 24/18

Chez Lakévio

 

Harold Harvey The letter
Harold Harvey

Elise n’en revient pas !  Elle s’appuie contre la table sur laquelle, elle a déposé le bouquet de fleurs  tout juste cueillies. Diane sa fidèle compagne, une jeune chienne adoptée est étonnée. Elise tient dans ses mains une lettre qu’elle ne cesse de lire et de relire…

Ma très chère Elise

Vous ferais-je offense si je prends la plus belle de mes plumes, une plume ordinaire ne pourrait souffrir de tracer pour vous ma très chère amie, ces quelques mots. Ce que j’ai à vous dire ne souffre pas l’attente.
Il m’a semblé que nous étions en osmose ces derniers temps et que nous pouvions envisager une vie commune. Je vous revoie, votre robe de soie orange dont les plis moirés, dansaient autour de vos chevilles si fines et délicates. Votre ombrelle de dentelle blanche protégeait votre visage des rayons brûlants du soleil dans cette allée du jardin de votre grand-père. Oh ! Comme cette image reste l’obsession de mes nuits sans sommeil. Aucun oubli n’est possible !
Vous souvenez vous lorsque je vous ai récité l’Ode à Cassandre comme votre main a glissé dans la mienne. Vous avez été si émue que n’avez pu que bégayer une petite comptine :

Un, deux, trois
Nous irons au bois
Quatre, cinq, six,
Cueillir des cerises
Sept, huit, neuf,
Dans mon panier neuf.

Nous nous sommes alors assis sous le grand cerisier. Vos yeux couleurs de l’océan se sont fermés pour m’écouter. Plus tard vous m’avez confié en dégustant une part de clafouti avoir entendu les orgues jouer la plus grande des symphonies.
Votre parfum d’orchidée sauvage mêlé aux senteurs de lilas blanc m’a enivré, un orage d’été n’aurait pu m’offrir plus de sensations aussi douces que violentes.
Las, l’accès à votre corsage ouvert sur vos petits seins ronds et fermes me fut interdit ; l’obéissance aux obligations de la bienséance sans doute qui ne cacha pas cependant votre émotion.
Ma chère Elise, je dois vous avouer que tout empli de cette image, mon esprit bouillonne et tourbillonne ; si fort qu’hier j’ai eu un léger accident en me rendant à la cave alors qu’un entonnoir à la main afin de remplir un bouteille de sublime Bordeaux (que je compte offrir à Monsieur votre père), je n’ai pas vu la porte. je me suis cogné et celle-ci est sortie de ses gonds. J’ai trébuché et chu dans l’escalier. Dans ma chute, j’ai déchiré la cravate que vous avez tant admirée et qui ne me quitte jamais.
Heureusement dans cette aventure, ma moustache que vous avez si tendrement caressée, n’a pas défrisé.
Tout ceci est bien peu en regard de mes rêves les plus fous, les plus oniriques, je vous vois allongée, reposant au milieu de pétales de roses dans la clarté de l’aube, les rayons pâles du soleil levant, caressent votre corps nacré comme une opale, à votre doigt brille un anneau d’or !
Pardonnez, ma très chère Elise, mon emballement, mais, j’irai dès demain, puisque l’opportunité se présente, demander votre main délicate à votre père.

 

l’atelier de 65 chez Ghislaine

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Je ne fais pas de brouillon 

Aujourd’hui dans notre émission «  La Petite Librairie » nous accueillons le grand écrivain monsieur Tabli, René Tabli que nous connaissons tous pour ses dix volumes de l’Histoire de la brouette à travers les âges .

  • René Tabli, vous nous présentez ce soir votre onzième ouvrage. Quelle est votre recette, votre méthode pour stimuler votre imagination et diriger vos recherches sur ce thème ô combien passionnant de notre Grande Histoire de France ?
  • Tout d’abord, laissez-moi vous dire, Monsieur Jean Poche combien il est apaisant de participer à votre émission. Votre esprit ouvert à la critique positive nous guide vers l’écriture. Pour en revenir à votre question quant à ma méthode, je ne fais pas de brouillon! Je jette mes mots comme on lance des graines à la volée, comme le geste auguste du semeur, après lecture des documents précieux collectés, collationnés et triés par mon secrétaire que je vénère pour son travail efficace et précis. Je garde ainsi la pureté des anecdotes et conserve la véracité solide qui sans crier gare s’installe en moi et me permet ensuite une grande fluidité dans mon écriture. Ce sujet est tellement vaste, riche, plein d’humour et d’une immense variété. Croyez-moi, Monsieur Jean Poche, et vous en conviendrez aisément  depuis les Gaulois rien de plus intéressant n’a été crée.

 

La recette d’Estelle – A vos claviers 1-06/18

RECETTE POUR FABRIQUER UN SPORTIF

 

Prenez un maillot, manches longues pour l’hiver et manches courtes pour l’été ou éventuellement un marcel, et un short de bonne qualité (un bermuda peut-être envisagé).
Vous ajouterez des couleurs selon votre choix mais le bleu , le blanc et le rouge sont recommandées dans les proportions qui vous conviendront le mieux ; vous éviterez une quatrième couleur qui pourrait faire quatre tiers comme chez Pagnol où c’est la grandeur des tiers qui est importante.
Vous aurez le choix des chaussettes, de la paire de baskets et de la casquette.
Il faudra laisser macérer le tout ; Mais c’est là que résident la difficulté et toute la délicatesse que l’on doit apporter à cette recette.

Pour faire un sportif approximatif il faut environ un jour à un mois et votre sportif sera prêt pour quelques exercices qui risquent très vite de le lasser.

Pour faire un sportif moyen une macération régulière est recommandée sous peine de prendre du poids et de perdre tous les bienfaits

Pour faire un bon sportif, la macération est plus longue un an environ et par la suite le rythme étant pris il suffira de rajouter un petit écusson sur le maillot pour entretenir la forme.

Pour faire un sportif de haut niveau il faut des entraînements longs, réguliers et fréquents. Il faut ajouter une grosse pincée de courage, une cuillère de poudre de perlinpinpin et une dose de vitamine aussi diverses que variées. Il faut aussi quelques contrats publicitaires et le tour est joué.

Pour faire un supporter de base pas d’imprégnation préalable mais il faudra prévoir un bon canapé solide pour recevoir les fesses des futurs occupants qui danseront à chaque moment important… Quelques « grignoteries » sont également à mettre à portée de main.

Pour faire un supporter de très grande qualité certains accessoires seront indispensables une corne dernier cri genre vuvuzéla, une perruque frisée et colorée, une écharpe (attention le vert n’est plus à la mode), une palette de maquillage et des pastilles pour la gorge.

Et maintenant pour tous les parents (j’en étais il y a quelques années)et grands-parents qui sont les premiers soutiens de leur chérubins qui tapent dans les balles, qui crient au bord des tatamis, qui courent jusqu’à épuisement, qui nagent des longueurs de bassins (en mettant la tête dans l’eau, en somme qui « sportivent » tous les week-end, je vous tire mon chapeau car contrairement aux dernières apparences , j’ai un grand respect pour ces gamins qui pratiquent une activité sportive en n’en retirant que la substantifique mœlle.

Pour changer le Monde – Filigrane – 36

Première participation à ce jeu chez Filigrane 

L’art de la transmutation m’a été enseigné,
il y a quelques années par un alchimiste des mots
nommé Sieur Olivier…

la suite ici 

Si tout le monde faisait la ronde,
Tournerait-il mieux ?
Qu’il se fonde sur l’égalité
Ou qu’il se fende en idéologie
Faute d’humanité,
Trop de faste pour les uns
Peu de fleur mauve pour les autres.
Rien de neuf depuis les Maures.
Ouvrons les bondes, sauve qui peut.
La pente n’est pas toujours douce.

Alphonse de Lamartine : l’enfance du poète

Seul garçon parmi les six enfants de la famille, le jeune Alphonse coule des jours d’enfance heureux au cœur de la maison de famille située dans la campagne mâconnaise, s’adonnant à la contemplation de la nature avant qu’on ne se pique de le placer dans une pension contre son gré.

Il ne vivra pas ! annonçait-on de l’enfant chétif qui naquit le 21 octobre 1790, dans la petite maison de la rue des Ursulines, à Mâcon, où le capitaine de Lamartine, récemment marié à Mlle Alix des Roys, et ayant rendu son brevet d’officier de chevau-légers, était venu chercher le bonheur et le repos.

La première enfance du petit Alphonse se passa donc au milieu des effroyables angoisses de la Terreur. Une fois la tourmente traversée, ses parents eurent hâte de retourner au pays natal, dans le bon calme de la campagne. La propriété de Milly, aux environs de Mâcon, appartenait à la famille Lamartine depuis plusieurs siècles.

Habitation d'Alphonse de Lamartine à Milly. Dessin du marquis de Courval (1826)
Habitation d’Alphonse de Lamartine à Milly. Dessin du marquis de Courval (1826)

Le petit Alphonse était resté délicat. Mais c’était… la suite ici et vous serez étonnés peut-être !