L’Heure bleue – Mil et une

Le soleil s’est couché mais la nuit n’est pas encore là. Le ciel a perdu son soleil mais n’a pas encore trouvé les étoiles. C’est l’heure suspendue, l’heure où tout est silencieux, l’heure où le monde est en harmonie avec le lumière. Dans cette lumière d’un bleu profond, les feuilles frémissent, l’eau clapote et tout est concentré pour exprimer l’amour, m’amitié la tendresse. C’est l’heure où les parfums se développent.

Un soir de doux été, un homme rentre chez lui après une journée de travail. La Seine lui fit un clin d’œil et il s’arrêta pour la contempler. C’est cette heure si particulière que les Impressionnistes on défini comme l’Heure bleue. L’homme est grand admirateur de cette peinture ; il parfumeur enfin il est « nez ». C’est dans cette atmosphère que lui vint d’un parfum composé de senteurs d’héliotropes vanillées  qui vont se fondre avec les arômes bois de santal sur un lit de rose de Bulgarie…

Nous sommes en 1911 et Jacques Guerlain vient de créer « L’heure bleue »  qui rend hommage à ce moment particulier et à cet élan impressionniste qu’il aime tant.

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Il suit successivement les cours de l’École nationale des arts décoratifs puis de l’École nationale supérieure des beaux-arts à Paris de 1904 à 1914. Il débute en 1905 au Salon des Indépendants et participe ensuite aux Salons des artistes français, aux  Salons d’automne , aux Salons des Tuileries.

Il fut l’aquarelliste à l’origine de nombre billet de banque en francs.  Il réalisa l’affiche de l’Heure bleue parfum de Guerlain mais il fut aussi l’un des peintres du mouvement cubiste sans pour autant s’y enfermer.

38 - Clément Serveau le bouqut de fleurs
Bouquet de fleurs

Je vous invite ici pour d’autres oeuvres de ce peintre contemporain

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Ô temps suspends ton vol

Pour les Impromptus : le thème est ici 

Ô temps suspends ton vol ! Autant suspends ton vol ! voilà ce que se répétait un renard sans savoir l’orthographier d’ailleurs peu importe il ne sait pas écrire mais il sait bien parler. Il est décidé aujourd’hui à piquer enfin ce calendos au corbeau qui croisse depuis des heures. Il arme son discours :
– Et toi le corbeau Sais-tu que tu chantes comme le rossignol des bois !
– Sais-tu que tu es le plus rapide, et que tu vole aussi vite de le nandou court
– Sais-tu que, ton haleine est aussi fraiche que l’encens des Indes…
– Sais-tu que tu n’as pas besoin de faire venir le thuriféraire pour te bénir tu es déjà un phénix.
Le corbeau reste coa coa coi, ne bouge pas une aile ; sa prise est ferme, assurée. Pas aussi bête que celui de la fable ! d’ailleurs lui ne tient rien dans son bec !
Ô temps suspends ton vol
La flatterie ne fait plus recette, le goupil change de stratégie.
– Sais-tu que le fromage que tu tiens si serré est bourré OGM et que tu risques de perdre tes plumes…
– Sais tu que le lait de vache est mauvais pour tes articulations ? Sans mentir, c’est dans la revue Sciences et vie des animaux que je l’ai lu. Tes pattes vont devenir toutes molles et tes ergots vont tomber… adieu les balades, les concours de vitesse… Ton bec va se calcifier et alors adieu la chanson !
Ce ballot de corbeau lève une patte et puis l’autre puis pris par une danse de saint Guy, claque du bec, devient hystérique et lâche sa précieuse proie ; des larmes de crocodiles viennent à remplir l’urinoir du champ…

En bas le renard susurre :

 » Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! »

Et moi déguster enfin mon calendos !

 

Mettre de l’eau dans son vin

Revenir d’un emportement passager et rentrer dans la modération

Les philosophes et les historiens grecs ont tous donné leur éloge au vin mélangé avec de l’eau, probablement parce qu’ils avaient reconnu les fautes et quelquefois même les crimes qu’engendre l’ivresse. Il est donc impossible de ne pas approuver leur opinion et de ne pas applaudir à Ia sagesse de ces peuples antiques qui érigèrent des statues à ceux qui leur apprirent à se modérer dans l’usage du vin.

Ils en attribuaient l’idée à Bacchus lui- même, quoiqu’il fut le dieu du vin. Ainsi, Pythagore, philosophe grec, cite, dans son ouvrage des Apothéoses, Achéloüs comme le véritable inventeur de la sobriété et commence en ces termes : « Crotoniates, gardez la mémoire d’Acheloüs, magistrat suprême de l’Etolie, contrée de la Grèce centrale, qui le premier mit de l’eau dans son vin. »

Voici une autre explication assez plaisante de cette locution proverbiale : « Deux personnes disputaient un jour fort chaudement sur un vers où l’on parle d’un vin réputé fameux chez les Romains, vers qui peut se traduire ainsi : Ils buvaient le Falerne et les larmes du monde. L’une d’elles soutenait que ce vers était fort beau et à chaque explication qu’elle en donnait, l’autre ne répondait que par ces mots : Qu’est-ce que cela prouve ? Le poète Lemière, témoin de la dispute, coupa court à l’entretien en disant : Cela prouve, sans aucun doute, que les Romains mettaient de Veau dans leur vin. »

Ouvrons Montaigne (XVIe siècle) et nous lirons dans ses Essais (livre III, chapitre 13) : « Cranaüs, roy des Athéniens, fut inventeur de cet usage de tremper le vin, utilement ou non, j’en ai vu desbattre. »

Mettre de l’eau dans son vin signifie donc, dans le sens propre, prévenir par le mélange des deux liquides les effets funestes du vin pur et, dans le sens figuré, calmer un emportement gros de menaces ou bien encore réduire les projets ambitieux à une mesure sage et dont l’exécution soit possible.

En résumé, on peut dire que l’homme sage met de l’eau dans son vin pour éviter l’ivresse, tandis que l’homme intempérant noie sa raison dans le vin pur. On compare à ce dernier les gens qui parlent bien haut, quand ils se croient auprès des autres les plus importants et les plus forts, mais qui se hâtent de baisser le ton quand ils rencontrent une supériorité devant laquelle ils doivent jouer un rôle plus modeste.

Ce proverbe peut encore s’appliquer à ces personnes qui abandonnent leur esprit à la conception de vastes projets et qui, en présence des difficultés que doit entraîner leur réalisation, reviennent bientôt de leurs résolutions pour en adopter d’autres dont l’exécution soit plus simple et plus facile.