La quintessence de la sapience – 1/21 saison 3

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finir en eau de boudin

Signification : finir quelque chose sans les résultats escomptés.

La métaphore évoque la dérive du cochon bien nourri, qui, après les jambons, le salé, les pâtés, les andouilles, les pieds même, finira en eau de boudin, littéralement, un liquide dont on ne tire plus rien.

Origine de l’expression :

Les origines de cette expression attestée dès la fin du XVIIe siècle sont assez largement controversées. La première hypothèse consiste à dire que l’eau de boudin serait celle dans laquelle on nettoie les boyaux avant la fabrication des boudins. Il s’agirait donc d’une eau sale, donc inutilisable et par extension à laquelle on pourrait assimiler une situation vouée à l’échec. La seconde origine proposée est une déformation de « s’en aller en aunes de boudins », où l’aune est une unité de longueur. Ici, on comparerait un contexte peu favorable à la mort du porc sacrifié pour le transformer en charcuterie. Par la suite, d’autres ont prétendu qu’il pourrait s’agir d’une déformation de « s’en aller en os de boudin ». Le boudin n’ayant pas d’os, l’expression signifierait que l’on va vers quelque chose qui n’existe pas ou qui va échouer. L’explication la plus probable tient plus certainement au sens qu’avait le mot « eau » au XVIe siècle, à savoir, « excrétions liquides ». Quant au « boudin », il désignait le sexe masculin, et son radical « bod » servait à qualifier le ventre, le nombril… L’expression serait alors « partir en eau de ventre »… autrement dit en colique, concordant ainsi avec son sens de « échouer, être dans une situation peu ragoutante et peu favorable… ».

Les divers exégètes de l’eau de boudin, et non des moindres, de Bescherelle à Alain Rey, se sont évertués à concocter des origines plus étonnantes les unes que les autres à la locution Partir (ou tourner, ou finir) en eau de boudin. Pour ne pas s’être interrogés sérieusement, culinairement, sur ce que signifie au sens concret, «eau de boudin».

Les uns ont évoqué l’eau de lavage des boyaux destinés à la fabrication du boudin contre toute logique syntaxique ou charcutière d’autres ont interprété, sans attestation, aune de boudin, ou encore os de boudin tout aussi fantasmagorique, et enfin dans le monde moderne porté sur l’allusion salace, l’urine de l’homme, par un jeu de mots supposé.

Or l’eau de boudin n’est pas un mystère si épais: l’eau de chair a longtemps, depuis le Moyen Âge, désigné ce que nous appelons le «bouillon de viande». Au XVIIIe siècle encore on appelait eau de poulet «une manière de demi-bouillon fait avec de l’eau et de la chair de poulet» (selon le Dictionnaire de Trévoux).

Que disent les  expression’nautes

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