Histoire de la machine à coudre

5 juillet 1857 : mort de Barthélemy Thimonnier, inventeur de la machine à coudre.

Fils d’un teinturier, Barthélemy Thimonnier naquit à L’Arbresle (Rhône) le 19 août 1793, et fit d’abord quelques études, dans sa jeunesse, à la Manécanterie de la cathédrale de Lyon, que le cardinal Fesch réorganisait ; mais il dut bientôt les interrompre pour apprendre l’état de tailleur, qu’il exerça à Amplepuis, où ses parents s’étaient fixés en 1795. La suite ici 

Barthélemy Thimonnier

Alphonse de Lamartine : l’enfance du poète

Seul garçon parmi les six enfants de la famille, le jeune Alphonse coule des jours d’enfance heureux au cœur de la maison de famille située dans la campagne mâconnaise, s’adonnant à la contemplation de la nature avant qu’on ne se pique de le placer dans une pension contre son gré.

Il ne vivra pas ! annonçait-on de l’enfant chétif qui naquit le 21 octobre 1790, dans la petite maison de la rue des Ursulines, à Mâcon, où le capitaine de Lamartine, récemment marié à Mlle Alix des Roys, et ayant rendu son brevet d’officier de chevau-légers, était venu chercher le bonheur et le repos.

La première enfance du petit Alphonse se passa donc au milieu des effroyables angoisses de la Terreur. Une fois la tourmente traversée, ses parents eurent hâte de retourner au pays natal, dans le bon calme de la campagne. La propriété de Milly, aux environs de Mâcon, appartenait à la famille Lamartine depuis plusieurs siècles.

Habitation d'Alphonse de Lamartine à Milly. Dessin du marquis de Courval (1826)
Habitation d’Alphonse de Lamartine à Milly. Dessin du marquis de Courval (1826)

Le petit Alphonse était resté délicat. Mais c’était… la suite ici et vous serez étonnés peut-être !

Le caddie

on l’utilise depuis longtemps, enfin depuis que les grandes surfaces ont envahi nos vies, nos anciens terrains vagues qui nous servaient de terrains de jeux. Mais au fait qui l’a inventé ? Un certain Raymond Joseph qui a déposé le brevet le 27 avril 1963.

De nombreux imprudents ont payé cher l’utilisation de Caddie comme nom commun alors que c’est une marque jalousement gardée et protégée par l’entreprise éponyme. Si les dépôts du brevet et de la marque ont été faits au début des années 60, il faut remonter 30 ans en arrière pour retrouver une trace des premiers… chariots.

L’objet est né en 1937 dans l’Oklahoma : Sylvan N. Goldmann vient de transformer son épicerie en libre-service et constate que les clients cessent leurs achats dès que leur panier devient trop lourd. Voyant l’un d’eux poser son panier sur une chaise, il imagine de flanquer chaque panier d’une chaise à roulettes. Il donne ainsi naissance au futur symbole de la société de consommation. En Allemagne, Rudolf Wanzl se lance en 1947 dans la fabrication de chariots inspirés de ceux de Goldmann. En 1951, faisant face à une demande croissante, il invente un modèle à panier fixe qu’il fait breveter.

Enfin, c’est en 1957 en Alsace que Raymond Joseph, fabricant de paniers à salade, d’égouttoirs et amateur de golf, concrétise un projet né d’un voyage avant-guerre aux Etats-Unis. Il dépose le brevet de son modèle de chariot — n° 1372459, en date du 27 avril 1963 — ainsi que la fameuse marque — n° 228178, déposée le 2 février 1960 — dans plusieurs orthographes. Celle-ci fait sans doute référence aux porteurs des golfeurs. Devenue depuis leader dans la grande distribution, les aéroports, l’hôtellerie, les hôpitaux, les collectivités et l’industrie, la société diffuse ses produits dans plus de 130 pays et la marque est déposée dans plus de 75 pays.

Voilà ; quand vous ferez vos courses, vous regarderez votre Caddie d’un oeil nouveau ou pas !

Source : La France pittoresque

Histoire de la poste dans le monde

De l’Antiquité à nos jours, comment les hommes communiquèrent-ils à distance ? Comment se transmirent-ils des informations écrites sur les supports les plus variés ?

Longtemps, cette initiative resta un instrument de gouvernement, strictement réservé au pouvoir et à ses agents. Puis, peu à peu, les particuliers multiplièrent à leur tour des instruments de liaison, mobilisant tous les moyens de transport. Aller plus vite et de manière plus fiable fut sans cesse un moteur de développement.

Conçue à l’origine pour remplir les caisses du Trésor, la poste devint ensuite un outil pour accroître les échanges commerciaux avec l’adoption du timbre-poste. Elle connut dans les années 1875-1975 l’équivalent d’un siècle d’or avec l’invention du train, de l’automobile et de l’avion. Considérée jusqu’à nos jours comme une institution étatique, symbole de progrès économique, humain et culturel, elle est désormais confrontée à une mutation sans précédent avec les nouvelles technologies. Que sera-t-elle demain ?

Histoire de la Poste dans le monde, par Camille Allaz

 

 

Source la France Pittoresque

Histoire du mois de janvier

Romulus composa l’année de dix mois ; Numa Pompilus y ajouta ceux de janvier et février. Les calendes de janvier étaient particulièrement consacrées au dieu Janus, dont les deux visages regardaient l’année qui venait de finir et celle où l’on entrait. On offrait à ce dieu, dans le cours de la première journée, le gâteau nommé janual, des dattes, des figues et du miel ; les artistes et les artisans ébauchaient la matière de leurs ouvrages, persuadés que le travail de ce jour leur assurait une année favorable. On se visitait, on s’adressait des voeux, on se gardait de laisser échapper un propos de mauvais augure, on s’envoyait des présents ; le soir on se régalait en l’honneur de Janus.

On pense que l’usage des souhaits d’étrennes vient des Romains. Tatius, roi des Sabins, et qui régnait dans Rome conjointement avec Romulus, considéra, dit-on, comme un bon augure le présent qu’on lui fit le premier jour de l’an de quelques branches coupées dans un bois consacré à Strenia ; il autorisa la coutume des présents faits à cette époque, et leur donna le nom de Streniae.

Avant la Révolution de 1789, et dans plusieurs provinces de France, les usages suivis le premier jour de l’an conservaient les traces de la fête du Gui que célébraient les anciens Druides. Les enfants du Vendomois couraient les rues dans ce jour solennel, et demandaient à ceux qu’ils rencontraient le Gui-l’an-neu. Dans la dernière nuit de l’année, le peuple du Maine parcourait également les rues en chantant des chansons dont le refrain était toujours : Donnez-nous le Gui-l’an-neu.

La Fête des Rois ou Epiphanie : ce dernier nom signifie apparition. C’est en effet le jour où le Christ commença de se faire connaître aux gentils, et où les quatre rois appelés Mages dans l’Ecriture vinrent l’adorer.

L’analogie qui existe entre les habitudes de cette fête et celle des Saturnales a fait penser que l’une était la continuation de l’autre. Les Saturnales se célébraient du 15 au 21 décembre.

Dans la Beauce, un souper splendide a lieu la veille des rois ; le président du repas est toujours la personne la plus respectée parmi les convives. Avant d’entamer le gâteau, on fait mettre sur la table un enfant ; c’est le plus jeune garçon de la famille. Quand la part est coupée, le président dit : Fébé (la fève). L’enfant qui s’est levé répond : Domine ; le président reprend : Pour qui ? L’enfant répond : Pour le bon Dieu. Cette part est mise en réserve, et on la donne au pauvre qui vient la demander. Voici quelques fragments des chansons naïves du pauvre qui attend et regarde à travers les fentes de la porte :

Honneur à la compagnie
De cette maison.
A l’entrée de votre table,
Nous vous saluons.
Nous sommes venus d’un pays étrange
Dedans ces lieux ;
C’est pour vous faire la demande
De la part à Dieu.

Il s’interrompt pour crier : La part à Dieu, s’il vous plaît ; et il termine le premier chant. Nous donnons encore ici le premier couplet du seconde chant :

Les Rois ! les Rois ! Dieu vous conserve,
A l’entrée de votre souper.
S’il y a quelque part de galette,
Je vous prie de nous la donner.
Puis nous accorderons nos voix,
Bergers, bergères ;
Puis nous accorderons nos voix
Sur nos hautbois.

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8 janvier 1558 – prise de Calais

prise de Calais aux Anglais par François de Lorraine, duc de Guise.

La ville de Calais était demeurée au pouvoir de l’Angleterre depuis l’année 1347 ; on sait qu’Édouard III l’avait conquise alors sur Philippe de Valois. Huit jours suffirent au duc de Guise pour s’en rendre maître.    un clic sur l’image pour connaître l’Histoire

Prise de Calais par les Français en 1558. Peinture de François-Édouard Picot (1838)

Les brigades du Tigre

Un peu de retard pour ce billet qui aurait du être posté le 30 décembre… Cela dit vous ne m’en voudrez pas quand vous aurez lu ce billet retraçant la naissance des Brigades du Tigre (Georges Clémenceau).

Il y a 110 ans, Clemenceau mettait en place une équipe de fins limiers : les Brigades du Tigre étaient nées. Retour sur ces fameuses unités de police.

Ces brigades depuis plus d’un siècle ont résolu de très nombreuses affaires criminelles depuis la bande à Bonnot en passant par l’affaire Landru, Petiot dit le « docteur Satan » ou encore l’affaire Stavisky. De nos jours, devenues la police judiciaire (PJ), elles continuent de marquer l’histoire contemporaine par leurs enquêtes judiciaires retentissantes : Guy Georges, le gang des postiches, Mesrine, l’affaire Elf…

B comme Brigades mobiles
Les Brigades de police mobile sont créées par le décret du 30 décembre 1907. La police s’enrichit d’une nouvelle force ayant pour « mission exclusive de seconder l’autorité judiciaire dans la recherche et la répression des crimes et des délits de droit commun ». Le Figaro précise : « Il est incroyable de penser que jusqu’à ce qu’existassent les Brigades mobiles, la recherche des malfaiteurs était abandonnée, en province, à l’inspiration bonne ou mauvaise, à la chance, aux maigres possibilités d’action de la police et des magistrats locaux. Aucune liaison, nul moyen de combiner l’action de la police d’une région avec celle de la région voisine. Cette liaison est désormais assurée par les brigades mobiles, troupe nomade dont la fonction est de poursuivre, avec le concours des polices locales, le malfaiteur partout où il se cache, fût-ce à l’étranger. Ces brigades mobiles étaient au nombre de douze ». (Le Figaro du 30 mars 1913). Un nouveau décret l’été 1911 porte le nombre des brigades à quinze.

C comme Célestin Hennion
Son nom reste attaché à l’organisation des brigades mobiles dès son arrivée à la direction de la Sûreté générale en 1907. Il est considéré comme le père de la police moderne. Clemenceau en nommant un fonctionnaire « de la carrière » a rompu la tradition qui faisait placer à l’époque à ce poste, un préfet. Cette nomination est le point de départ de toute une réorganisation de la police et surtout d’une modernisation. Hennion allège les services administratifs et forme des services opérationnels répartis en « bureaux ». Devant une insécurité grandissante en France, Clemenceau est décidé à utiliser les grands moyens pour combattre le crime.

Célestin Hennion

D comme délinquance
En ce début du XXe siècle, des bandes sèment le trouble à grande échelle sur tout l’Hexagone. Les Apaches font frissonner Paris : leurs exploits sont à la Une de tous les journaux. La bande d’Abel Pollet multiplie crimes et meurtres en ville et à la campagne, les « Chauffeurs de la Drôme » attaquent les personnes âgées ou encore « la Caravane à pépère » des malfrats qui écument la campagne de la Touraine et de la Charente en perpétrant vols et escroqueries. Dans les premiers jours de juin 1907, une première opération de coopération entre gendarmes et policiers est orchestrée : la bande de soixante romanichels (la fameuse « Caravane à pépère ») est arrêtée à La Tremblade. « Cette capture fit grand bruit. Pour leur coup d’essai, qui était d’ailleurs un coup de maître, les policiers parisiens avaient su débarrasser nos villes et nos campagnes de dangereux malfaiteurs dont les exploits rappelaient à s’y méprendre ceux de Cartouche et de Mandrin. On exagérait », nous rapporte Le Figaro du 9 août 1907.

P comme Progrès technique
Les brigades mobiles bénéficient de moyen d’action de plus en plus modernes. L’enquête judiciaire évolue et se tourne vers la police scientifique. Ainsi les brigades généralisent l’emploi des fiches anthropomorphiques avec les empreintes digitales des travaux de Alphonse Bertillon. « Dans toutes les branches du service de la Sûreté générale, l’outillage a été amélioré et complété. Les commissariats d’une certaine importance et tous les commissariats spéciaux des frontières ont aujourd’hui le téléphone. Des ateliers de photographie système Bertillon ont été installées à la Sûreté, aux sièges des brigades mobiles et dans tous les commissariats où cela était nécessaire » (Le Figaro du 30 mars 1913).

S comme Statistiques
Rapidement les brigades mobiles obtiennent des résultats et commencent à rassurer la population. Les autorités et la presse s’en félicitent. Ainsi dans son édition du 28 octobre 1909, Le Figaro révèle quelques chiffres du rapport du député Arago sur le budget intérieur et plus particulièrement sur le fonctionnement des brigades mobiles : « Les brigades de police mobiles, dit en substance le rapporteur, sont placées sous la direction d’un commissaire principal, chargé du contrôle général du service, des recherches. […] Depuis sa création, ce contrôle a constitué 70.000 dossiers et ses archives s’enrichissent tous les jours de documents précieux. Le service photographique créé dans ce service est également une des innovations les plus heureuses de la nouvelle organisation et sa production moyenne, atteint actuellement plus de 3.000 épreuves par mois.

« Du 18 mars 1908 au 31 juillet 1909, c’est-à-dire en moins d’un an et demi, le nombre des arrestations opérées par les brigades, maintenues, suivis de condamnations ou encours d’information s’est élevé à 4.272, parmi lesquelles 83 pour assassinats ou tentatives et 1.528 pour vols. Pendant la même période, les agents des brigades ont mensuré et photographie 7.790 nomades. » Il n’oublie pas de signaler que tous ces résultats ne sont pas ignorés au-delà de nos frontières.

T comme Tigre
Les brigades sont passées à la postérité sous le nom de « Brigades du Tigre » en souvenir du surnom donné à Georges Clemenceau. C’est lui, en tant que président du Conseil et ministre de l’Intérieur, qui a mis en place ces troupes d’élite, sur les conseils de Célestin Hennion. Le logo actuel de la Direction de la police judiciaire représente un tigre noir sur fond blanc ; et à droite de l’animal, on distingue le profil du visage de Georges Clemenceau.

Le 25 mars 1912, le trio constitué de Bonnot, Garnier et Callemin, accompagnés de Monnier, Valet et Soudy, se prépare à voler une limousine De Dion-Bouton. Illustration parue dans le Supplément illustré du Petit Journal du 7 avril 1912

V comme Voiture
Eh oui ! ce sont des « policiers en auto » : une par brigade à partir de 1912. Voici ce qu’écrit Le Journal amusant au début de l’automne 1911 : « Depuis quelques jours, le service de la Sûreté générale possède quatre voitures automobiles. Ces véhicules, dont l’acquisition avait été jugée nécessaire lors de la réorganisation des brigades mobiles, sont du type landaulet et double phaéton. Elles sortent de la maison Dion-Bouton. Elles sont extrêmement rapides, ce qui n’enlève rien à leur confortable. La commission de réception, […] vient de se réunir à l’effet de procéder à l’examen et à la réception de deux voitures : un landaulet et un double phaéton.

« Ces voitures ont effectué leurs essais de vitesse et de résistance. Parties à 7 heures du matin de la cour d’honneur du ministère de l’Intérieur, elles se sont rendues à Rouen. Elles étaient de retour à la place Beauvau, l’après-midi, à 4 heures un quart. À l’aller comme au retour, les deux autos se sont très vaillamment comportées, réalisant une vitesse moyenne de près de soixante à l’heure. L’une de ces voitures va être affectée à la direction de la Sûreté générale. Les trois autres seront mises à la disposition des brigades mobiles les plus chargées en affaires. Les chauffeurs chargés de piloter ces voitures ne sont pas, comme on pourrait le croire, des conducteurs d’autos ordinaires. Ce sont de véritables fonctionnaires. Ils sont assimilés aux inspecteurs de police mobile et assujettis aux mêmes obligations que ces derniers ».

Certains d’entre nous se souviennent certainement de la série culte créée dans les années 70 par Jean-Claude Desailly avec le trio de policiers de choc Valentin, Pujol, et Terrasson.

La série policière historique télévisée Les Brigades du Tigre fut diffusée en France entre 1974 et 1983

Une série de grande qualité, rien à voir avec les séries soap policières actuelles, que j’appréciais avec des comédiens grande classe qui nous ont quitté dans le plus grand anonymat Pierre Maguelon  et Jean Claude Bouillon le 31 juillet dernier  ;  ,Jean Paul Tribout dernier tigron et actuel directeur du festival de Sarlat, est bien seul désormais.

Jean Claude Bouillon discret était aussi professeur de théâtre…

Juste un mot encore : j’aime Rex sur F3 mais un peu des brigades du Tigre nous ferait bien plaisir…

 

La bûche de Noël

Un peu en retard certes mais pour la déguster il n’est jamais trop tard…

La bûche de Noël réunissait autrefois tous les habitants de la maison, tous les hôtes du logis, parents et domestiques, autour du foyer familial. La bénédiction de la bûche avec les cérémonies traditionnelles dont elle se parait n’était que la bénédiction du feu, au moment où les rigueurs de la saison le rendent plus utile que jamais.

Cet usage existait surtout dans les pays du Nord. C’était la fête du feu, le Licht des anciens Germains, le Yule Log, le feu d’Yule des forêts druidiques, auquel les premiers chrétiens ont substitué cette fête de sainte Luce dont le nom, inscrit le 13 décembre au calendrier et venant du latin lux, lucis, rappelle encore la lumière.

Il est tout naturel qu’on mette en honneur, au 25 décembre, au cœur de l’hiver, le morceau de bois sec et résineux qui promet de chauds rayonnements aux membres raidis sous la bise. Mais, souvent, cette coutume était un impôt en nature, payé au seigneur par son vassal. A la Noël, on apportait du bois ; à Pâques, des œufs ou des agneaux ; à l’Assomption, du blé ; à la Toussaint, du vin ou de l’huile.

Tradition de la grande bûche de Noël. Dessin de Léon Lhermitte paru dans Le Monde illustré du 1er janvier 1884
Tradition de la grande bûche de Noël. Dessin de Léon Lhermitte
paru dans Le Monde illustré du 1er janvier 1884

Il arrivait aussi, quelquefois, que les pauvres gens ne pouvant se procurer des bûches convenables pour la veillée de Noël, se les faisaient donner. « Beaucoup de religieux et de paysans, dit Léopold Bellisle, recevaient pour leurs feux des fêtes de Noël un arbre ou une grosse bûche nommée tréfouet ». Le tréfeule tréfouet que l’on retrouve sous le même nom en Normandie, en Lorraine, en Bourgogne, en Berry, etc., c’est, nous apprend le commentaire du Dictionnaire de Jean de Garlande, la grosse bûche qui devait, suivant la tradition, durer pendant les trois jours de fêtes. De là, du reste, son nom : tréfeu, en latin tres foci, trois feux.

Partout, même dans les plus humbles chaumières, on veillait autour de larges foyers où flambait la souche de hêtre ou de chêne, avec ses bosses et ses creux, avec ses lierres et ses mousses. La porte restait grande ouverte aux pauvres gens qui venaient demander un gîte pour la nuit. On leur versait en abondance le vin, la bière ou le cidre, suivant les contrées, et une place leur était accordée à la table de famille. On attendait ainsi la Messe de minuit.

Qu’on se représente les immenses cheminées d’autrefois : sous leur manteau pouvait s’abriter une famille tout entière, parents, enfants, serviteurs, sans compter les chiens fidèles et les chats frileux. Une bonne vieille grand-mère contait des histoires qu’elle interrompait seulement pour frapper la bûche avec sa pelle à feu et en faire jaillir le plus possible d’étincelles, en disant : « Bonne année, bonnes récoltes, autant de gerbes et de gerbillons ».

La bûche de Noël était un usage très répandu dans presque toutes les provinces de notre vieille France. Voici, d’après Cornandet, le cérémonial que l’on suivait dans la plupart des familles : « Dès que la dernière heure du jour s’était fondue dans l’ombre de la nuit, tous les chrétiens avaient grand soin d’éteindre leurs foyers, puis allaient en foule allumer des brandons à la lampe qui brûlait dans l’église, en l’honneur de Jésus. Un prêtre bénissait les brandons que l’on allait promener dans les champs. Ces brandons portaient le seul feu qui régnait dans le village. C’était le feu bénit et régénéré qui devait jeter de jeunes étincelles sur l’âtre ranimé.

« Cependant, le père de famille, accompagné de ses enfants et de ses serviteurs, allait à l’endroit du logis où, l’année précédente, ils avaient mis en réserve les restes de la bûche. Ils apportaient solennellement ces tisons ; l’aïeul les déposait dans le foyer et tout le monde se mettant à genoux, récitait le Pater, tandis que deux forts valets de ferme ou deux garçons apportaient la bûche nouvelle.

« Cette bûche était toujours la plus grosse qu’on pût trouver ; c’était la plus grosse partie du tronc de l’arbre, ou même la souche, on appelait cela la coque de Noël [le gâteau allongé en forme de bûche que l’on donnait aux enfants le jour de Noël portait encore au début du XXe siècle dans certaines provinces le nom de coquille ou petite bûche, en patois, le cogneu].

« On mettait le feu à cette coque et les petits enfants allaient prier dans un coin de la chambre, la face tournée contre le mur, afin, leur disait-on, que la souche leur fît des présents ; et tandis qu’ils priaient l’Enfant-Jésus de leur accorder la sagesse, on mettait au bout de la bûche des fruits confits, des noix et des bonbons. A onze heures, tous les jeux, tous les plaisirs cessaient. Dès les premiers tintements de la cloche, on se mettait en devoir d’aller à la messe, on s’y rendait en longues files avec des torches à la main. Avant et après la messe, tous les assistants chantaient des Noëls, et on revenait au logis se chauffer à la bûche et faire le réveillon dans un joyeux repas. »

Le grand krak boursier

début de la Grande dépression économique

En 1929, l’Amérique vivait dans une prospérité qui semblait extraordinaire. Selon l’Association Nationale des tailleurs, un Américain moyen devait posséder au moins vingt costumes, douze chapeaux, huit pardessus et vingt-quatre paires de chaussures. Le Président de la General Motors déclarait même devant la presse : « Chacun devrait être riche… car la fortune est à la portée de tous : 15 dollars investis chaque mois à la Bourse peuvent rapporter en 20 ans 80 000 dollars ». Et, en effet, tous les Américains s’étaient mis à spéculer et à boursicoter.

La crise financière qui éclata soudainement ce 24 octobre fut due à la spéculation, les cours de la Bourse ayant grimpé si haut que les valeurs n’avaient plus aucun rapport avec le capital réel des industries qu’elles représentaient. Aussi, lorsque l’inquiétude apparut sur la valeur réelle de ces trop innombrables actions, les épargnants se mirent-ils à vendre. Ils le firent tous en même temps, et ce fut une véritable panique qui s’abattit ce matin-là à Wall-Street.

La crise et l’affolement durèrent plusieurs jours, les agents de change hurlaient, s’injuriaient, finissaient par tomber évanouis de fatigue, mais seul le président Hoover conservait son calme et se contenait pour rassurer tout le monde. Il refusa même d’organiser le secours aux chômeurs, pensant que la situation se rétablirait d’elle-même.

Ses prévisions s’avérèrent fausses. Deux mois après le krach boursier, quatre millions de travailleurs se trouvaient sans emploi. « New York montre un visage misérable, écrit Dominique Lapierre, les cinémas, les théâtres, les hôtels sont vides. Les bureaux de placement, les centres d’hébergement, l’Armée du Salut regorgent de monde, les soupes populaires n’offrent plus qu’un bol de café et un morceau de pain par jour. La nuit, les jardins publics de New York, de Chicago, servent d’asiles à des femmes, à des enfants. Chaque matin, on ramasse de nouveaux cadavres.

Aux abords de toutes les villes américaines, de nouvelles cités-taudis, construites avec des débris de voitures, de tramways désaffectés, de caisses à savon, de bidons d’essence, prennent chaque jour de l’extension. On les a baptisées Hoover-Villes, en haine du président Hoover considéré comme responsable de la misère. Pour la première fois dans l’Histoire des Etats-Unis, on fait queue devant les boulangeries. ».

Pendant trois ans, la situation demeura dramatique. C’est pendant cette époque qu’un journal s’amusa à définir ainsi la ferme américaine : « Etendue de terre arable, entourée de créanciers de tous côtés et couverte d’hypothèques, sur laquelle une famille de sept personnes essaie en vain de subvenir aux besoins d’une voiture d’occasion dont le réservoir est vide… »