Le caddie

on l’utilise depuis longtemps, enfin depuis que les grandes surfaces ont envahi nos vies, nos anciens terrains vagues qui nous servaient de terrains de jeux. Mais au fait qui l’a inventé ? Un certain Raymond Joseph qui a déposé le brevet le 27 avril 1963.

De nombreux imprudents ont payé cher l’utilisation de Caddie comme nom commun alors que c’est une marque jalousement gardée et protégée par l’entreprise éponyme. Si les dépôts du brevet et de la marque ont été faits au début des années 60, il faut remonter 30 ans en arrière pour retrouver une trace des premiers… chariots.

L’objet est né en 1937 dans l’Oklahoma : Sylvan N. Goldmann vient de transformer son épicerie en libre-service et constate que les clients cessent leurs achats dès que leur panier devient trop lourd. Voyant l’un d’eux poser son panier sur une chaise, il imagine de flanquer chaque panier d’une chaise à roulettes. Il donne ainsi naissance au futur symbole de la société de consommation. En Allemagne, Rudolf Wanzl se lance en 1947 dans la fabrication de chariots inspirés de ceux de Goldmann. En 1951, faisant face à une demande croissante, il invente un modèle à panier fixe qu’il fait breveter.

Enfin, c’est en 1957 en Alsace que Raymond Joseph, fabricant de paniers à salade, d’égouttoirs et amateur de golf, concrétise un projet né d’un voyage avant-guerre aux Etats-Unis. Il dépose le brevet de son modèle de chariot — n° 1372459, en date du 27 avril 1963 — ainsi que la fameuse marque — n° 228178, déposée le 2 février 1960 — dans plusieurs orthographes. Celle-ci fait sans doute référence aux porteurs des golfeurs. Devenue depuis leader dans la grande distribution, les aéroports, l’hôtellerie, les hôpitaux, les collectivités et l’industrie, la société diffuse ses produits dans plus de 130 pays et la marque est déposée dans plus de 75 pays.

Voilà ; quand vous ferez vos courses, vous regarderez votre Caddie d’un oeil nouveau ou pas !

Source : La France pittoresque

Histoire de la poste dans le monde

De l’Antiquité à nos jours, comment les hommes communiquèrent-ils à distance ? Comment se transmirent-ils des informations écrites sur les supports les plus variés ?

Longtemps, cette initiative resta un instrument de gouvernement, strictement réservé au pouvoir et à ses agents. Puis, peu à peu, les particuliers multiplièrent à leur tour des instruments de liaison, mobilisant tous les moyens de transport. Aller plus vite et de manière plus fiable fut sans cesse un moteur de développement.

Conçue à l’origine pour remplir les caisses du Trésor, la poste devint ensuite un outil pour accroître les échanges commerciaux avec l’adoption du timbre-poste. Elle connut dans les années 1875-1975 l’équivalent d’un siècle d’or avec l’invention du train, de l’automobile et de l’avion. Considérée jusqu’à nos jours comme une institution étatique, symbole de progrès économique, humain et culturel, elle est désormais confrontée à une mutation sans précédent avec les nouvelles technologies. Que sera-t-elle demain ?

Histoire de la Poste dans le monde, par Camille Allaz

 

 

Source la France Pittoresque

Histoire du mois de janvier

Romulus composa l’année de dix mois ; Numa Pompilus y ajouta ceux de janvier et février. Les calendes de janvier étaient particulièrement consacrées au dieu Janus, dont les deux visages regardaient l’année qui venait de finir et celle où l’on entrait. On offrait à ce dieu, dans le cours de la première journée, le gâteau nommé janual, des dattes, des figues et du miel ; les artistes et les artisans ébauchaient la matière de leurs ouvrages, persuadés que le travail de ce jour leur assurait une année favorable. On se visitait, on s’adressait des voeux, on se gardait de laisser échapper un propos de mauvais augure, on s’envoyait des présents ; le soir on se régalait en l’honneur de Janus.

On pense que l’usage des souhaits d’étrennes vient des Romains. Tatius, roi des Sabins, et qui régnait dans Rome conjointement avec Romulus, considéra, dit-on, comme un bon augure le présent qu’on lui fit le premier jour de l’an de quelques branches coupées dans un bois consacré à Strenia ; il autorisa la coutume des présents faits à cette époque, et leur donna le nom de Streniae.

Avant la Révolution de 1789, et dans plusieurs provinces de France, les usages suivis le premier jour de l’an conservaient les traces de la fête du Gui que célébraient les anciens Druides. Les enfants du Vendomois couraient les rues dans ce jour solennel, et demandaient à ceux qu’ils rencontraient le Gui-l’an-neu. Dans la dernière nuit de l’année, le peuple du Maine parcourait également les rues en chantant des chansons dont le refrain était toujours : Donnez-nous le Gui-l’an-neu.

La Fête des Rois ou Epiphanie : ce dernier nom signifie apparition. C’est en effet le jour où le Christ commença de se faire connaître aux gentils, et où les quatre rois appelés Mages dans l’Ecriture vinrent l’adorer.

L’analogie qui existe entre les habitudes de cette fête et celle des Saturnales a fait penser que l’une était la continuation de l’autre. Les Saturnales se célébraient du 15 au 21 décembre.

Dans la Beauce, un souper splendide a lieu la veille des rois ; le président du repas est toujours la personne la plus respectée parmi les convives. Avant d’entamer le gâteau, on fait mettre sur la table un enfant ; c’est le plus jeune garçon de la famille. Quand la part est coupée, le président dit : Fébé (la fève). L’enfant qui s’est levé répond : Domine ; le président reprend : Pour qui ? L’enfant répond : Pour le bon Dieu. Cette part est mise en réserve, et on la donne au pauvre qui vient la demander. Voici quelques fragments des chansons naïves du pauvre qui attend et regarde à travers les fentes de la porte :

Honneur à la compagnie
De cette maison.
A l’entrée de votre table,
Nous vous saluons.
Nous sommes venus d’un pays étrange
Dedans ces lieux ;
C’est pour vous faire la demande
De la part à Dieu.

Il s’interrompt pour crier : La part à Dieu, s’il vous plaît ; et il termine le premier chant. Nous donnons encore ici le premier couplet du seconde chant :

Les Rois ! les Rois ! Dieu vous conserve,
A l’entrée de votre souper.
S’il y a quelque part de galette,
Je vous prie de nous la donner.
Puis nous accorderons nos voix,
Bergers, bergères ;
Puis nous accorderons nos voix
Sur nos hautbois.

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8 janvier 1558 – prise de Calais

prise de Calais aux Anglais par François de Lorraine, duc de Guise.

La ville de Calais était demeurée au pouvoir de l’Angleterre depuis l’année 1347 ; on sait qu’Édouard III l’avait conquise alors sur Philippe de Valois. Huit jours suffirent au duc de Guise pour s’en rendre maître.    un clic sur l’image pour connaître l’Histoire

Prise de Calais par les Français en 1558. Peinture de François-Édouard Picot (1838)

Les brigades du Tigre

Un peu de retard pour ce billet qui aurait du être posté le 30 décembre… Cela dit vous ne m’en voudrez pas quand vous aurez lu ce billet retraçant la naissance des Brigades du Tigre (Georges Clémenceau).

Il y a 110 ans, Clemenceau mettait en place une équipe de fins limiers : les Brigades du Tigre étaient nées. Retour sur ces fameuses unités de police.

Ces brigades depuis plus d’un siècle ont résolu de très nombreuses affaires criminelles depuis la bande à Bonnot en passant par l’affaire Landru, Petiot dit le « docteur Satan » ou encore l’affaire Stavisky. De nos jours, devenues la police judiciaire (PJ), elles continuent de marquer l’histoire contemporaine par leurs enquêtes judiciaires retentissantes : Guy Georges, le gang des postiches, Mesrine, l’affaire Elf…

B comme Brigades mobiles
Les Brigades de police mobile sont créées par le décret du 30 décembre 1907. La police s’enrichit d’une nouvelle force ayant pour « mission exclusive de seconder l’autorité judiciaire dans la recherche et la répression des crimes et des délits de droit commun ». Le Figaro précise : « Il est incroyable de penser que jusqu’à ce qu’existassent les Brigades mobiles, la recherche des malfaiteurs était abandonnée, en province, à l’inspiration bonne ou mauvaise, à la chance, aux maigres possibilités d’action de la police et des magistrats locaux. Aucune liaison, nul moyen de combiner l’action de la police d’une région avec celle de la région voisine. Cette liaison est désormais assurée par les brigades mobiles, troupe nomade dont la fonction est de poursuivre, avec le concours des polices locales, le malfaiteur partout où il se cache, fût-ce à l’étranger. Ces brigades mobiles étaient au nombre de douze ». (Le Figaro du 30 mars 1913). Un nouveau décret l’été 1911 porte le nombre des brigades à quinze.

C comme Célestin Hennion
Son nom reste attaché à l’organisation des brigades mobiles dès son arrivée à la direction de la Sûreté générale en 1907. Il est considéré comme le père de la police moderne. Clemenceau en nommant un fonctionnaire « de la carrière » a rompu la tradition qui faisait placer à l’époque à ce poste, un préfet. Cette nomination est le point de départ de toute une réorganisation de la police et surtout d’une modernisation. Hennion allège les services administratifs et forme des services opérationnels répartis en « bureaux ». Devant une insécurité grandissante en France, Clemenceau est décidé à utiliser les grands moyens pour combattre le crime.

Célestin Hennion

D comme délinquance
En ce début du XXe siècle, des bandes sèment le trouble à grande échelle sur tout l’Hexagone. Les Apaches font frissonner Paris : leurs exploits sont à la Une de tous les journaux. La bande d’Abel Pollet multiplie crimes et meurtres en ville et à la campagne, les « Chauffeurs de la Drôme » attaquent les personnes âgées ou encore « la Caravane à pépère » des malfrats qui écument la campagne de la Touraine et de la Charente en perpétrant vols et escroqueries. Dans les premiers jours de juin 1907, une première opération de coopération entre gendarmes et policiers est orchestrée : la bande de soixante romanichels (la fameuse « Caravane à pépère ») est arrêtée à La Tremblade. « Cette capture fit grand bruit. Pour leur coup d’essai, qui était d’ailleurs un coup de maître, les policiers parisiens avaient su débarrasser nos villes et nos campagnes de dangereux malfaiteurs dont les exploits rappelaient à s’y méprendre ceux de Cartouche et de Mandrin. On exagérait », nous rapporte Le Figaro du 9 août 1907.

P comme Progrès technique
Les brigades mobiles bénéficient de moyen d’action de plus en plus modernes. L’enquête judiciaire évolue et se tourne vers la police scientifique. Ainsi les brigades généralisent l’emploi des fiches anthropomorphiques avec les empreintes digitales des travaux de Alphonse Bertillon. « Dans toutes les branches du service de la Sûreté générale, l’outillage a été amélioré et complété. Les commissariats d’une certaine importance et tous les commissariats spéciaux des frontières ont aujourd’hui le téléphone. Des ateliers de photographie système Bertillon ont été installées à la Sûreté, aux sièges des brigades mobiles et dans tous les commissariats où cela était nécessaire » (Le Figaro du 30 mars 1913).

S comme Statistiques
Rapidement les brigades mobiles obtiennent des résultats et commencent à rassurer la population. Les autorités et la presse s’en félicitent. Ainsi dans son édition du 28 octobre 1909, Le Figaro révèle quelques chiffres du rapport du député Arago sur le budget intérieur et plus particulièrement sur le fonctionnement des brigades mobiles : « Les brigades de police mobiles, dit en substance le rapporteur, sont placées sous la direction d’un commissaire principal, chargé du contrôle général du service, des recherches. […] Depuis sa création, ce contrôle a constitué 70.000 dossiers et ses archives s’enrichissent tous les jours de documents précieux. Le service photographique créé dans ce service est également une des innovations les plus heureuses de la nouvelle organisation et sa production moyenne, atteint actuellement plus de 3.000 épreuves par mois.

« Du 18 mars 1908 au 31 juillet 1909, c’est-à-dire en moins d’un an et demi, le nombre des arrestations opérées par les brigades, maintenues, suivis de condamnations ou encours d’information s’est élevé à 4.272, parmi lesquelles 83 pour assassinats ou tentatives et 1.528 pour vols. Pendant la même période, les agents des brigades ont mensuré et photographie 7.790 nomades. » Il n’oublie pas de signaler que tous ces résultats ne sont pas ignorés au-delà de nos frontières.

T comme Tigre
Les brigades sont passées à la postérité sous le nom de « Brigades du Tigre » en souvenir du surnom donné à Georges Clemenceau. C’est lui, en tant que président du Conseil et ministre de l’Intérieur, qui a mis en place ces troupes d’élite, sur les conseils de Célestin Hennion. Le logo actuel de la Direction de la police judiciaire représente un tigre noir sur fond blanc ; et à droite de l’animal, on distingue le profil du visage de Georges Clemenceau.

Le 25 mars 1912, le trio constitué de Bonnot, Garnier et Callemin, accompagnés de Monnier, Valet et Soudy, se prépare à voler une limousine De Dion-Bouton. Illustration parue dans le Supplément illustré du Petit Journal du 7 avril 1912

V comme Voiture
Eh oui ! ce sont des « policiers en auto » : une par brigade à partir de 1912. Voici ce qu’écrit Le Journal amusant au début de l’automne 1911 : « Depuis quelques jours, le service de la Sûreté générale possède quatre voitures automobiles. Ces véhicules, dont l’acquisition avait été jugée nécessaire lors de la réorganisation des brigades mobiles, sont du type landaulet et double phaéton. Elles sortent de la maison Dion-Bouton. Elles sont extrêmement rapides, ce qui n’enlève rien à leur confortable. La commission de réception, […] vient de se réunir à l’effet de procéder à l’examen et à la réception de deux voitures : un landaulet et un double phaéton.

« Ces voitures ont effectué leurs essais de vitesse et de résistance. Parties à 7 heures du matin de la cour d’honneur du ministère de l’Intérieur, elles se sont rendues à Rouen. Elles étaient de retour à la place Beauvau, l’après-midi, à 4 heures un quart. À l’aller comme au retour, les deux autos se sont très vaillamment comportées, réalisant une vitesse moyenne de près de soixante à l’heure. L’une de ces voitures va être affectée à la direction de la Sûreté générale. Les trois autres seront mises à la disposition des brigades mobiles les plus chargées en affaires. Les chauffeurs chargés de piloter ces voitures ne sont pas, comme on pourrait le croire, des conducteurs d’autos ordinaires. Ce sont de véritables fonctionnaires. Ils sont assimilés aux inspecteurs de police mobile et assujettis aux mêmes obligations que ces derniers ».

Certains d’entre nous se souviennent certainement de la série culte créée dans les années 70 par Jean-Claude Desailly avec le trio de policiers de choc Valentin, Pujol, et Terrasson.

La série policière historique télévisée Les Brigades du Tigre fut diffusée en France entre 1974 et 1983

Une série de grande qualité, rien à voir avec les séries soap policières actuelles, que j’appréciais avec des comédiens grande classe qui nous ont quitté dans le plus grand anonymat Pierre Maguelon  et Jean Claude Bouillon le 31 juillet dernier  ;  ,Jean Paul Tribout dernier tigron et actuel directeur du festival de Sarlat, est bien seul désormais.

Jean Claude Bouillon discret était aussi professeur de théâtre…

Juste un mot encore : j’aime Rex sur F3 mais un peu des brigades du Tigre nous ferait bien plaisir…

 

La bûche de Noël

Un peu en retard certes mais pour la déguster il n’est jamais trop tard…

La bûche de Noël réunissait autrefois tous les habitants de la maison, tous les hôtes du logis, parents et domestiques, autour du foyer familial. La bénédiction de la bûche avec les cérémonies traditionnelles dont elle se parait n’était que la bénédiction du feu, au moment où les rigueurs de la saison le rendent plus utile que jamais.

Cet usage existait surtout dans les pays du Nord. C’était la fête du feu, le Licht des anciens Germains, le Yule Log, le feu d’Yule des forêts druidiques, auquel les premiers chrétiens ont substitué cette fête de sainte Luce dont le nom, inscrit le 13 décembre au calendrier et venant du latin lux, lucis, rappelle encore la lumière.

Il est tout naturel qu’on mette en honneur, au 25 décembre, au cœur de l’hiver, le morceau de bois sec et résineux qui promet de chauds rayonnements aux membres raidis sous la bise. Mais, souvent, cette coutume était un impôt en nature, payé au seigneur par son vassal. A la Noël, on apportait du bois ; à Pâques, des œufs ou des agneaux ; à l’Assomption, du blé ; à la Toussaint, du vin ou de l’huile.

Tradition de la grande bûche de Noël. Dessin de Léon Lhermitte paru dans Le Monde illustré du 1er janvier 1884
Tradition de la grande bûche de Noël. Dessin de Léon Lhermitte
paru dans Le Monde illustré du 1er janvier 1884

Il arrivait aussi, quelquefois, que les pauvres gens ne pouvant se procurer des bûches convenables pour la veillée de Noël, se les faisaient donner. « Beaucoup de religieux et de paysans, dit Léopold Bellisle, recevaient pour leurs feux des fêtes de Noël un arbre ou une grosse bûche nommée tréfouet ». Le tréfeule tréfouet que l’on retrouve sous le même nom en Normandie, en Lorraine, en Bourgogne, en Berry, etc., c’est, nous apprend le commentaire du Dictionnaire de Jean de Garlande, la grosse bûche qui devait, suivant la tradition, durer pendant les trois jours de fêtes. De là, du reste, son nom : tréfeu, en latin tres foci, trois feux.

Partout, même dans les plus humbles chaumières, on veillait autour de larges foyers où flambait la souche de hêtre ou de chêne, avec ses bosses et ses creux, avec ses lierres et ses mousses. La porte restait grande ouverte aux pauvres gens qui venaient demander un gîte pour la nuit. On leur versait en abondance le vin, la bière ou le cidre, suivant les contrées, et une place leur était accordée à la table de famille. On attendait ainsi la Messe de minuit.

Qu’on se représente les immenses cheminées d’autrefois : sous leur manteau pouvait s’abriter une famille tout entière, parents, enfants, serviteurs, sans compter les chiens fidèles et les chats frileux. Une bonne vieille grand-mère contait des histoires qu’elle interrompait seulement pour frapper la bûche avec sa pelle à feu et en faire jaillir le plus possible d’étincelles, en disant : « Bonne année, bonnes récoltes, autant de gerbes et de gerbillons ».

La bûche de Noël était un usage très répandu dans presque toutes les provinces de notre vieille France. Voici, d’après Cornandet, le cérémonial que l’on suivait dans la plupart des familles : « Dès que la dernière heure du jour s’était fondue dans l’ombre de la nuit, tous les chrétiens avaient grand soin d’éteindre leurs foyers, puis allaient en foule allumer des brandons à la lampe qui brûlait dans l’église, en l’honneur de Jésus. Un prêtre bénissait les brandons que l’on allait promener dans les champs. Ces brandons portaient le seul feu qui régnait dans le village. C’était le feu bénit et régénéré qui devait jeter de jeunes étincelles sur l’âtre ranimé.

« Cependant, le père de famille, accompagné de ses enfants et de ses serviteurs, allait à l’endroit du logis où, l’année précédente, ils avaient mis en réserve les restes de la bûche. Ils apportaient solennellement ces tisons ; l’aïeul les déposait dans le foyer et tout le monde se mettant à genoux, récitait le Pater, tandis que deux forts valets de ferme ou deux garçons apportaient la bûche nouvelle.

« Cette bûche était toujours la plus grosse qu’on pût trouver ; c’était la plus grosse partie du tronc de l’arbre, ou même la souche, on appelait cela la coque de Noël [le gâteau allongé en forme de bûche que l’on donnait aux enfants le jour de Noël portait encore au début du XXe siècle dans certaines provinces le nom de coquille ou petite bûche, en patois, le cogneu].

« On mettait le feu à cette coque et les petits enfants allaient prier dans un coin de la chambre, la face tournée contre le mur, afin, leur disait-on, que la souche leur fît des présents ; et tandis qu’ils priaient l’Enfant-Jésus de leur accorder la sagesse, on mettait au bout de la bûche des fruits confits, des noix et des bonbons. A onze heures, tous les jeux, tous les plaisirs cessaient. Dès les premiers tintements de la cloche, on se mettait en devoir d’aller à la messe, on s’y rendait en longues files avec des torches à la main. Avant et après la messe, tous les assistants chantaient des Noëls, et on revenait au logis se chauffer à la bûche et faire le réveillon dans un joyeux repas. »

Le grand krak boursier

début de la Grande dépression économique

En 1929, l’Amérique vivait dans une prospérité qui semblait extraordinaire. Selon l’Association Nationale des tailleurs, un Américain moyen devait posséder au moins vingt costumes, douze chapeaux, huit pardessus et vingt-quatre paires de chaussures. Le Président de la General Motors déclarait même devant la presse : « Chacun devrait être riche… car la fortune est à la portée de tous : 15 dollars investis chaque mois à la Bourse peuvent rapporter en 20 ans 80 000 dollars ». Et, en effet, tous les Américains s’étaient mis à spéculer et à boursicoter.

La crise financière qui éclata soudainement ce 24 octobre fut due à la spéculation, les cours de la Bourse ayant grimpé si haut que les valeurs n’avaient plus aucun rapport avec le capital réel des industries qu’elles représentaient. Aussi, lorsque l’inquiétude apparut sur la valeur réelle de ces trop innombrables actions, les épargnants se mirent-ils à vendre. Ils le firent tous en même temps, et ce fut une véritable panique qui s’abattit ce matin-là à Wall-Street.

La crise et l’affolement durèrent plusieurs jours, les agents de change hurlaient, s’injuriaient, finissaient par tomber évanouis de fatigue, mais seul le président Hoover conservait son calme et se contenait pour rassurer tout le monde. Il refusa même d’organiser le secours aux chômeurs, pensant que la situation se rétablirait d’elle-même.

Ses prévisions s’avérèrent fausses. Deux mois après le krach boursier, quatre millions de travailleurs se trouvaient sans emploi. « New York montre un visage misérable, écrit Dominique Lapierre, les cinémas, les théâtres, les hôtels sont vides. Les bureaux de placement, les centres d’hébergement, l’Armée du Salut regorgent de monde, les soupes populaires n’offrent plus qu’un bol de café et un morceau de pain par jour. La nuit, les jardins publics de New York, de Chicago, servent d’asiles à des femmes, à des enfants. Chaque matin, on ramasse de nouveaux cadavres.

Aux abords de toutes les villes américaines, de nouvelles cités-taudis, construites avec des débris de voitures, de tramways désaffectés, de caisses à savon, de bidons d’essence, prennent chaque jour de l’extension. On les a baptisées Hoover-Villes, en haine du président Hoover considéré comme responsable de la misère. Pour la première fois dans l’Histoire des Etats-Unis, on fait queue devant les boulangeries. ».

Pendant trois ans, la situation demeura dramatique. C’est pendant cette époque qu’un journal s’amusa à définir ainsi la ferme américaine : « Etendue de terre arable, entourée de créanciers de tous côtés et couverte d’hypothèques, sur laquelle une famille de sept personnes essaie en vain de subvenir aux besoins d’une voiture d’occasion dont le réservoir est vide… »

Paul Cézanne

22 octobre 1906 : mort du peintre Paul Cézanne.

De son vivant, Cézanne ne fut pas seulement ignoré de la foule, méprisé par les « philistins » ou les « pompiers » ; la critique ne distingua pas pendant plus d’un tiers de siècle le sens véritable des efforts du peintre. Ses compagnons de lutte furent tout aussi déconcertés, voyant en lui un chercheur chimérique, un essayiste tâtonnant.

Paul Cézanne naquit à Aix le 19 janvier 1839, et mourut dans cette même ville le 22 octobre 1906. Son père était un riche banquier. Au collège d’Aix, où il entra dans sa treizième année, il eut pour condisciple, plus jeune que lui de deux ans, Zola. Les deux enfants se lièrent d’une amitié que les deux hommes longtemps cultivèrent. On sait ce qui les brouilla : le peintre fit le portrait de l’écrivain et celui-ci ne se trouva pas flatté.

De très bonne heure Cézanne montra du goût pour la peinture ; mais la musique et la poésie l’attiraient également. Il est parmi les très rares artistes qu’une complète culture ait mis à même de choisir leur activité. Toute sa vie, du reste, il demeura fidèle à ses premières admirations littéraires, et ce peintre si libre, ce novateur, entre tous les poètes préféra toujours les plus sereinement classiques ; son livre de chevet était, dit-on, l’œuvre de Virgile, qu’il lisait dans le texte.

Quant aux « mouvements » qui passionnaient les contemporains romantiques et naturalistes de sa jeunesse et de son âge mûr et les mettaient en demeure d’y prendre parti, on peut croire qu’il leur resta profondément étranger. En Zola même, il accepta un camarade, un défenseur, sans prêter à l’évangile de Médan une importance exagérée. Dans les lettres comme dans les arts, le conseil des maîtres anciens lui suffisait ; la vie présente se bornait pour lui aux joies que donnaient à ses yeux de peintre les jeux colorés de la lumière.

Comment il parvint à la conscience de ces joies, comment dans leur diversité infinie il choisit sa part : c’est toute l’histoire de Paul Cézanne. Il est donc assez peu précieux de noter les deux années qu’il perdit à la faculté de droit d’Aix et son court passage dans la banque de son père. Sa vie d’artiste commence en 1862, à l’académie Suisse du quai des Orfèvres, où il rencontre Pissarro et Guillaumin.

Dès ces débuts il manifeste sa prédilection innée pour la vie régulière, pour les sanctions normales, en se présentant au concours d’admission à l’École des Beaux- Arts et en faisant au Salon officiel un consciencieux envoi. Mais au concours il fut refusé et le jury du Salon l’écarta. Ainsi tout de suite s’affirmait, invincible, fatale, la sincérité de l’artiste. Ce n’était pas pour son plaisir, c’était involontairement qu’il suscitait les indignations, les colères, qu’il se faisait rappeler à l’ordre. L’ordre ! personne n’en eut plus que lui le culte et le scrupule et ce fut l’originalité, mais aussi la tristesse de sa vie de ne pouvoir obtenir, homme par excellence rangé, l’approbation d’esprits qui partageaient en tout ses convictions, sauf en art. Et à coup sûr c’est lui qui représentait contre eux — en art — l’ordre vrai, le seul.

Rejeté par l’officiel et révolutionnaire malgré lui, Cézanne ne tarda pas à faire nombre avec d’autres révoltés, les Impressionnistes, qui guerroyaient, eux, sans regret contre l’École. Il fut de leur première exposition — en 1874, chez Nadar — avec Renoir et Claude Monet, avec Pissarro et Guillaumin. Mais cette date et cette manifestation n’avaient point pour lui la même importance que pour ses compagnons de bataille. Elles marquaient simplement dans l’évolution de son talent une période, la quatrième, à bien compter, et qui ne devait pas être définitive.

La Maison du pendu, Auvers-sur-Oise (1873). Peinture de Paul Cézanne

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Si j’étais… octobre – personnage célèbre

Isadora Duncan danseuse américaine du début du siècle, est née à San Francisco le 26 mai 1877, et de son véritable nom Dora Angela Duncan, d’origine à la fois irlandaise et écossaise, par respectivement sa mère et son père. Sa vie est celle d’une héroïne antique et rebelle, dans la prolongation de son art, auquel elle insuffle un modernisme inédit pour l’époque en imposant une autre expression chorégraphique, la “danse libre”.

S’inspirant des statues grecques, auxquelles elle emprunte les tuniques diaphanes et plissées, et dansant pieds nus, cheveux dénoués, elle libère la danse des carcans du classicisme, dans le fond et la forme, par son interprétation tout d’abord, laissant s’exprimer dans l’improvisation le rythme intérieur du corps, et ensuite par son rejet du costume traditionnel, chaussons et tutu enserrant le corps, pour se parer de ces voiles aériens qui font partie de sa légende.

Ces voiles autour de son corps évoquant la Vénus de Milo, ceux planant sur les drames qui jalonnent sa vie familiale et amoureuse, jusqu’à ce voile en soie rouge qui provoque sa fin tragique, en venant se prendre dans une des roues de sa décapotable et l’étranglant, sur une route de Nice le 14 septembre 1927.

Elle commence très tôt à danser, à l’âge de dix ans, puis décide de venir tenter sa chance à Paris, en 1900, pensant y trouver plus de liberté pour exprimer la vision de son art. Ses succès et ses rencontres, avec Anna Pavlova, Michael Fokine et surtout Serge Diaghilev la conduisent à créer une école de “danse libre” près de Berlin en 1904, où elle vit là-bas une passion avec un acteur, Edward Gordon Craig, qui lui donne une fille deux ans plus tard.

 Puis elle poursuit son ascension, ouvre plusieurs écoles de danse, notamment à Darmstadt en 1911, ainsi qu’à Neuilly-sur-Seine et s’entoure à la même époque d’une troupe de danseuses baptisées les “Isadorables”. Elle se lie aussi avec l’Américain Paul Singer, héritier des fameuses machines à coudre, qui lui offre un deuxième enfant, en 1910, mais la quittera ensuite, lassé de ses infidélités.

Sa vie est marquée en 1913 par la mort brutale et mystérieuse de ses enfants, partis en promenade près de la Seine et dont la voiture, privée de freins à la suite d’un arrêt sur une berge, sombre dans la rivière où ils se noient.

S’ensuit une vie d’errances amoureuses, aussi bien dans les bras d’hommes que de femmes, et de poursuite de ses cours, spectacles, où on la retrouve à New York, puis à Moscou où elle rencontre en 1922 le poète russe, Sergueï Essenine, de vingt ans son cadet, qu’elle aide à fuir son pays natal et avec qui elle vit une passion tumultueuse, leur liaison se terminant par le suicide étrange du poète, en 1925. Elle repart donc à nouveau pour la France où son amie Mary Desty, qui la soutient dans une chute au fond d’enfers alcoolisés, lui offre le fameux voile qui causera sa fin.

Isadora Duncan était une femme en avance sur son temps, éprise à la fois de beauté et de liberté et qui refusait totalement tout enfermement, que ce soit dans son art ou dans sa vie personnelle, une femme qui a su imposer une nouvelle expression chorégraphique en s’affranchissant des contraintes de la danse classique tout en en gardant les bases, une femme dont le mystère, le goût de la provocation et le modernisme en ont fait à jamais une légende.

Isadora, dans toute sa splendeur

Calendrier républicain

Par décret, la Convention adopte ce calendrier, avec le tableau annexé en reproduisant la nomenclature, la dénomination et les dispositions sous le titre de « Annuaire républicain », l’usage en étant instauré le 24 novembre suivant

On avait eu bien du mal, rien que pour se mettre d’accord sur le point de départ de l’ère nouvelle : l’Assemblée Constituante avait hésité entre le 5 mai, date de t’ouverture des États-Généraux, le 5 juin, jour où le Tiers-État s’était déclaré Assemblée nationale, et le 20 juin, jour de la fameuse séance du Jeu de Paume ; c’est le 14 juillet, jour de la prise de la Bastille, qu’elle finit par adopter comme le commencement de « l’ère de la liberté », dont le 14 juillet 1790 commença la seconde année.

Lorsque la Constituante eut pris fin en 1791 et que la Législative l’eut remplacée, celle-ci déclara que l’année 1789 devait être admise tout entière à l’honneur d’avoir donné naissance à la liberté, et, en conséquence, reporta au 1er janvier 1789 le commencement de « l’ère de la liberté » ; l’année 1792 devint ainsi l’an IV de la liberté ; mais après le 10 août 1792, elle considéra que le règne de l’égalité étant commencé, il n’était pas juste que la liberté figurât seule dans la désignation de l’année, et, en conséquence, l’année 1792, qui était déjà l’an IV da la liberté, dut s’appeler en même temps l’an 1 de l’égalité.

Allégorie pour germinal. Gravure de Salvatore Tresca (1750-1815) d'après un dessin de Louis Lafitte (1770-1828)

Allégorie pour germinal. Gravure de Salvatore Tresca (1750-1815)
d’après un dessin de Louis Lafitte (1770-1828)

La République ayant été proclamée en septembre 1792, la Convention estima que ce mot résumait à lui seul la liberté et l’égalité, et décida que l’année 1792 s’appellerait désormais simplement l’an premier de la République française depuis le 1er janvier, lui faisant le même honneur que la Législative avait déjà fait à 1789, et que le 1er janvier 1793 serait le commencement de la seconde année de la République.

Mais cette seconde année n’était pas écoulée quand, le 5 octobre 1793, la Convention changea encore d’avis et décréta que le point de départ de l’ère et de l’année françaises serait, non plus le 1er janvier de l’année 1792, où la République avait été proclamée, mais le jour de cette année où elle l’avait été, c’est-à-dire le 22 septembre, par cette considération que c’était justement le jour de l’équinoxe d’automne, « que l’égalité des jours et des nuits était marquée dans le ciel, au moment même où l’égalité civile et politique était proclamée par les représentants du peuple, que le soleil avait éclairé à la fois, les deux pôles le jour même où, pour la première fois, avait brillé sur la nation française le flambeau de la liberté, et passé d’un hémisphère à l’autre, le jour où le peuple avait passé du gouvernement monarchique au gouvernement républicain. »

C’étaient assurément de bien bonnes raisons de tout bouleverser une fois de plus, alors que tout le monde y perdait déjà son latin, et de rendre inextricable la supputation des dates en fixant le commencement de l’année au 22 septembre pour la France, quand toutes les nations voisines le comptaient du 1er janvier, et en changeant non seulement le commencement des mois, mais leur nom, celui des jours, et jusqu’à la période ordinaire qui constitue la semaine et que la décade venait remplacer, sans parler des jours Sans-Culottides qu’il fallait ajouter, après l’expiration des douze mois, fixés de trente jours chacun, pour terminer l’année.

Allégorie pour nivôse. Gravure de Salvatore Tresca (1750-1815) d'après un dessin de Louis Lafitte (1770-1828)

Allégorie pour nivôse. Gravure de Salvatore Tresca (1750-1815)
d’après un dessin de Louis Lafitte (1770-1828)

Mais la Convention ne s’embarrassait guère de tout cela, et le 24 octobre 1793 elle adopta le nouveau calendrier, où les noms prescrits des saints étaient remplacés par des noms d’instruments de travail, d’animaux, de plantes, de fleurs ou de fruits, saint Jean par romarin, saint Pierre par coriandre, saint Louis par pastèque et saint Sylvestre par granit. Toutes ces modifications aboutirent à la publication d’un nouveau décret, le 24 novembre 1793, faisant rétroactivement du 22 septembre 1792 le premier jour de l’an I de la République et de l’ « ère des Français ».

Le rapporteur du décret relatif au calendrier était Romme, député du Puy-de-Dôme ; il jouit de son œuvre pendant dix-huit mois seulement, car il se poignarda le 29 prairial an III de la République (17 juin 1795), au moment où il venait d’être condamné à mort et où on allait le conduire à l’échafaud avec ses collègues Goujon, Duquesnoy, Duroy, Bourbotte et Soubrany, montagnards comme lui, et comme lui auteurs ou complices de l’émeute du 1er prairial.

Quant à son calendrier, tout républicain qu’il fut, il survécut à la République, mais pas pour longtemps ; dans la seconde année de l’Empire, un décret fixa le terme de son existence, et, le 31 décembre 1805, il expira.