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Au fil des jours…. Avril ou Floréal

Les Romains donnaient au mois qui succède à Mars le nom d’aprilis, du mot latin aperire, qui veut dire ouvrir, soit « parce que, dans ce mois, les bourgeons commencent à s’ouvrir », soit « parce que la terre semble ouvrir son sein en se couvrant d’une végétation nouvelle ». Du mot latin aprilis nous avons fait avril.

À l’époque romaine, Aprilis était consacré à la déesse Aphrodite; c’était alors le deuxième mois de l’année, et celui celle-ci « s’ouvrait », ce qui constitue fort probablement les fondements de la tradition du « poisson d’avril » et puis 

Le 23 avril 2019 correspond au 04 floréal An CCXXVII  (227)

21 avril  au calendrier : Georges  et Georgette                                                                        puis embrassez Pusinne , Aldabert et Marole   si vous en connaissez.

Dictons du jour :

  • Quand il pleut le jour de saint Georges, sur cent cerises on a quatorze.
    À la saint Georges, sème ton orge ; à la saint Marc, il est trop tard.

Ça s’est passé un  23 avril :

  • 1889 : mort de l’écrivain et polémiste Jules Barbey d’Aurevilly
  • 1856 : Publication du poème « Les Contemplations » de Victor Hugo.

 

Petit jeu de lettres – 211 16/19

Chez lady Marianne, on a des mots des lettres (heureusement pas trop de chiffres sauf le nombre de lettres), on les mélange, on les tord et on les emberlificote, 

Cette semaine : E E E E  A  I U L M N N  P T T  –  ANTEPENULTIEME ( l’avant avant dernier)

Ma Lady
Ah mais te voilà bien pateline ma Lady… Quel talent pour nous faire émietter quelques mots avec des lettres anagrammées d’un vocable qui vient du  diable vauvert ! Nous proposer un quadruple EEEE alors qu’il fut un temps où le triple AAA avait une telle importance que lorsque nous avons perdu un A, nous avons versé des pleurs inextinguibles à donner des frissons de jalousie aux crocodiles ; maintenant il ne nous en reste plus qu’un ! Et comme si ce n’était pas suffisant voilà que les lettres PTT refont leur apparition alors que la grande et Noble Dame des Postes, Télégraphe et Téléphone est démantelée en passant par la dénomination P&T, elle avait déjà perdu un T dans les années 60 ;  voilà  que nos facteurs vont faire des visites de courtoisie à nos aînés afin qu’ils se sentent moins seuls. Bientôt, on les verra, les facteurs s’entend, planter des pétunias, arroser le petit saint- paulia avec un vaporisateur et rapporter la baguette.  Ah quelle mentalité ! Enfin tant qu’on leur demande pas de tapiner !

Antépénultième ce ne sera même pas mon rang.

Bises ma Lady

Tableau du samedi – 16/19

Le jardin chinois (1742) de François Boucher   : il est exposé au musée des Beaux arts et archéologie de Besançon.
Le_Jardin_chinois_(detail)_by_François_Boucher

La scène se situe dans un jardin luxuriant, près d’un petit pavillon chinois. Assise dans un fauteuil de laque rouge à côté d’une une table de toilette, une jeune aristocrate se fait coiffer et choisit des fleurs pour sa parure.

Cette œuvre, parfois nommée « La toilette » dans certains inventaires, transpose en Chine une scène de toilette occidentale. Toutes les femmes sont de type européen, seuls les vêtements, les objets, le pavillon et les personnages masculins ont un caractère asiatique et donnent à ce tableau son atmosphère exotique.

Le tableau est une « chinoiserie » : Boucher présente une vision fantaisiste de la Chine en y mêlant des objets asiatiques de sa propre collection. L’artiste connaît bien le sujet, car il a déjà édité des gravures sur le thème de la vie quotidienne en Chine. Pour cela, il s’est inspiré de livres illustrés sur les voyages en Orient du XVIIe siècle.

Cette représentation idéalisée de la vie rurale s’inscrit dans un mouvement de retour à la nature qui prendra plus d’ampleur sous le règne de Louis XVI.

Les amants de la tour de Nesle

19 avril 1314 

Deux chevaliers, les frères d’Aunay, sont exécutés à Pontoise, dans d’atroces conditions, le 19 avril 1314. Leur crime est d’avoir aimé des princesses. Ils sont les principales victimes d’un scandale qui assombrit la dernière année du règne de Philippe IV le Bel.

Le roi a eu quatre enfants qui devaient atteindre l’âge adulte : une fille, Isabelle, plus tard reine d’Angleterre, surnommée la «Louve de France» et trois fils qui allaient à tour de rôle monter sur le trône capétien : Louis, Philippe et Charles.

  • L’aîné, Louis, a un caractère difficile qui lui vaut le surnom de «Hutin» ou de «Noiseux». Il épouse Marguerite, fille de Robert de Bourgogne et d’Agnès, elle-même fille de Saint Louis. Altière et un rien frondeuse, cette jolie jeune femme aime la vie.
  • Philippe, prince intelligent, épouse Jeanne d’Artois, fille d’Othon IV de Bourgogne et de Mahaut d’Artois.
  • Charles, à la personnalité plus effacée, épouse Blanche, la soeur de Jeanne.

Princesses adultères
Après trois ou quatre ans de mariage, voilà que Marguerite et Blanche prennent pour amants de «jeunes et biaux chevaliers», les frères Gautier et Philippe d’Aunay. L’affaire s’évente en avril 1314, à l’abbaye de Maubuisson où le roi aime à se retirer avec sa cour.

La justice royale s’abat implacablement sur les amants adultères. Marguerite et Blanche sont arrêtées, jugées et condamnées à être tondues, habillées de robes grossières et conduites dans un chariot recouvert de draps noirs aux Andelys, dans les geôles du château Gaillard.

Marguerite, éplorée et repentante, y occupe une cellule ouverte à tous vents au sommet du donjon. Victime de mauvais traitements et sans doute étranglée sur ordre de son mari, la malheureuse meurt au cours de l’été 1315.

Blanche est un peu mieux traitée dans un cachot «enfoncé dans la terre». Elle survit à l’épreuve et, à l’avènement de Charles IV, son époux, elle est transférée à Gavray, en Normandie, et obtient l’autorisation de prendre l’habit de religieuse.

Jeanne est aussi arrêtée et placée sous surveillance au château de Dourdan. Traitée avec beaucoup plus d’égards, elle défend sa cause auprès du roi, de même que sa mère Mahaut d’Artois, qui siége au Conseil du roi. Elle retrouve sa place auprès de son époux Philippe ainsi qu’à la cour, où on lui fait fête.

Les amants au supplice
Les frères d’Aunay, coupables d’avoir batifolé avec les belles-filles du roi de France, sont arrêtés et subissent la question. Ils avouent sans tarder et après un rapide jugement à Pontoise pour crime de lèse majesté, ils sont exécutés sur le champ en place publique.

Ainsi prend fin le scandale dit «de la tour de Nesle» (bien que l’hôtel de Nesle n’ait rien à voir avec ces événements quoiqu’en dise Alexandre Dumas).

Finalement, après la mort du dernier fils de Philippe IV le Bel et faute d’héritier mâle en ligne directe, la noblesse du royaume donne le trône au représentant de la branche cadette des Valois. Celui-ci devient roi sous le nom de Philippe VI non sans exciter la rancoeur de ses rivaux, dont le roi d’Angleterre et celui de Navarre. Il en résultera la guerre de Cent Ans !

source hérodote.net 

La quintessence de la sapience – 16/19

Vous proposez une expression pittoresque de notre belle langue française.Vous pouvez développer et  illustrer selon votre envie.

Tortue : courir plusieurs lièvres à la fois 

Lady Marianne : Prendre la lune avec ses dents

Renée : Péter dans la soie 

L’affaire est dans le sac

Un sac à procès était un sac en toile de jute, de chanvre, ou en cuir, qui était utilisé au temps de la colonie, lors des affaires judiciaires, et qui contenait tous les éléments du dossier à des fins d’archivage.

Il contenait :

– Dépositions et requêtes
– Copie signées des procureurs des pièces
– Pièces à conviction

Une fois l’affaire terminée, ces différentes pièces étaient rassemblées et suspendues dans le sac fixé par un crochet à un mur ou une poutre d’où l’expression :

«une affaire pendante»,

pour que les parchemins ne soient pas détruits par les rongeurs.

Ces sacs étaient placés dans le cabinet de l’avocat.

L’expression «l’affaire est dans le sac» signifiait que le dossier judiciaire était prêt et que l’ensemble des pièces était archivé dans le sac scellé.

Pour l’audience, le sac était descendu et le procureur (ou avocat) pouvait plaider devant la cour et «vider son sac» en sortant les pièces nécessaires à sa plaidoirie.

L’avocat ou le procureur rusé qui savait bien exploiter toutes ces pièces est à l’origine de l’expression

         «avoir plus d’un tour dans son sac » .

Discours de Victor Hugo

Je déroge un peu à mes habitudes qui est de ne pas prendre de parti sur ce blog qui n’a pas cette vocation cependant

J’ai un respect immense pour les personnes qui se sont tuées à la tâche pour construire cette cathédrale inscrite au patrimoine de l’UNESCO. Un édifice d’une grande beauté. Sa destruction est un grand malheur. Cependant je suis une peu étonnée de la promptitude avec laquelle les chéquier et les tirelires sont sortis. Il y a tant de SDF et autres personnes en souffrance pour lesquelles rien n’est fait. L’argent n’a pas la même odeur selon….

Puisque l’on retrouve Victor Hugo en ce moment et qu’on lui attribue des idées qui ne l’avait peut-être même pas effleuré quand il a écrit Notre Dame de Paris qui aujourd’hui fait le bonheur d’Amazon qui a fait le buzz avec des exemplaire vendu par milliers moi je propose un autre texte… celui qu’il a prononcé  à l’Assemblée nationale et non ce n’est pas trop long à lire…

Détruire la misère
Discours à l’Assemblée nationale législative

Victor Hugo

9 juillet 1849
Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère.

Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli.

La misère, messieurs, j’aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir jusqu’où elle est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au Moyen Âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?

Mon Dieu, je n’hésite pas à les citer, ces faits. Ils sont tristes, mais nécessaires à révéler ; et tenez, s’il faut dire toute ma pensée, je voudrais qu’il sortît de cette assemblée, et au besoin j’en ferai la proposition formelle, une grande et solennelle enquête sur la situation vraie des classes laborieuses et souffrantes en France. Je voudrais que tous les faits éclatassent au grand jour. Comment veut-on guérir le mal si l’on ne sonde pas les plaies ?

Voici donc ces faits.

Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l’émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n’ayant pour lits, n’ayant pour couvertures, j’ai presque dit pour vêtement, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures s’enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l’hiver.

Voilà un fait. En voulez-vous d’autres ? Ces jours-ci, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n’épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l’on a constaté, après sa mort, qu’il n’avait pas mangé depuis six jours.

Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !

Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière ; que je m’en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l’homme, que ce sont des crimes envers Dieu !

Voilà pourquoi je suis pénétré, voilà pourquoi je voudrais pénétrer tous ceux qui m’écoutent de la haute importance de la proposition qui vous est soumise. Ce n’est qu’un premier pas, mais il est décisif. Je voudrais que cette assemblée, majorité et minorité, n’importe, je ne connais pas, moi de majorité et de minorité en de telles questions ; je voudrais que cette assemblée n’eût qu’une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce but magnifique, à ce but sublime, l’abolition de la misère !

Et, messieurs, je ne m’adresse pas seulement à votre générosité, je m’adresse à ce qu’il y a de plus sérieux dans le sentiment politique d’une assemblée de législateurs ! Et à ce sujet, un dernier mot : je terminerai par là.

Messieurs, comme je vous le disais tout à l’heure, vous venez avec le concours de la garde nationale, de l’armée et de toute les forces vives du pays, vous venez de raffermir l’État ébranlé encore une fois. Vous n’avez reculé devant aucun péril, vous n’avez hésité devant aucun devoir. Vous avez sauvé la société régulière, le gouvernement légal, les institutions, la paix publique, la civilisation même. Vous avez fait une chose considérable… Eh bien ! Vous n’avez rien fait !

Vous n’avez rien fait, j’insiste sur ce point, tant que l’ordre matériel raffermi n’a point pour base l’ordre moral consolidé ! Vous n’avez rien fait, tant que le peuple souffre ! Vous n’avez rien fait, tant qu’il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! Vous n’avez rien fait, tant que ceux qui sont dans la force de l’âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! Tant que ceux qui sont vieux et ont travaillé peuvent être sans asile ! Tant que l’usure dévore nos campagnes, tant qu’on meurt de faim dans nos villes, tant qu’il n’y a pas des lois fraternelles, des lois évangéliques qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! Vous n’avez rien fait, tant que l’esprit de la révolution a pour auxiliaire la souffrance publique ! Vous n’avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l’homme méchant a pour collaborateur fatal l’homme malheureux !