Histoire de baiser –

Baiser et poignée de main prohibés :
croisade moderne des hygiénistes

Au début du XXe siècle, le journaliste Jean Frollo vitupère contre la nouvelle croisade d’hygiénistes qui, promettant de nombreuses maladies à ceux qui font usage du baiser et de la poignée de main, avancent d’irréfutables expériences scientifiques à l’appui nous ôtant en réalité toute raison de vivre…

Nous n’en aurons jamais fini avec les hygiénistes, écrit notre chroniqueur. Ils nous ont privés de vin à cause de l’artériosclérose, de lait à cause de la tuberculose. Ils ont songé à nous priver d’eau à cause de l’appendicite et de la fièvre typhoïde. Aujourd’hui, ils reprennent une campagne commencée il y a quelques années contre le baiser.

Donc, après nous avoir enlevé presque toutes les joies de la table, ils entendent nous refuser celles du cœur. Il ne faut plus s’embrasser. Il ne faut même plus baiser une jolie main. Il faut vivre seul, dans la peur du microbe et, comme disait le poète, perdre, pour vivre, les raisons de vivre. Je doute du succès de cette nouvelle croisade.

 

Le baiser. Chromolithographie de 1909

Un journal américain vient d’ouvrir une enquête sur la question. On y relève des perles de ce genre. Deux personnes, en s’embrassant, risquent de se communiquer les germes de nombreuses maladies et partout où l’on s’embrasse trop les risques d’épidémies augmentent. Pourquoi ? Un article déjà ancien de la North American Review, retrouve parmi des curiosités d’autrefois, va nous l’apprendre.

La conclusion de cet article est formelle : « Si une femme pouvait voir avec un microscope tous les germes mortels qui sont accumulés dans la moustache d’un homme, jamais elle ne se laisserait embrasser par lui. » Une expérience scientifique a démontré ce péril.

Vous voulez connaitre l’expérience réalisée : c’est ICI

C’est édifiant !

Brèves d’Histoire – Paris sans voiture

Paris sans voiture :
on en rêvait déjà en 1790

Interdire l’usage des voitures particulières dans Paris ? Le débat ne date ni d’ aujourd’hui ni de l’apparition de l’automobile. Immersion dans les rues de Paris au temps du tout-hippomobile, plus exactement au moment où la Révolution française bat son plein.

La place de la « voiture » (soit une caisse suspendue sur des roues dotées d’essieux) est un fait social majeur de nos sociétés urbaines. Elle s’inscrit dans une longue histoire qui pose de manière précoce des questions essentielles : le paraître et le faire-valoir, la discipline des conduites, la gestion policière des circulations et le droit à la ville opposé au privilège de la priorité et au pouvoir de doubler.

Un pamphlet anti-voiture
En 1790, un citoyen anonyme fait imprimer un in-octavo d’une étonnante modernité : Pétition d’un citoyen ou motion contre les carrosses et les cabriolets. Rédigé dans un style enlevé, ce texte de 16 folios relève à la fois du pamphlet, du traité moral, du mémoire policier et de la motion législative puisqu’il contient des propositions destinées à l’Assemblée nationale.

On ne sait à peu près rien de son auteur. Sans doute un bourgeois aisé (un médecin ?) car il déclare lui-même posséder « une voiture, un cabriolet et quatre chevaux » qu’il désire « sacrifier sur l’autel de la patrie », scandalisé par la brutalité avec laquelle les cochers conduisent dans Paris et écœuré par l’« oisiveté et la mollesse des riches ». S’il est acquis aux idées des Lumières et loue les apports de la Révolution, il s’interroge : que peuvent bien valoir la liberté de la presse, la tolérance religieuse, la suppression des prisons d’État si « on ne peut aller à pied [dans Paris] sans un danger perpétuel » ?

vous trouverez la suite ICI

La fontaine de la Samaritaine et le Pont Neuf. Peinture de Nicolas Raguenet (1754)
La fontaine de la Samaritaine et le Pont Neuf. Peinture de Nicolas Raguenet (1754)

Brèves d’histoire – Ecole laïque

Le 29 mars 1880, le ministre de l’Instruction publique Jules Ferry prend deux décrets par lesquels il ordonne aux Jésuites de quitter l’enseignement dans les trois mois. Il donne aux enseignants des congrégations catholiques non autorisées le même délai pour se mettre en règle avec la loi ou quitter aussi l’enseignement.

5 000 congrégationnistes sont presque aussitôt expulsés sans ménagement excessif et certaines municipalités anticléricales font du zèle en expulsant aussi les religieuses qui se dévouent dans les hôpitaux. C’est le début d’une active politique de laïcisation de l’enseignement par Jules Ferry, fervent républicain athée et franc-maçon issu d’une riche famille de libres penseurs de Saint-Dié (Vosges).

Mais il ne faut pas oublier que l’école était déjà devenue obligatoire, François Guizot qui est le véritable père de notre école actuelle. 

La laïcisation de l’enseignement mise en oeuvre par Jules Ferry n’a rien à voir, soulignons-le, avec le développement de l’instruction publique.

En France, en 1686-1690, sous le règne de Louis XIV, 29% des hommes et 14% des femmes seulement étaient aptes à signer leur registre de mariage et donc considérés comme sachant lire et écrire. Ils sont respectivement 47% et 27% en 1786-1790, à la veille de la Révolution.

C’est sous le règne de Louis-Philippe Ier que l’État commence à se soucier de l’éducation des enfants. À ce moment-là, la moitié des Français ne savent encore ni lire ni écrire et le pays est très en retard par rapport à l’Angleterre et d’autres pays de l’Europe du nord.

Par la loi majeure du 28 juin 1833, le ministre François Guizot met en oeuvre l’instruction primaire publique en imposant l’ouverture d’au moins une école dans chaque commune. Sous Napoléon III, le ministre Victor Duruy amplifie son action. Il développe les lycées et encourage l’instruction des filles malgré l’opposition des milieux traditionnels.

De la sorte, à la fin du Second Empire et avant que n’intervienne Jules Ferry, la France est déjà un pays fortement alphabétisé. Aux environ de 1870, 72% des nouveaux mariés sont en mesure de signer le registre de mariage (78% des hommes, 66% des femmes). Dans le nord et l’est du pays, cette proportion dépasse allègrement les 80%.

Victor Duruy ministre de l’Instruction publique

A l’aube de la IIIe République, l’enseignement primaire et secondaire conserve une forte connotation religieuse du fait de la loi Falloux, votée le 15 mars 1850, sous la précédente République (!), par une Assemblée à majorité conservatrice.

Cette loi oblige tous les instituteurs à inscrire le catéchisme au programme et à conduire les enfants à la messe ! Elle permet aussi aux congrégations religieuses et aux Frères des écoles chrétiennes d’ouvrir librement des établissements en-dehors du secteur public, avec les professeurs de leur choix, et leur permet d’accueillir jusqu’à la moitié des enfants dans ces établissements. Excessive, la loi Falloux a pour effet de réveiller l’anticléricalisme.

Jules Ferry et les dirigeants de la IIIe République veulent des citoyens instruits mais pas seulement ! Ils veulent aussi forger de bons républicains et de bons patriotes. Ils se proposent d’exclure pour cela les religieux de l’enseignement.

Dès mars 1879, le jeune ministre dépose un projet de loi pour retirer aux membres des congrégations non autorisées le droit d’enseigner mais le Sénat repousse le texte le 2 août.

Jules Ferry ne se laisse pas démonter et réplique par les deux décrets du 29 mars 1880, prestement appliqués. Sous le coup, le président du Conseil, Charles de Freycinet, est obligé de démissionner le 19 septembre 1880. Il est remplacé à la tête du gouvernement par… Jules Ferry lui-même.

Le nouveau chef du gouvernement en profite pour compléter l’application de ses décrets. Le 21 décembre 1880, le député Camille Sée, ami de Jules Ferry, fait passer une loi qui ouvre aux filles l’accès à un enseignement secondaire public où les cours de religion seront remplacés par des cours de morale.

L’année suivante, il fait voter la création de l’École Normale Supérieure de Sèvres en vue de former des professeurs féminins pour ces lycées. L’Église n’a plus désormais le monopole de la formation des filles.

Jules Ferry établit par ailleurs la gratuité de l’enseignement primaire par la loi du 16 juin 1881 et le rend laïc et obligatoire par la loi du 29 mars 1882.

Source Herodote

Brèves d’Histoire – le moulin à légumes

Le Moulin-Légumes, dont le brevet fut déposé le 16 février 1932 sous le numéro 732.100, est le premier ustensile inventé par Jean Mantelet. Il lui permettra de créer sa société et fameuse marque d’électroménager Moulinex qui va accompagner l’avènement de la société de consommation pendant les Trente Glorieuses.

L’anecdote dit que Jean Mantelet, las de manger les purées grumeleuses de sa femme, finit par s’enfermer dans son atelier de la Manufacture d’emboutissage de Bagnolet pour mettre au point une moulinette à légumes. L’appareil qu’il crée est rotatif pour un écrasement régulier, présente un fond convexe – et non conique – , et dispose d’un seul tamis pour tous les légumes.

Brevet du Moulin-Légumes déposé le 16 février 1932 par Jean Mantelet

Le 16 février 1932, il dépose un brevet et commercialise son « Moulin-Légumes » sur les foires. Encouragé par un prix au concours Lépine, il décide de se lancer dans la production de masse. Le succès est immédiat : 2 millions d’exemplaires seront vendus entre 1933 et 1935 ! De cette invention naît la société Moulin-Légumes. Jean Mantelet ne cesse alors d’innover : entre 1929 et 1953, il dépose 93 brevets !

En 1953, son Vélosolex lui donne l’idée d’intégrer un moteur électrique à ses appareils. Il crée alors le premier moulin à café électrique bon marché : le Moulinex, qui donnera son nom définitif à l’entreprise. Un chapelet d’inventions qui ont accompagné les Trente Glorieuses et présentées sous le fameux slogan de la marque : « Moulinex libère la femme ! »

Et voilà !

Au fil des jours – janvier ou Nivôse

 Le  19 janvier  2020 correspond au 30 Nivôse An CCXXVIII 

Fêtons  :   Marius Faustine

Embrassons    Marthe et Antoinette

rendons hommage à   Libérate,   Apsade Conteste

Dictons du jour

  • Janvier le frileux, février le grésilleux.
  • Janvier de glace fait le point, février qui passe le rompt.

Ça s’est passé un 19 janvier   :  parce que  l’Histoire éclaire le  présent.

19 janvier 1419 : Rouen se livre aux Anglais

19 janvier 1840 : Découverte de la terre Adélie

Le 19 janvier 1840, Dumont d’Urville aborde une terre inconnue de l’Antarctique. Par une touchante attention, il donne à cette terre et à ses habitants le prénom de sa femme, Adélie…

19 janvier 1902 : Naissance de l’Académie Goncourt

 

 

Au fil des jours – janvier ou Nivôse

 Le  16 janvier  2020 correspond au 27 Nivôse An CCXXVIII 

Fêtons  :   Marcel,  Honorat

Embrassons    Romain  Fursy

rendons hommage à   Otaccilia,   Danacte et Trivier

Dictons du jour

  • Prépare pour saint Marcel, tes graines nouvelles.
  • Si les mouches dansent en janvier, le cultivateur de ses fourrages doit s’inquiéter

Ça s’est passé un 15 janvier   :  parce que  l’Histoire éclaire le  présent.

16 janvier 1547 : Ivan IV fonde la Russie moderne

Le 16 janvier 1547, Ivan IV est sacré tsar de toutes les Russies. Il fera, autour de Moscou, l’unité du futur empire russe. Ses méthodes lui vaudront d’être surnommé Ivan le Terrible

16 janvier 1761 : Lally-Tollendal capitule à Pondichéry

Le 16 janvier 1761, Lally-Tollendal capitule à Pondichéry pendant la guerre de Sept Ans. La France, défaite sur tous les fronts, perd à l’issue du conflit ses plus belles colonies. Pour l’Angleterre s’ouvre le début d’un exceptionnel destin.

16 janvier 1947 : Vincent Auriol président de la République

Vincent Auriol (63 ans) devient le 16 janvier 1947 le premier président de la IVe République. Il a été élu peu avant par les deux Chambres réunies en Congrès à Versailles.

 

16 janvier 1954 : René Coty président de la République

René Coty (65 ans) succède le 16 janvier 1954 à Vincent Auriol à la présidence de la IVe République…

Au fil des jours – janvier ou Nivôse

 Le  15 janvier  2020 correspond au 26 Nivôse An CCXXVIII 

Fêtons  :   Rémi et Maur

Embrassons    Amaury et Aymeric Rachel

rendons hommage à   Secondine,   Calabite et Tarcice 

Dictons du jour

  • S’il gèle à la saint Maur, la moitié de l’hiver est dehors.
  • Quand il tonne en janvier, il tonne tous les mois de l’année.

Ça s’est passé un 15 janvier   :  parce que  l’Histoire éclaire le  présent.

1369 : Rupture du traité de Brétigny-Calais.

Après une trêve de 9 ans, Edouard III d’Angleterre revendique à nouveau la couronne de France.

15 janvier 1790 : La France est divisée en 83 départements

Le 15 janvier 1790, l’Assemblée constituante établit la carte des départements et fixe leur nombre à 83. Les limites et le chef-lieu de ces nouvelles circonscriptions coïncident le plus souvent avec les anciens pays gaulois et les comtés carolingiens d’où leur succès immédiat.

Brèves d’Histoire – Les petits rats

11 janvier 1713 : Une école de danse pour les « petits rats » de Paris

Habitué à tout maîtriser, le roi Louis XIV ne pouvait pas laisser la danse, sa grande passion, sans lui donner un encadrement à la hauteur de ses ambitions. Après avoir créé en 1661 l’Académie royale de la Danse, il se penche sur le problème des effectifs, bien décidé à « parvenir à élever des sujets propres à remplir les emplois qui manqueront ». C’est ainsi que l’École de l’Académie voir le jour le 11 janvier 1713. Gratuite, elle a pour vocation de mener les jeunes danseurs au rang de professionnels.

Tout en veillant sur l’héritage de l’Académie; il s’agit de développer, dit l’ordonnance royale, « l’école française fondée sur la primauté de l’harmonie, la coordination des mouvements, la justesse des placements et le dédain de la prouesse », recommandations qui donneront naissance au XIXe s. à la danse classique. Installée depuis 1987 à Nanterre, près de Paris, l’École française de la danse, plus ancienne école de danse d’Occident, forme la presque totalité des danseurs des ballets de l’Opéra de Paris. Les « petits rats » n’ont pas fini d’user les parquets !

 

Résultat de recherche d'images pour "edgar degas"
Edgar Degas

 

 

 

Au fil des jours – janvier ou Nivôse

 Le  14 janvier  2020 correspond au 25 Nivôse An CCXXVIII 

Fêtons  :   Nina, Nino

Embrassons    Etienne, Firmin

rendons hommage à   Néomadie,   Glycérius Odoric

Dictons du jour

  • Quand on peut labourer en janvier, on aura sept pains pour un dîner.
  • Soleil de sainte Nina, pour un long hiver rentre ton bois.

Ça s’est passé un 14 janvier   :  parce que  l’Histoire éclaire le  présent.

Evénements : 

14 janvier 1526 : Traité de Madrid : François Ier promet… et ne tient pas

Le 14 janvier 1526, le roi de France François Ier, prisonnier de l’empereur Charles Quint depuis sa défaite de Pavie, signe le traité de Madrid avec son vainqueur. Il s’empressera d’en renier les clauses sitôt libéré… suite de l’article 

14 janvier 1852 : Constitution sur mesure pour Louis-Napoléon

Le 14 janvier 1852 est promulguée en France une nouvelle Constitution. Elle donne au Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte, que d’aucuns surnomment avec mépris Badinguet, des pouvoirs quasi-dictatoriaux pour une durée de… dix ans. C’est la fin de la IIe République. voir l’article 

Au fil des jours – janvier ou Nivôse

 Le  13 janvier  2020 correspond au 24 Nivôse An CCXXVIII 

Fêtons  :   Yvette Hilaire

Embrassons    Godeffroy, Joffrey Yvonne

rendons hommage à   Glaphyre,   Longis 

Dictons du jour

  • Bon jour et bon an, la paille au cul, et le feu dedans.
  • Soleil au jour de saint Hilaire, fends du bois pour ton hiver.

Ça s’est passé un 13 janvier   :  parce que  l’Histoire éclaire le  présent.

Pierre Drieu la Rochelle

13 janvier 1893 à Paris – 15 mars 1945 à Paris

Décès : 

Victor-Louis Baltard

19 juin 1805 à Paris (France) – 13 janvier 1874 à Paris