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l’atelier de Ghislaine – atelier 74

avec les mots..

Songe, méconnu, image, pareil, nocturne, éphémère, harpies, utopie.

ou la phrase : Nul besoin de miroir pour…

Nul besoin de miroir pour observer cette image. Je sais combien le temps a fané mon visage, pareil à la pomme ridée qui sèche au grenier. Comment vaincre la vieillesse ? J’ai essayé toutes les crèmes et tous les sérums si chers ceux qui promettent la jeunesse éternelle ;  ils n’ont pas effacé les méfaits des nombreuses années écoulées. Elle était là la vieillesse ennemie !

Et pourtant, je ne l’ai pas vu s’approcher de moi. Elle était à mes cotés cette harpie, envoyée de la mort. Elle cheminait près de moi depuis longtemps déjà sans bruit, comme dans un mauvais songe nocturne, sans se faire remarquer, déposant tantôt une ride, tantôt une nouvelle douleur ou bien une marche trop haute, une escalier sans rampe trop difficile à gravir. Quand j’ai découvert sa présence, j’ai voulu la chasser, la faire tomber dans un fossé pour qu’elle quitte mes pas à jamais. Mais non, elle était toujours là, avec son faux sourire presque rassurant ; toujours là me prenant pas le bras pour m’entraîner sur ses chemins. Alors, j’ai cessé ce combat éphémère. J’ai pris sa main. Depuis ce moment, je la suis en marchant vers l’ombre, tranquillement sans révolte.

avec la complicité de mon amie Geneviève

 

Nul besoin d’un miroir pour refléter les songes ; ils sont trop éphémères ! Ce serait une utopie que de croire ces visions nocturnes venues de la douce musique de Mendelssohn entendue une nuit d’été.

Nul besoin de miroir pour refléter l’image de cette harpie méconnu pareil à l’aigle noir chanté par Barbara.

Nul besoin de miroir pour …

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l’atelier de Ghislaine 72

cinq mots en ERS et/ou  paysan, contraire, version, mélodrame, signe, pensée, loisir, salon

Nous nous sommes de pauv’ paysans ; on est pas riche !  Certes, on ne paie pas les légumes et heureusement ils sont hors tarif, on ne paye pas la viande, juste quèques  lapins et des  poules pis on tue  cochon une fois l’an. Mais le matériel et le glyphosate faut bien sortir les sous… Et vous savez combien ça coûte tiens une herse ? Non et bien moi non plus ! Pour survivre heureusement Germaine, Germaine c’est ma bourgeoise elle s’débrouille. Elle fait pousser des fleurs, surtout des pensées, qu’elle vend sur son banc au marché, elle dit ça aère les siennes,  avec les champignons.

Ma Germaine, elle est pleine de ressources, elle arrondit encore ses fins de mois avec un atelier tricot. Y a bien cinq ou six personnes qui rappliquent tous les jeudis dans le salon qu’elle s’est aménagée ;  boudoir qu’elle appelle son coin, et là ça cliquette des aiguilles et caquette des langues. Une maille à l’envers une maille à l’endroit, je pique dans le trou, je tire une boucle, je jette un fil etc.

Ce jeudi-là j’avais rien à faire, une averse du tonnerre de Zeus m’avais fait battre retraite. J’ai donc eu tout le loisir de les observer. Ah mes aïeux quelle rigolade. Pourtant c’était un vrai mélodrame ! Ma Germaine s’était époumonée à expliquer que pour faire les jours, les trou-trous comme elle dit, y faut pas lâcher les mailles de l’aiguille, la pauv’ Gersande à tout compris de travers et quand elle a tiré sur le fil tout s’est débiné heu débobiné et elle s’est mise à hurler, tempêter et les larmes ont tellement coulé que j’ai failli aller chercher la wassingue enfin la serpillière.  La discussion qui s’en suivit tourna en pugilat. Tout fut dit et son contraire. Et moi dans mon coin, je buvais du petit lait devant ce crêpage de chignon. Germaine fut traitée de perverse du tricot et Noémie fit un signe que je n’ose vous décrire.

Sûr que les mémères vont raconteront une tout autre version de l’incident….

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l’atelier de Ghislaine – 67

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Jérémy était adepte d’ étrange pratiques physiques. Elle consistait à se tamponner le coquillard sans penser à rien d’autre que les préceptes du fameux Tenzin Gyatso, alias le Daïli-lama afin de garder l’esprit bien clair. Rika Zaraï,  il y a plusieurs années préconisait de se tremper les fesses dans l’eau froide le plus souvent possible voire tous les matins et de consommer des artichauts pour pouvoir soulager son foie. Moi je crois qu’il y a anguille sous roche et que ceci n’est que prétexte à des pratiques attribuées à un Kama sutra qui  ménage la chèvre et le chou. Comment ?  Tu dis Ghislaine ? Mon texte n’a ni queue ni tête ? Alors là tu chipotes…

 

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l’atelier de Ghislaine – 66

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Extrait du journal « la feuille des potins »
Faits divers : vol à la bijouterie de Jokari les Jouir
Propos recueillis par notre envoyé spécial sur place

Selon nos dernières informations, la femme qui a cambriolé la bijouterie de Monsieur et Madame Jules et Jacqueline Jacquard a été mise cet après midi en garde à vue et elle sera, dès demain, déférée au parquet. Elle sera jugée très prochainement. Je rappelle les faits.
Ceux-ci  remontent à jeudi dernier, jour de marché dans cette charmante petite bourgade normande.
Madame Jacqueline Jacquard qui était seule au magasin et elle  raconte :

J’étais sur le pas de la porte de mon magasin, je jaspinais avec ma voisine, Josie, propriétaire de la boutique de lingerie fine ; nous discutions de la jalousie des hommes quant au choix des petites culottes et strings de leurs compagnes, quand une dame est descendue d’un taxi. Je me rappelle bien du chauffeur, un homme à moustaches qui s’est mis à jurer comme un charretier parce que la rue était encombrée par le camion-poubelle en retard dans sa tournée. Elle pénétra dans ma boutique et me dit vouloir acquérir un bracelet et une bague pour l’anniversaire de sa fille.
Après m’être informée de ses critères de choix, je lui ai présenté plusieurs de nos plus beaux modèles. Pendant qu’elle admirait les objets j’ai pris le temps de l’observer. Plus toute jeune mais un regard bleu juvénile, une peau étonnamment lisse probablement due à un lifting récent et bien réussi… J’ai bien remarqué aussi ses vêtements chics, de la haute couture certainement, une jupe en soie blanche collante comme un fourreau et un pull noir en angora tricoté main. À ce moment que le facteur déposa le courrier en me disant avec un clin d’œil que la marée jusant permettait une baignade en soirée. C’est un copain d’école le Jeannot ! Profitant de l’ouverture de la porte, un petit chien, un bichon plein de poils, entra pour rejoindre sa maîtresse.
« – Oh ! Pardon, elle s’ennuie ma Jujube, » dit la cliente en la prenant dans ces bras.
Adorant les chiens, je lui fis des gratouilles et je me baissais derrière le comptoir pour prendre une friandise qu’elle accepta en remuant la queue.

– « Elle est toujours joyeuse quand on lui offre un gâteau susurra la dame souriante. »

Au bout d’une quinzaine de minutes, elle m’expliqua avec confusion, en minaudant dans un janotisme qui me fit penser que le français ne lui était pas très familier, qu’elle allait encore réfléchir un peu ; et elle sortit en laissant dans son sillage une trace de parfum identifiable : Jérémiade de  Jichenvy.
C’est alors que, rangeant les plateaux je me suis aperçue du larcin : deux belles pièces de ma collection : deux bagues, un brillant solitaire, un cabochon de jade et serti de diamants avaient disparus. Je vous pris de m’excuser, je suis encore très émue cela ne m’était encore jamais arrivé.»
Les gendarmes, dépêchés sur place, n’eurent aucun mal à identifier la suspecte : la description de la bijoutière était très précise. Elle était dans un bistrot devant une bière satisfaite d’avoir posé ses jalons tout en fredonnant les airs du juke-box venant de la rôtisserie d’à coté.
Emmenée au poste, la fouille se révéla négative. Bien entendu, elle nia toutes les assertions de vol même si elle montrait quelque signe d’impatience. Elle fut mise en cellule, le temps de recueillir les dépositions des divers témoins et informations complémentaires.
Ce n’est qu’en fin d’après midi, aucune preuve n’ayant pu être retenue contre elle, que le capitaine de gendarmerie décida de la remettre en liberté. Ah ! Enfin on reconnaissait son innocence : elle jubilait.
Mais au moment de signer la fin de la garde à vue, un brigadier est entré dans le bâtiment en pestant parce qu’il avait glissé sur une crotte qu’un petit bichon qui traînait dans l’entrée depuis le matin avait lamentablement déposée. D’ailleurs que faisait-il là ce clébard ?
Ses collègues, en riant, sont alors sortis sur le perron et ont découvert la petite chienne attachée qui attendait sa maîtresse. Mais un chien est un chien et même bien dressé, il fait ses besoins quand c’est trop pressant.
Et c’est au milieu des crottes que les gendarmes ahuris ont vu briller les pièces volées.
Interrogée, la femme reconnut avoir déjà pratiqué plusieurs fois ce genre de larcin mais que cette fois Jujube n’avait pas été sage.

A qui se fier ?

 

Un clin d’oeil ma mon amie Asphodèle 

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l’atelier de 65 chez Ghislaine

le sujet Chez Ghislaine – ici 

Je ne fais pas de brouillon 

Aujourd’hui dans notre émission «  La Petite Librairie » nous accueillons le grand écrivain monsieur Tabli, René Tabli que nous connaissons tous pour ses dix volumes de l’Histoire de la brouette à travers les âges .

  • René Tabli, vous nous présentez ce soir votre onzième ouvrage. Quelle est votre recette, votre méthode pour stimuler votre imagination et diriger vos recherches sur ce thème ô combien passionnant de notre Grande Histoire de France ?
  • Tout d’abord, laissez-moi vous dire, Monsieur Jean Poche combien il est apaisant de participer à votre émission. Votre esprit ouvert à la critique positive nous guide vers l’écriture. Pour en revenir à votre question quant à ma méthode, je ne fais pas de brouillon! Je jette mes mots comme on lance des graines à la volée, comme le geste auguste du semeur, après lecture des documents précieux collectés, collationnés et triés par mon secrétaire que je vénère pour son travail efficace et précis. Je garde ainsi la pureté des anecdotes et conserve la véracité solide qui sans crier gare s’installe en moi et me permet ensuite une grande fluidité dans mon écriture. Ce sujet est tellement vaste, riche, plein d’humour et d’une immense variété. Croyez-moi, Monsieur Jean Poche, et vous en conviendrez aisément  depuis les Gaulois rien de plus intéressant n’a été crée.