Si j’étais – la gourmandise

oui oui je récidive et je vous invite à relire ou à écouter « Les lettres de mon moulin – Les trois messes basses ». Un bonheur qui dure 15 mn.

Une nouvelle de d’Alphonse Daudet ; Noël approche ce qui m’a remis en mémoire ce texte absolument délicieux où l’on voit le curé expédier les trois messes qui précèdent le repas festif…

 » Combien de dindes Garrigou » cette phrase prononcée avec une telle gourmandise révèle la manière dont notre brave curé va aborder ces agapes.

Si j’étais… octobre – personnage célèbre

Isadora Duncan danseuse américaine du début du siècle, est née à San Francisco le 26 mai 1877, et de son véritable nom Dora Angela Duncan, d’origine à la fois irlandaise et écossaise, par respectivement sa mère et son père. Sa vie est celle d’une héroïne antique et rebelle, dans la prolongation de son art, auquel elle insuffle un modernisme inédit pour l’époque en imposant une autre expression chorégraphique, la “danse libre”.

S’inspirant des statues grecques, auxquelles elle emprunte les tuniques diaphanes et plissées, et dansant pieds nus, cheveux dénoués, elle libère la danse des carcans du classicisme, dans le fond et la forme, par son interprétation tout d’abord, laissant s’exprimer dans l’improvisation le rythme intérieur du corps, et ensuite par son rejet du costume traditionnel, chaussons et tutu enserrant le corps, pour se parer de ces voiles aériens qui font partie de sa légende.

Ces voiles autour de son corps évoquant la Vénus de Milo, ceux planant sur les drames qui jalonnent sa vie familiale et amoureuse, jusqu’à ce voile en soie rouge qui provoque sa fin tragique, en venant se prendre dans une des roues de sa décapotable et l’étranglant, sur une route de Nice le 14 septembre 1927.

Elle commence très tôt à danser, à l’âge de dix ans, puis décide de venir tenter sa chance à Paris, en 1900, pensant y trouver plus de liberté pour exprimer la vision de son art. Ses succès et ses rencontres, avec Anna Pavlova, Michael Fokine et surtout Serge Diaghilev la conduisent à créer une école de “danse libre” près de Berlin en 1904, où elle vit là-bas une passion avec un acteur, Edward Gordon Craig, qui lui donne une fille deux ans plus tard.

 Puis elle poursuit son ascension, ouvre plusieurs écoles de danse, notamment à Darmstadt en 1911, ainsi qu’à Neuilly-sur-Seine et s’entoure à la même époque d’une troupe de danseuses baptisées les “Isadorables”. Elle se lie aussi avec l’Américain Paul Singer, héritier des fameuses machines à coudre, qui lui offre un deuxième enfant, en 1910, mais la quittera ensuite, lassé de ses infidélités.

Sa vie est marquée en 1913 par la mort brutale et mystérieuse de ses enfants, partis en promenade près de la Seine et dont la voiture, privée de freins à la suite d’un arrêt sur une berge, sombre dans la rivière où ils se noient.

S’ensuit une vie d’errances amoureuses, aussi bien dans les bras d’hommes que de femmes, et de poursuite de ses cours, spectacles, où on la retrouve à New York, puis à Moscou où elle rencontre en 1922 le poète russe, Sergueï Essenine, de vingt ans son cadet, qu’elle aide à fuir son pays natal et avec qui elle vit une passion tumultueuse, leur liaison se terminant par le suicide étrange du poète, en 1925. Elle repart donc à nouveau pour la France où son amie Mary Desty, qui la soutient dans une chute au fond d’enfers alcoolisés, lui offre le fameux voile qui causera sa fin.

Isadora Duncan était une femme en avance sur son temps, éprise à la fois de beauté et de liberté et qui refusait totalement tout enfermement, que ce soit dans son art ou dans sa vie personnelle, une femme qui a su imposer une nouvelle expression chorégraphique en s’affranchissant des contraintes de la danse classique tout en en gardant les bases, une femme dont le mystère, le goût de la provocation et le modernisme en ont fait à jamais une légende.

Isadora, dans toute sa splendeur