Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – 36/18

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Le torchon brûle
profond désaccord.
L’atmosphère est à la dispute.

 

Si, dans une cuisine, le mari met par inadvertance le feu au torchon, il est inévitable qu’il va se faire tirer les oreilles par son épouse. Dans ce cas, on peut indubitablement dire que le torchon brûle.
De là, on peut facilement concevoir que le torchon qui brûle est un simple symbole de la dispute, même si aucun véritable torchon ne prend feu et si c’est simplement de la vaisselle ou des couteaux bien pointus et tranchants qui volent au travers de la pièce.

Mais c’est voir cette expression avec nos yeux modernes que d’imaginer cela. En effet, dans cette locution qui date de la fin du XVIIIe siècle, le torchon n’est pas celui du ménage.

Le Dictionnaire Historique de la Langue Française nous dit que le premier sens du mot, au XIIe siècle, correspondait à un coup que l’on donne. On peut donc déjà faire un rapprochement avec la bagarre qui s’annonce lorsque le torchon brûle.
Mais il rajoute ensuite que, dans notre expression, le mot est un dérivé de ‘torche’, ce machin qui, en brûlant, permet d’éclairer un endroit sombre. Hélas, cette affirmation n’est suivie d’aucune explication indiquant quel est le lien entre cette torche qui brûle et le désaccord ou la dispute qui s’annonce, ce qui est plutôt frustrant.

Claude Duneton, lui, nous propose autre chose, indirectement lié au tout premier sens de ‘torchon’ : l’expression serait un double jeu de mots.
D’abord, ‘torchon’ serait une plaisanterie basée sur ‘torcher’ ou ‘se torcher’ au sens de « se battre » (c’est l’histoire du ‘coup’ qui réapparaît). D’ailleurs, « un coup de torchon », c’est autant une bagarre que quelque chose qui a fait place nette, et une ‘torchée’, c’est une sévère correction.
Ensuite, vous vous rappelez certainement ce jeu où, gamin, vous deviez retrouver quelque chose ou quelqu’un caché et, lorsque vous vous approchiez très près de l’endroit, on vous disait « tu brûles ». Dans ce cas, ‘brûler’ indiquait la proximité.
Le torchon brûle voudrait donc simplement dire « les coups sont très proches ».

 

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Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – 36/18

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Signification : Sentence utilisée pour dire que tout est perdu, fini en parlant d’une entreprise ou d’une situation
Origine : Expression française du début du XXème siècle qui découlerait d’une autre expression nettement plus ancienne à savoir « avoir ses carottes cuites » qui signifiait mourir. Selon une autre interprétation, la comparaison avec les carottes cuites viendrait de l’état de ces légumes quand ils sont réduits en bouillie. Mais la question qui se poserait serait de savoir pourquoi les carottes. Certains auteurs ont tenté d’expliquer cette expression française en utilisant une autre définition de la carotte. En effet cette derniere au sens figuré devient une ruse pour tirer un quelconque avantage de quelqu’un.
Par contre la carotte prise hors son contexte ne peut expliquer la métaphore de la  perte et le verbe cuire y est beaucoup. En effet dans notre expression, cuire est conjugué au passé et fait allusion à ce qui est fini, achevé et donc non modifiable.
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Lady Marianne : Reprendre du poil de la bête

 

Le clin d’oeil à Martine : Avoir une araignée au plafond

Cette expression, qui date du XIX° siècle, viendrait du vocabulaire des filles de joie parisiennes [mais on ne sait pas exactement dans quel contexte elles l’utilisaient]. Elle n’implique cependant pas que la personne désignée soit une menace pour les autres, ou réellement atteinte d’une pathologie sévère. Elle signifie plutôt qu’elle est singulière, originale, fantaisiste.

Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – 35/18

Abandonner une chose aux chances du hasard.   (jouer à pile ou face) 

Tout le monde connaît le jeu désigné par l’expression Jouer à croix et à pile (devenue ensuite Jouer à pile ou face), qui est venue de ce que les monnaies du temps de saint Louis et de quelques-uns de ses successeurs, portaient sur une face l’empreinte d’une croix, et sur l’autre celle de deux piles ou piliers.

Les uns pensent, avec l’historien italien Villani, que ces piles représentaient des bernicles, instruments de torture dont ce roi avait été menacé durant sa captivité, et dont les figures devaient rester pour rappeler un tel affront jusqu’à ce que lui ou ses barons en eussent tiré vengeance. Les autres croient qu’elles étaient des colonnes pareilles à celles que Louis le Débonnaire avait fait mettre sur ses monnaies où elles soutenaient une église surmontée d’une croix, avec cette légende : Xristiana religio.

Gros tournois : monnaie d'argent créée par saint Louis lors de sa réforme monétaire (1260)
Gros tournois : monnaie d’argent créée par saint Louis lors de sa réforme monétaire (1260)

Borel a rapporté d’autres explications que voici : « Pile vient d’un ancien mot qui signifie prince (aussi est-ce le côté où est la tête du prince qu’on nomme pile), ou bien de pileus, bonnet, parce que le piIeus étant la marque de la liberté, on l’avait mis sur certaines monnaies ; ou bien encore de pyle qui en ancien gaulois se disait pour navire (d’où dérive pilote), car en la première monnaie, qui fut celle de Janus ou Noé, était représentée le navire ou arche, et j’en ai plusieurs de telles (monnaies) tant d’argent que de bronze. » (Antiquités gauloises)

Les monnaies de plusieurs villes de la Grèce et celles de Rome offraient d’un côté la tête de Janus, et de l’autre un vaisseau, qui était quelquefois remplacé chez les Grecs par une guirlande. Ces signes avaient été choisis en raison de ce que Janus passait pour l’inventeur de l’argent monnayé, des vaisseaux et des guirlandes. Les Romains jouaient comme nous en jetant en l’air une pièce de monnaie, et ils disaient : Caput aut navis, tête ou vaisseau. Macrobe et saint Augustin parlent de ce jeu.

Les Italiens disent : Fiore o santo, fleur ou saint, parce que les monnaies de Florence et de quelques autres villes sont marquées de ces signes. L’expression des Espagnols est : castillo y léon, par allusion aux figures empreintes sur leurs pièces, dont un côté présente un château qui forme les armes du royaume de Castille, et l’autre un lion qui forme les armes du royaume de Léon. En Angleterre, on appelle king’s sidecôté du roi, celui où est l’effigie du monarque, et cross sidecôté de la croix, celui où se trouve ce signe du christianisme.

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un clin d’œil à Martine  : Adorer le veau d’or  signifie aimer l’argent, les biens matériels et ne fréquenter que les gens riches.

Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience –

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Jeter de l’huile sur le feu

les origines remontent au XVIIème siècle qui rappelle la mise en place d’un conflit en se référant à l’effet catastrophique que l’huile peut avoir sur le feu. Jeter de l’huile sur le feu a été vulgarisée par Mme de Sévigné et reste utilisée dans le cas d’une conversation qui dégénère à cause d’une personne qui parlerait d’un sujet qu’il ne fallait pas évoquer que ce soit intentionnellement ou pas.

 

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et aussi un clin d’oeil à Martine

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Acheter Chat en poche

C’est conclure un marché sans voir l’objet de l’acquisition et sans en connaître la valeur ou bien terminer une affaire sans l’examiner

Le mot poche que quelques paysans français prononcent encore pouche est ici le synonyme de sac ; c’est comme si l’on disait : Acheter un chat enfermé dans un sac, c’est-à-dire sans le voir, ce qui est le fait de quiconque commet une imprudence ou agit avec simplicité.

L’usage de ce proverbe doit remonter au XVIe siècle, où l’on disait alors : Folie est d’achepter chat en sac. A la même époque, Montaigne, dans ses Essais (chap. Ier) disait à propos d’un cheval  : Vous n’achetez pas chat en poche ; eh bien, si vous marchandez un cheval vous luy ostez ses bardes (lui ôtez ses harnais), pour le voir nud et à descouvert (nu et à découvert). Plus récemment, Molière, dans sa comédie de M. de Pourceaugnac, 1669 (acte II, scène 7), fait dire à l’acteur : Vous êtes-vous mis dans la tête que Léonard de Pourceaugnac soit un homme à acheter chat en poche.

Les Allemands disent : Die Katze in Sacke kaufen (acheter). Les Espagnols : Comprar (acheter) gato in sacco, et les Italiens : Comprare il gatto nel sacco ; toutes expressions similaires.

Quant à l’origine du proverbe, il doit provenir de l’usage, du reste, fort prudent, adopté dans tous les pays, de renfermer dans un sac le chat que l’on veut vendre ou donner. Mais, à défaut d’origine moderne, on pourrait encore l’attribuer aux Latins qui disaient : Emere catulum in sacco, voulant dire : Acheter un petit chien en sac. Les Anglais se servent d’une expression qui est l’équivalent de notre proverbe et que voici : To buy a pig in poke, qui signifie : Acheter un cochon en sac.

N’est-ce pas un peu ce que l’on fait avec nos achats sur le Net…

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Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – 31/18

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Être assidu, ne point abandonner une affaire

Les lexicographes, académiciens et autres, se sont trompés en expliquant tenir pieddans le sens de piéter ou tenir le pied arrêté à un endroit marqué près de la boule, car tenir pied signifie précisément le contraire, c’est-à-dire suivre de près la boule lancée, aller avec elle d’un mouvement égal, comme le prouve cette variante : Tenir pied à boule qui roule.

L’expression proverbiale est une métaphore prise de l’action d’un joueur qui accompagne de fait ou d’intention la boule qu’il vient de lancer, comme s’il voulait la diriger au but.

Molière a peint cette action au naturel dans les vers suivants de l’Étourdi, acte IV, scène V :

Attaché dessus vous comme un joueur de boule
Après le mouvement de la sienne qui roule,
Je pensais retenir toutes vos actions
En faisant de mon corps mille contorsions.

 

 

Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – Avoir la gueule de bois

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Avoir la gueule de bois

Être malade parce qu’on a trop bu

Au lendemain d’une soirée trop arrosée, certains festoyeurs ont à leur réveil ce que l’on appelle « la gueule de bois ». Mais d’où vient cette curieuse formule ?

Ils vivent ce soir comme si c’était le dernier. Lâchent prise, festoient, dansent sans se soucier du qu’en-dira-t-on. Balayant d’un revers de main, leur tête du lendemain. Ce soir, tous les poisons et plaisirs alcoolisés sont permis. Quitte à se saouler et se réveiller quelques heures plus tard avec la tête comme dans un entonnoir. Ou plutôt, avec « la gueule de bois ».

Quelle est l’histoire d’une expression qui, si tant est qu’elle ne soit pas sortie de l’imagination d’un écrivain, trouve ses racines dans la poésie. La gueule (du latin gulasignifiant gosiergorge), de bois, (probablement issu de l’ancien bas francique bosksignifiant buisson), remonterait au XVIIIe siècle, note Georges Planelles dans son livre Les 1001 expressions préférées des Français. Elle serait née d’une comparaison ou du moins, d’une métaphore décrivant la sensation de bouche sèche après avoir consommé de l’alcool pareille à celle de la texture du bois, rêche et âpre. Un parallèle étonnant ? Pas vraiment.

 

 

Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – 29/18

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 Cette expression attestée en 1889 n’a pas d’origine très sûre. La première proviendrait du mot « pâmer », qui se serait transformé en « paumer » puis « pommes ». D’autres tendent à favoriser la thèse selon laquelle l’expression serait tirée des « Lettres à Mme M. Dupin » de George Sand, dans lesquelles l’auteur utiliserait l’expression « être dans les pommes cuites », pour désigner un état de grosse fatigue.

 

Lady Marianne :  A tour de rôle

Nadia vraie :  Être assis sur son steak

 

Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – 28/18

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C’est être complètement indécis entre deux parties ou deux avantages

Une personne, indécise entre deux partis à prendre ou sur une question qui se présente sous plusieurs faces, dont les inconvénients et les avantages semblent exactement balancés, est comparée à l’âne dont parle le philosophe français Jean de Buridan (XIVe siècle), alors recteur de l’Académie de Paris.

L'âne de Buridan

Voici le sophisme qui a contribué à sa célébrité : « Il supposait cet âne, également pressé par la soif et par la faim, embarrassé entre un seau d’eau et une mesure d’avoine, placés à égale distance de lui. »

Aux yeux du philosophe cette situation donnait une preuve que l’âne jouissait comme nous de son libre arbitre, c’est-à-dire qu’il avait acquis la faculté de choisir après examen, puisqu’il pouvait se tourner d’un côté comme de l’autre.

Montaigne, dans ses Essais (livre II, chapitre 14), exprime la même opinion : « Entre une bouteille et un jambon avec un égal appétit de boire et de manger, il n’y aurait pas sans doute d’autre chance que de mourir de soif et de faim, n’y ayant aucune raison qui nous inclinât à la préférence. »

Cette hypothèse, appliquée aux personnes, ne pouvait manquer de devenir vulgaire, ne fût-ce que par sa bizarrerie. Aussi ces mots passèrent-ils à l’état de proverbe. Dans le style familier on emploie encore assez souvent cette comparaison quand une personne se trouve dans la situation énoncée plus haut.

 

Expressions pittoresques ou la quintessence de la sapience – 27/18

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Autrefois, on disait « jeter sa langue au chien ». Cette expression avait un sens dévalorisant car à l’époque, on ne « jetait » aux chiens que les restes de nourriture. « Jeter sa langue aux chiens » signifiait alors ne plus avoir envie de chercher la réponse à une question. Petit à petit, l’expression s’est transformée pour devenir « donner sa langue au chat », au XIXe siècle. En effet, à cette époque, le chat était considéré comme un gardien de secrets. Sa parole serait donc de valeur considérable, et il pourrait s’agir en « donnant sa langue au chat », de lui prêter la parole pour qu’il nous donne la réponse à une devinette.