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Cela ne date pas d’hier

Réforme de la langue française
ou le singulier projet d’un
professeur d’humanités en 1923

En 1923, dans le cadre de sa chronique Caquets de chez Bravinparaissant dans les Annales politiques et littéraires, le chansonnierJean Bastia (1878-1940) se fait l’écho d’un singulier projet : celui d’un certain Alisson, professeur libre d’humanités aspirant à « simplifier » la langue française à laquelle trop de circonvolutions portent selon lui préjudice…

On sait qu’une querelle divise les professeurs et que la réforme de l’enseignement secondaire donne lieu à de nombreuses controverses, explique Jean Bastia. Grammatici certant, disait déjà Horace. Des parlementaires, quoique de même nom, ne sont pas de même avis : ce sont les deux Bérard. L’un dit oui, l’autre dit non. Le ministre prétend qu’il a raison parce que Lhomond dit : Ego nominor leo, et le simple sénateur riposte : Victor sum.

Sans vouloir entrer dans le vif de la discussion et pour ne parler que de la simple langue française qui est encore vivante et peut être modifiée, je n’ai pas été mis sans intérêt au courant du projet d’un certain M. Alisson, professeur libre d’humanités, qui, par le moyen d’un redoublement de certaines consonnes ou voyelles, arrive à donner aux mots plus de force, à créer des valeurs, sans le secours d’épithètes ni d’adverbes qui, on le sait, alourdissent le style.

M. Alisson m’a exposé sa méthode :

« Il existe dans toutes les langues deux mots d’usage courant : oui et non. Il n’y a, en français, qu’une façon de les écrire, celle que nous savons : trois lettres pour chaque mot. Et, cependant, il y a plusieurs « oui » comme plusieurs « non » : le « oui » timide, le « oui » assuré, le « oui » énergique, le « oui » sans réplique. Il faudrait que, pour qu’il n’y ait plus de méprise, l’orthographe de chacun de ces « oui » variât. Par exemple, « oui » tout simple, en trois lettres, signifierait le « oui » dont on peut dire qu’il est « ni oui ni non ». Mais, pour affirmer son opinion positive, je voudrais qu’on doublât, triplât, quadruplât l’o initial.

 » Ooui ! signifierait : — Je vous dis bien oui.
» Oooui ! voudrait dire : — C’est oui et je n’en démordrai pas.
» Ooooui ! aurait ce sens : — N’insistez pas, c’est sans réplique. »

M. Alisson continua :

« Alors, quelle clarté dans notre langue ! et quelle rapidité d’expression ! Plus de mots inutiles, de circonlocutions oiseuses, de phrases entières pour rendre sa pensée ; quelques lettres de plus suffiraient. »

Il dit :

« Un événement vient de se produire… — Où ? demandai-je. — Non ! fit-il, c’est une phrase que je crée pour servir d’exemple à ma méthode… Un événement vient de se produire soudain en Afrique centrale… Cela est, dit-il, ma phrase exemple.

« Si c’est un grand événement, j’orthographie événnement, par redoublement de l’n. S’il s’agit d’un événement extraordinaire, je triple cette consonne et j’écris événnnement. Trois n remplacent ici tous les adjectifs ampliatifs tels que colossal, étonnant, extravagant, fabuleux, indescriptible, inouï, etc., ou la locution sans précédent, ou tout un membre de phrase tel que comme on n’en vit jamais.

« Avec ma méthode, la pensée s’exprime plus rapidement, le discours gagne en concision, même en clarté. Si, poursuivit le grammairien libre, vous voulez indiquer que le caractère de soudaineté dudit événnnement fut tout à fait exceptionnel, que dis-je exceptionnel !… excepttionnel (avec deux t)…. vous n’avez de même qu’à redoubler la consonne la plus caractéristique dans l’adverbe soudain (c’est le d), ce oui vous fait écrire souddain. »

— J’ai compris ! déclarai-je à mon humaniste. Laissez-moi finir moi-même votre phrase.

Et, prenant une feuille de papier, j’écrivis : « Un ÉVÉNNNEMENT vient de se produire SOUDDAIN en AFFRIQUE… »

Il m’interrompit : « — Pourquoi mettez-vous deux f à Afrique ? — Pour bien affirmer que c’est là et peu ailleurs, répliquai-je. — Très bien ! dit-il. »

Je continuai d’écrire : « … en AFFRIQUE CENTTTRALE. » Il exultait : « Ça y est !… Vous avez compris. Centttrale avec trois t. C’est admirable ! Ça équivaut à dire : Et pas seulement au hasard dans tout l’immense territoire que les géographes appellent le centre de l’ Afrique, mais vraiment au centre, au centttre avec trois t…, soit à l’équateur, en plein Congo, vers la source de la rivière Maringa. Plus besoin d’indiquer les degrés de latitude et de longitude. Un simple redoublement de consonnes tient lieu de précisions géographiques. »

Il poursuivit :

« Prenons, par exemple, la phrase : Redoute ma colère !… Si vous redoublez le d de redoute et que vous écriviez : Reddoute ma colère !…, cela signifie que votre colère est vraiment redoutable, qu’il faut s’en méfier, que vous ne vous connaissez plus quand vous êtes dans cet état-là. » Si, au contraire, c’est l’l de colère que vous redoublez, et que vous écriviez : Redoute ma collère !…, le sens change et vous indiquez par ce redoublement de l’l que vous êtes vraiment furieux, que ce n’est pas une colère feinte.

« — Et si l’on redouble le d ici et l’l là ? interrogeai-je.

« — Alors, conclut mon homme. l’individu menacé n’a plus qu’à mettre du champ entre lui et son interlocuteur. »

Le professeur m’a donné plusieurs devoirs à faire, conclut Jean Bastia :

« Expliquez par des périphrases les redoublements suivants :

« Quelle DOULLEUR est la mienne ! Je suis HEURREUX de vous voir. J’ai FFAIM et SSOIF. C’est un SCANDDDALE ! »

J’en ai, de moi-même, ajouté un : « Cette façon d’écrire le français est STSTUPPIDDE. ».

source : la France Pittoresque 

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Ça s’est passé un 5 novembre

Le cinq tu sauras, quel mois tu auras.

Fêtons les Sylvie qui sont au calendrier et aussi  Bertille, Elisabeth mais n’oublions pas d’embrasser les Fibicius, Aldric et Gaussaud si nous en trouvons…

5 novembre 1880 : expulsion des congrégations religieuses sur ordre de Jules Ferry

S’étant multipliées sous le Second Empire et éduquant une partie de la jeunesse aristocratique et bourgeoise, les congrégations religieuses avaient acquis par là même une influence que les républicains jugeaient dangereuse : sur proposition de Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique, des décrets furent adoptés, imposant à ces congrégations une demande d’autorisation d’exister sous peine de dissolution.
Le 16 mars 1879, Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique, présentait au Parlement une loi relative à la liberté de l’enseignement supérieur. Cette loi contenait un article, l’article 7, ainsi conçu : « Nul n’est admis à participer à l’enseignement public ou libre, ni à diriger un établissement de quelque ordre que ce soit, s’il appartient à une congrégation religieuse non autorisé. » voir la suite

Jules Ferry. Portrait du temps réalisé par Paul Sarrut

N’oublions pas les valeurs de notre République laïque :  l’INSTRUCTION est gratuite et relève de l’Etat. L’EDUCATION  des enfants relève  des parents.  

 

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Le sacre de Philippe Auguste

1er novembre 1179 : sacre de Philippe Auguste

 

Initialement fixée le jour de l’Assomption 1179, la cérémonie du sacre fut reportée à la Toussaint suivante, en raison d’une mésaventure survenue au jeune Philippe dans la forêt de Compiègne, qui lui valut quelques frayeurs…

Dans sa Vie de Philippe Auguste, Rigord, le moine de Saint-Denis, médecin et historien qui le premier donna au roi de France Philippe II le surnom d’Auguste, écrit :

« L’an 1179 de l’Incarnation du Seigneur, Louis [le roi Louis VII alors régnant, qui mourra le 18 septembre 1180], roi très chrétien des Français, déjà presque septuagénaire, réfléchissant à la courte durée de la vie humaine, et sentant sa santé affaiblie par les atteintes d’une paralysie, convoqua à Paris une assemblée générale des archevêques, évêques, abbés et barons de tout le royaume des Français, dans le palais du vénérable Maurice, évêque de Paris.

« Quand tous y furent réunis, Louis entra d’abord dans une chapelle (car il ne commençait jamais rien sans s’y être ainsi préparé) ; et là, après avoir fait sa prière au Seigneur, il fit appeler tour à tour les archevêques , les évoques, les abbés et tous les grands du royaume pour leur communiquer son projet. Il leur déclara qu’il voulait, sauf leur avis et leur volonté, faire élever au trône des Français, son fils bien-aimé, Philippe Dieudonné, et qu’il désirait que celte cérémonie eût lieu au premier jour de l’Assomption de la bienheureuse vierge Marie. Les prélats et les grands n’eurent pas plutôt entendu la volonté du roi, qu’ils s’écrièrent d’une voix unanime : Soit, soit ! et l’assemblée fut ainsi close. »

Enluminure extraite des Grandes Chroniques de France, par Jean Fouquet (vers 1460)
Enluminure extraite des Grandes Chroniques de France, par Jean Fouquet (vers 1460)

Le sacre du jeune Philippe n’eut cependant pas lieu à l’époque fixée, une aventure assez singulière le faisant différer de quelques mois.   La suite ici 

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Ça s’est passé un 22 octobre

À la saint Vallier, faut qu’il y ait du bois au bûcher. et la charrue au poirier.

Embrassons les Vallier mais surtout les Salomé  et les Elodie

Les Salomé possèdent une énergie capable de soulever des montagnes. Rien ni personne ne peut les convaincre de rebrousser chemin et elles trouvent la solution à force de patience. Ce dynamisme ne les rend pas toujours sympathiques mais elles s’en moquent car elles ne souhaitent pas être entourées de trop de gens. Extrêmement sensuelles, elles sont peu enclines à la fidélité mais ceux qui les aiment vraiment leur pardonnent ces escapades.

et aussi les Cordule, Donat et Modéran.

22 octobre 1906 : mort du peintre Paul Cézanne

De son vivant, Cézanne ne fut pas seulement ignoré de la foule, méprisé par les « philistins » ou les « pompiers » ; la critique ne distingua pas pendant plus d’un tiers de siècle le sens véritable des efforts du peintre. Ses compagnons de lutte furent tout aussi déconcertés, voyant en lui un chercheur chimérique, un essayiste tâtonnant. […]

 

Les Grandes Baigneuses. Peinture de Paul Cézanne (1894-1905)
Les Grandes Baigneuses. Peinture de Paul Cézanne (1894-1905)

 

 

 

 

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Ça s’est passé un 19 octobre

À la saint René, couvre ton nez.

embrassons tous les René du latin « renaître »

Les René sont des hommes très dynamiques qui se dissimulent sous une apparence de calme. Ils font souvent en sorte d’ignorer les difficultés. Travailleurs, ils aiment plancher sur des questions épineuses pour le plaisir de creuser un problème délicat. En amour, ils sont très pudiques et préfèrent garder leurs sentiments pour eux.

les Ptolémée, les Vrain, Issac et les Laure prénom de ma fille aînée

19 octobre 1839 : mort de François Richard, dit Richard-Lenoir,

Au lendemain de Thermidor, il rencontre celui qui devint son associé : Joseph Lenoir. Les deux noms se trouvèrent si étroitement liés que l’on dit toujours Richard-Lenoir, même en ne parlant que de Richard.

François Richard dit Richard-Lenoir

D’origine modeste, Richard-Lenoir passa pour l’homme le plus riche du XIXe siècle et la façon dont il acquit son immense fortune est assez extraordinaire. A Epinay-sur-Odon, son père était un tout petit cultivateur, et le futur millionnaire reçut une instruction des plus primaires. Il commença par travailler chez un maréchal-ferrant à Villers-Bocage.

Il se rendit ensuite à Paris où il devint garçon de café. Avec ses économies et en faisant un peu de spéculation, il se lança dans le commerce du tissu anglais, le basin, une étoffe croisée fil et coton, une marchandise de luxe, quoique introduite en contrebande, et qui faisait fureur.

Sous le Directoire, l’Angleterre se trouvait toujours à la mode, on jouait aux courses de chevaux, on buvait du punch et il était de bon ton pour les Incroyables de porter un gilet de basin anglais. Richard-Lenoir découvrit bientôt le secret de fabrication du basin, si bien qu’il put le fabriquer lui-même au lieu de l’importer. Cependant, en homme avisé et rusé, il continua d’imprimer sur ses propres tissus la marque anglaise… en les vendant plus chers !

 1996 : La France passe à la numérotation téléphonique à dix chiffres.

 1960 : Les Etats-Unis décrètent un embargo sur les exportations vers Cuba.

 1987 : « Lundi noir » à Wall Street et sur les marchés boursiers où les cours s’effondrent. Les Américains attaquent deux plateformes pétrolières iraniennes dans le Golfe arabo-persique.

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Histoire de l’arobase – Chez les moine

Arobase, arobas, arrobe, escargot… en français comme dans toutes les langues la forme de l’@, caractère né au Moyen Age et non à l’orée de l’ère numérique, lui vaut des appellations aussi fantaisistes qu’évocatrices. Quelle est son origine et comment fut-il utilisé ?

Les plus petits le surnomment l’ « escargot ». L’arobase, « @ », signe indispensable et désormais universel, est une clef qui ouvre toutes les portes. Placé entre un nom et un « gmail.com » ou un « yahoo.fr », il nous permet de communiquer avec n’importe qui, pourvu que nous ayons la bonne adresse. Ne serions-nous pas surpris d’apprendre que ce caractère a au moins quinze siècles ?

Pour le comprendre, il faut imaginer une époque avant Gutenberg. Avant l’apparition d’une technique révolutionnaire qui n’apparaît qu’au milieu du XVe siècle : l’imprimerie. Une époque où les moines copistes s’attellent au dur labeur de reproduction et d’ornementation, à la main, d’ouvrages religieux. Il faut être efficace et rapide. Alors, pour gagner en vitesse, toutes les techniques sont bonnes.

Moine copiste. Illustration extraite de Histoire de France, par Gustave Gautherot (1934)
Moine copiste. Illustration extraite de Histoire de France, par Gustave Gautherot (1934)

Selon le linguiste Berthold Louis Ullman, le signe @ provient de la ligature (fusion de deux caractères consécutifs) « du ad latin (à ou vers en français) où le a et le d cursifs ont fini par se confondre », peut-on lire sur le site de la Bibliothèque nationale de France. Concrètement ? Le d s’enroule autour du a. L’apparition du caractère @ daterait ainsi du VIe siècle.

Une fois sorti des chancelleries médiévales, l’@ resurgit en plein gothique au XIIe siècle. On le retrouve dans les comptes des marchands florentins symbolisant une unité de poids ou de mesure, l’amphore, sous la forme d’un a stylisé à la mode florentine. Pendant les siècles suivants il fut employé çà et là dans les écritures commerciales ou religieuses.

Mais c’est aux Etats-Unis que son usage s’est vraiment répandu dès le XIXe siècle pour noter le prix unitaire des marchandises. « Deux chaises à 20 dollars pièces » se notait « 2 chairs @ $ 20 » et se lisait « two chairs at twenty dollars ». L’usage en est resté pour les américains qui lisent toujours « at ». Et c’est tout naturellement pour cet usage comptable que ce symbole a fait son apparition sur les claviers des machines à écrire dès 1885.

Lors de l’apparition des claviers informatiques quatre-vingts ans plus tard, le signe avait quasiment perdu son sens. Mais c’est précisément grâce à cette absence de signification dans le langage courant qu’il fut utilisé par les informaticiens comme marqueur logique et inséré dans les caractères informatiques standard (ASCII).

Et, comme le « at » américain pouvait aussi servir à localiser les choses, c’est sans doute pourquoi il a été choisi par l’ingénieur américain et inventeur du courrier électronique Ray Tomlinson en 1971 pour indiquer la localisation des serveurs (ou boîtes aux lettres) de courrier électronique. Rien de plus logique donc à ce que cette préposition ad, transformée en @, soit aujourd’hui utilisée pour distinguer le destinataire « arthur.dupont » de la messagerie qui l’abrite « gmail.com ». Si l’on devait traduire, cela donnerait : Arthur Dupont « à », « vers » ou « chez » gmail.com.

Mais alors pourquoi avoir baptisé ce glyphe « arobase » ? Les explications sont nombreuses. Selon la Bibliothèque Nationale de France, arobase serait la déformation de a rond bas (de casse), c’est-à-dire a minuscule entouré d’un rond. Un mot que l’on a confondu avec l’unité de mesure espagnole, l’arroba (25 livres espagnoles, soit 11,502 kg), elle-même issue de l’arabe ar-roub, signifiant le quart.

Le Petit Robert attribue au caractère @ le nom français « arrobe », également préconisé par la délégation générale à la langue française. La version française (AFNOR) de la norme ISO-LATIN-1 donne pourtant a commercial mais l’on a reproché à ce terme sa connotation mercantile dans le contexte massivement non commercial des débuts d’Internet.

Le Figaro et Bibliothèque nationale de France

source : La France pittoresque

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Ça s’est passé un 8 octobre

Belle gelée d’octobre, rend le vigneron beaucoup plus sobre.
En octobre qui ne fume jamais rien, ne récolte jamais rien.

Aujourd’hui nous fêterons les Pélagie mais aussi les Thaïs et les Laurence. Nous aurons aussi une pensée pour   Calétric et Libaire

Sainte Pélagie (IVème siècle) martyre Cette jeune chrétienne d’Antioche s’est jetée dans le vide pour échapper à un magistrat qui voulait abuser d’elle.

Le 8 octobre 1967 : Che Guevarra est capturé en Bolivie sur ordre de la CIA.

8 octobre 1361 : duel entre le chien
d’Aubry de Montdidier et son assassin (voir son histoire ) 

Combat du chevalier Macaire et du Chien de Montargis
Combat du chevalier Macaire et du Chien de Montargis

Aubry de Montdidier, passant seul dans la forêt de Bondy, fut assassiné et enterré au pied d’un arbre. Son chien resta plusieurs jours sur sa fosse, et ne le quitta que pressé par la faim. Il vient à Paris chez un intime ami du malheureux Aubry, et par ses tristes hurlements semble vouloir lui annoncer la perte qu’ils ont faite.

Après avoir mangé, il recommence ses cris, va à la porte, tourne la tête pour voir si on le suit, revient à cet ami de son maître, et le tire par son habit, comme pour lui marquer de venir avec lui. La singularité de tous les mouvements de ce chien, sa venue sans son maître qu’il ne quittait jamais, ce maître qui tout d’un coup avait disparu ; tout cela détermina à suivre ce chien.

Dès qu’il fut au pied de l’arbre, il redoubla ses cris en grattant la terre, comme pour faire signe de chercher en cet endroit : on y fouilla, et on y trouva le corps du malheureux Aubry. Quelque temps après, il aperçoit par hasard l’assassin, que tous les historiens nomment le chevalier Macaire ; il lui saute à la gorge, et l’on a bien de la peine à lui faire lâcher prise ; chaque fois qu’il le rencontre, il l’attaque et le poursuit avec la même fureur. [….]