Expressions pittoresques – 1/18

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Voilà je démarre ce jeu et c’est avec plaisir que j’accueillerai vos billets…

Trois pelés,  un tondu

Ah que voilà une expression qui mérite que l’on s’y intéresse…

Elle contient deux informations capitales : le nombre de personnes est très réduit et ces personnes sont sans intérêt.

Penchons nous d’abord sur le nombre : trois plus un font quatre,  soit très peu pour une réunion de grande importance. On trouve aussi la forme quatre pelés et trois tondus, ce qui fait sept mais cela ne change rien au bide de la soirée.

Scrutons la littérature du XVIe  et particulièrement François Rabelais, on lui trouve l’expression « trois teigneux et un pelé » et plus tard à la fin du XVIIIe,  l’expression est apparue sous la forme « trois tondus et un pelé » ce qui ne change rien vous en conviendrez, ni au nombre ni  au dédain dont ils sont victimes. Si on ajoute qu’en ancien français un pelé est dans un sens métaphorique péjoratif, un avare, une canaille, un miséreux cela en fait un personnage peu fréquentable.

 

Revenons à Rabelais, médecin à Lyon qui avait à soigner des « pelés » soient des malades atteints de la pelade qui affecte le cuir chevelu, maladie soupçonnée d’être contagieuse. Les tondus étaient atteints de dermatose parasitaire du cuir chevelu due à la teigne. Pourquoi a-t-il choisi ces malades plutôt que les cholériques, pestiférés ou les pouilleux, l’histoire ne nous le dit pas.

 

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Lady Marianne 

 

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Donner la parole à une escalier et il vous contera des secrets…

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Puisqu’ enfin on me donne la parole, je vais pouvoir m’épancher en toute quiétude.

Comment…? Un escalier ne parle pas ? Mais si, mais si. Je suis très très vieux et je peux vous dire que j’ai déjà bien vécu.

J’ai été construit il y a bien longtemps, au temps gallo-romain et je suis en colimaçon sans vis centrale. Je suis rare. Aucun ingénieur n’a pu retrouver le secret de ma construction. Pourtant, j’ai entendu dire qu’il existait des escaliers à double montée, à Blois puis à Versailles. Cela ne se peut pas… Enfin peut-être après tout…

Ah.., je peux dire que j’en ai vu du monde, une vraie galerie de portraits.

Ainsi, le monsieur qui avait tant de mal à grimper les marches parce qu’il avait un petit coup dans le nez ;  il trébuchait sur mes marches pourtant usées. Assis sur le paillasson gratouilleux, il frappait à la porte de l’appartement en hurlant « Minette, ouvre-moi » avant que la concierge ne vienne à son tour. Et je ne parlerai pas des fois où l’estomac trop chargé, il se soulageait dans le recoin de la dernière marche.Il y avait aussi la petite fille qui jouait à cache-cache, et qui montait et descendait en sautillant avec joie et vitalité jusqu’à faire un saut maladroit qui lui valut une vilaine entorse. Ah… que j’eus de la peine pour elle quand elle dut, durant quinze jours, boiter en gémissant de douleur.Et que dire des chats qui profitaient des ouvertures à l’air libre pour s’étendre et s’étirer dans les rayons du soleil qui réchauffait mes vieilles pierres. Parfois, ils laissaient l’odeur piquante de leur passage et là, on me badigeonnait d’eau de javel… Elle ignorait la brave dame qui nettoyait et frottait, que les chats sont très attirés par l’eau de javel !
Oh chut…, j’entends le grésillement du machinphone, ce truc qui fait que maintenant plus personne ne peut pénétrer dans mon hall sans être identifié : c’est dommage, plus de rencontre fortuite…

texte que j’avais écrit il y déjà quelque temps pour les Poudreurs d’escampette 

 

Poésie chez lady Marianne

Le thème proposé « la tendresse »  par

prise un peu au débotté il me vient cette chanson de Daniel Guichard

La tendresse,
C’est quelquefois ne plus s’aimer mais être heureux
De se trouver à nouveau deux
C’est refaire pour quelques instants un monde en bleu
Avec le cœur au bord des yeux
La tendresse, la tendresse, la tendresse,
La tendresse.
La tendresse,
C’est quand on peut se pardonner sans réfléchir
Sans un regret sans rien se dire
C’est quand on veut se séparer sans se maudire
Sans rien casser, sans rien détruire
La tendresse, la tendresse, la tendresse,
La tendresse.
La tendresse,
C’est un geste, un mot, un sourire quand on oublie
Que tous les deux on a grandi
C’est quand je veux te dire je t’aime et que j’oublie
Qu’un jour ou l’autre l’amour finit
La tendresse, la tendresse, la tendresse,

La tendresse.
La tendresse, la tendresse, la tendresse,
La tendresse.
Allez viens.
poèsie chez Marianne

Regarde avec ton oreille – Vincent

Pour Mil et Une             Une image un mot : couleur

 

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Regarde avec ton oreille

Vincent, la chemise bleue  flottant autour de sa taille, recouvrant à peine la ceinture de son pantalon marchait au milieu des champs. Les coquelicots s’étiraient dans les épis de blé mûrs au coté des bleuets donnant ainsi le contrepoint, l’emblématique été français. Il avait, le matin même, terminé le portrait de Gachet, ce bon docteur qui ignorait qu’entre deux coup de pinceaux, il lutinait sa fille, une jolie brunette peu farouche  répondant au doux prénom de Marguerite. Il pensait justement à elle ; Marguerite une fleur parmi les fleurs.

Soudain, il sursauta ! Un oiseau, un geai ? Non  plus probablement  un jeune rapace  s’envolait avec un bruissant d’ailes assourdissant ; quelque part un chien aboya, brave Totor se dit Vincent, toujours fidèle. Un déclencheur ? C’est à ce moment précis que Vincent réalisa que finalement ce n’était pas pour rien qu’il s’était coupé l’oreille. Certes il entendait pareillement, seul l’escargot était mutilé laissant l’orifice dégagé ce qui lui conférait une perception plus fine des couleurs, des matières de leur consistance. Ses yeux perçants ne lui suffisaient plus. Mais l’ait-il senti ce jours où il était passé à l’acte. Pas sûr, entre sa folie progressant et sa déprime chronique, il avait agi à l’instinct alors qu’une petite voix lui soufflait « Regarde avec ton oreille » comme Jeanne d’Arc, ses vois s’étaient amplifiées.

Vincent marchait au milieu des champs, sa chemise bleue flottant autour de ses hanches, la chaleur alourdissait ses pas. Le long du chemin, les meule de foin lui firent signe. Il hésita, tituba puis ne résista plus à cet appel divin.

Allongé contre un meule, il imaginait entre rêve et conscience , sa prochaine toile du jaune du jaune et de la paille….