Histoire d’escargots

Pour les Impromptus littéraires   ici 

 

Les escargots n’ont pas d’histoires mais qui croira cela ? Ecoutez-moi…

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J’en assez que l’on me prenne pour une limace. J’ai plus de grâce moi ! Je suis Berlingot un escargot et pas n’importe lequel je suis un escargot de Bourgogne et ce soir je crie ma colère ; oui ma colère après tous ces gens qui massacrent les escargots.
D’abord il y a les jardiniers : ils mettent de l’anti-limace  ! Mais nous les escargots on aime les salades naissantes,  les petits pieds de dahlias qui pointent, alors on nous empoisonne et là, la SPA ne dit rien. Puis il y la les cuisiniers qui se délectent. Ils nous en font baver et nous accommodent avec du beurre ail et persil. Et moi je n’aime pas le persil.
Quand aux auteurs pour enfants, ils nous oublient régulièrement pour parler des loups, des ours, des lapins qui courent après les renards ou le contraire….
Et est-ce je parle des écoliers qui chantent des comptines à écorcher les oreilles.

Rouge la vigne
Brune la pigne
Escargot de Bourgogne
Montre-moi tes cornes !

Évidemment si on nous fait à boire le lait de la vigne, (Pouilly-Fuissé )nous montrons nos
cornes.

ou encore

Un escargot s’en allait à la foire
pour acheter une paire de souliers
quand il arriva il faisait déjà nuit noire
ils s’en retourna nu-pied

Que faire de souliers, je transpire déjà assez et j’ai mal à l’estomac.
Et puis deux franchement… Je ne saurais où les ranger dans ma coquille.

Un escargot s’en allait à l’école
Car il voulait apprendre à chanter
Quand il arriva ne vit que des herbes folles
C’était les vacances d’été.

Je chante faux, je n’ai pas d’oreilles. Et puis à l’école c’est pas l’Opéra moi j’aime la Traviata.
Et à l’école il n’y a pas que l’herbe qui est folle !

Un escargot s’en allait en vacances
Pour visiter l’Inde de le Japon
Au bout de sept ans il était toujours en France
Entre Dijon et Lyon !

La moutarde me monte au nez. Nous n’avons pas tous la chance de trouver comme Margot *  une boîte de sardines pour naviguer !

et enfin

Petit escargot porte sur son dos
Sa maisonnette
Même quand il pleutIl est tout joyeux
Il sort sa tête

Oui et je me venge, la pluie j’adore…………
BERLINGOT

* référence à Margot l’escargot d’Antoon Krings qui a écrit toute une série d’albums pour enfants répertoriés  » Les drôles de petites bête »; un vrai régal pour les enfants !

 

Le jardinier amoureux

pour les Impromptus le thème de la semaine :

Après les hommages à Jacques Higelin, un peu de légèreté et un brin de folie :
Cinq éléments incontournables pour un texte !

un personnage : un jardinier amoureux
un lieu : au milieu du boulevard
un objet : un rouge à lèvres
un moment : avant la naissance de Gilles
un problème ou une anomalie : le linge qui séchait dehors a disparu

à l’eau de rose

Dans le grand parc du Palais royal de Coucouron sur Arzon, la fête battait son plein sous l’œil du grand maître jardinier, un génie. Les gens du monde entier et surtout les gens du monde  se pressaient auprès des massifs fleuris de roses merveilleuses s’exclamaient avec des grands  « Ah », se pâmaient avec des grands « Oh » devant cette symphonie de couleurs et de parfums. La belle Sophronue sous son ombrelle s’ennuyait fermement. Elle détestait  les roses et se demandait bien pourquoi elle avait accompagné Waudru sa cousine.

Au détour d’un massif, Eugénie lui présenta le Maestro des roseraies qui tomba immédiatement amoureux de la Belle Sophronue. Tout dans sa personne le fit frissonner. Ses cheveux bruns frisés s’échappant de son chapeau, ses yeux verts en amande et sa bouche soulignée d’un rouge à lèvres framboise, rien à jeter se dit-il !  Il multiplia les rendez-vous, fit de son mieux pour lui parler le langage des roses mais elle restait hermétique à ses nouvelles créations. Elle préférait les ancolies, les jacinthes sauvages et les coquelicots.  Elle poussait même son amour de fleurs champêtres à sa lingerie fine … Tout en dentelle de Calais et soie Liberty’s .

Pauvre génie floral, il n’arrivait pas à conquérir la demoiselle. Un jour, il la suivit et découvrit le logis de sa dulciné.  Bien malgré lui, il subtilisa petite culotte et soutien gorge qui séchait au gré d’un doux zéphyr.

– Ah ça mais s’écria Sophronue, ma lingerie, mon linge qui séchait dehors a disparu ! Tel Harpagon avec sa cassette, elle courut partout… Elle accusa Waudru de jalousie maladive.

Le jardinier amoureux serait-il fétichiste ? Que nenni ! C’est le seul moyen qu’il trouva pour séduire la Belle en lui rapportant son précieux bien.

Cette histoire que l’on me rapporta, s’est passée, il y a bien quelque mois, juste avant la naissance de Gilles, leur premier enfant. Depuis, plus de rosiers, rien que des pissenlits et des marguerites sauvages dans un parterre, fouillis herbacé au milieu du boulevard de Coucouron sur Arzon.

Ca m’a quand même coûté un bras –

Perrette nouvelle version

Je suis partie, légère et court vêtue, le printemps arrivait à grand pas pour aller à la ville vendre le lait de la Noiraude ? Je sais cette pauvre vache est bien déprimée depuis qu’elle a compris que la voie lactée n’est qu’une représentation dans le  ciel étoilé de l’été, mais il faut bien que je vende son lait si je veux acheter une autre vache, un taureau pour avoir des veaux. D’accord,  il y a bien l’insémination cependant je reste persuadée que la qualité des bébés est meilleure avec les méthodes  à l’ancienne. Une idée en amenant un autre, je ne comptais pas m’arrêter là ;  quelques moutons pour faire des tajines à mon Paulo de mari, et puis des poules et des coqs pour faire des belles couvées, un cochon ou deux pour le saucisson truffé aux pistaches. Avec tout le flouze que je vais en tirer, je pourrai enfin m’offrir, des fringues dignes de Dior,  du parfum de  Givenchy ou de Chanel pour pouvoir dormir nue enveloppée des effluves du numéro 5. Comment ? Un peu cher avec le gain de quelques poules ? Oh mais  je vendrai aussi tout le  fumier de ma Noiraude. Crésus qui habite près de la ferme du Fernand, il a acheté à sa Germaine un gros caillou qui brille partout. Elle a vendu  le crottin de son canasson pour faire des champignons de Paris et elle a filé chez Vendôme.

Seulement rien ne se passe comme prévu. Forte de mes toutes nouvelles envies,  j’ai coupé par la carrière et la tête dans les nuages  me voilà trébuchant sur un parpaing qui traverse inopinément mon chemin. Quel gadin magistral ! Cul par-dessus tête ! quand à ma cruche de lait n’en parlons même pas , en miette pire que les amphores romaines. Je me suis retrouvée à l’hôpital deux jours et comme ma carte vitale est périmée, cela m’a coûté quand même un bras…

Pour les Impromptus littéraires 

 

Je me suis fait enguirlander

Chez les Impromptus littéraires  

La magie des miroirs ayant cessé ses effets, vous voilà devant ce constat
« Je me suis fait enguirlander ».
Couvert d’éloges au sens figuré ou plus familièrement réprimandé, racontez en prose ou en vers et envoyez-nous votre texte avant dimanche 8 octobre minuit à l’adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com.
Ce thème nous a été suggéré par Cristel D 🙂

Récit d’une cigale dépitée

Je me suis fait enguirlander par une espèce de fourmi vindicative. Oui oui croyez moi les fournis ne sont pas prêteuses.

Que je vous raconte !

Cette année là, j’avais chanté tout l’été à en perdre ma voix ; j’ai été tellement occupée que je n’ai même pas trouvé de compagnon ; le sea, sex and sun, je suis passée à coté. Et voilà, je n’ai pas pensé une seule seconde à faire des provisions et que je n’aurai rien à boulotter quand la bise viendrait. Me voilà bien marrie et surtout très affamée. Qu’auriez vous fait à ma place ? Me recroqueviller sur un arbre et tendant un gobelet ?

Non ! Je suis donc allée cogner à l’huis de ma voisine pour lui demander de l’aide. C’est une fourmi et chacun sait que les fourmis sont prévoyantes et organisées. J’ai pensé qu’elle aurait de la compassion pour une pauvre cigale qui lui avait joué des concerti durant la belle saison ; un morceau de mouche, quelques vermisseaux ou quelques graines feraient très bien l’affaire. Eh bien ! Croyez moi, non seulement, elle ne fut pas accueillante mais elle m’interrogea sur mes faits et gestes de la saison passée. Je me suis crue au commissariat de police comme si j’étais une voleuse. Elle a même osé me dire que les restos du cœur n’étaient pas faits pour les chiens ! Oh je lui ai bien répondu que comme à la Société Générale, son intérêt était capital et que je la rembourserai jusqu’au dernier denier avant que le loup n’arrive, mais elle m’a jetée dehors en me disant d’aller danser…

Je me suis fait enguirlander…

La magie du miroir

Pour les Impromtus littérraires

la psyché

La psyché

Juchée sur des petits talons  bottiers, Julie laissa glisser son regard et s’abima dans la contemplation de cette silhouette que pourtant elle connaissait bien. Elle se trouvait belle ! Cette nouvelle toilette, lui seyait à ravir : les plis, le tombé et la délicatesse broderie de dentelle crème,  tout était parfait. Dame nature  l’avait dotée d’un teint clair et aussi frais que la première rosée du printemps. Julie avait soin de protéger  sa peau ; cette fraîcheur serait aussi éphémère qu’un bouquet de violettes sans eau  sous les  rayons chauds du soleil. Elle avait la grâce d’une déesse quand en faisant quelques pas sur la moquette moelleuse rouge vermillon, sa robe de mousseline dansait autour d’elle. Julie avait relevé ses cheveux souples et ondulés  dans un chignon lâche qui  jouait avec la lumière révélant ainsi toutes les  nuances du  blond vénitien.

Quelle magie, lui fit entendre le piano résonner dans la maison : son imagination lui jouaient des tours où les petites Renoir comme elles les appelaient, étaient déjà arrivées et avaient commencé un Nocturne de Chopin  pour se dégourdir les doigts avant le petit concert qu’elles offraient pour l’anniversaire de Julie. Ah, la musique de Chopin… Il était assez osé pour des jeunes filles de se lancer dans cette étude…

 Il était grand temps de descendre.

Ô temps suspends ton vol

Pour les Impromptus : le thème est ici 

Ô temps suspends ton vol ! Autant suspends ton vol ! voilà ce que se répétait un renard sans savoir l’orthographier d’ailleurs peu importe il ne sait pas écrire mais il sait bien parler. Il est décidé aujourd’hui à piquer enfin ce calendos au corbeau qui croisse depuis des heures. Il arme son discours :
– Et toi le corbeau Sais-tu que tu chantes comme le rossignol des bois !
– Sais-tu que tu es le plus rapide, et que tu vole aussi vite de le nandou court
– Sais-tu que, ton haleine est aussi fraiche que l’encens des Indes…
– Sais-tu que tu n’as pas besoin de faire venir le thuriféraire pour te bénir tu es déjà un phénix.
Le corbeau reste coa coa coi, ne bouge pas une aile ; sa prise est ferme, assurée. Pas aussi bête que celui de la fable ! d’ailleurs lui ne tient rien dans son bec !
Ô temps suspends ton vol
La flatterie ne fait plus recette, le goupil change de stratégie.
– Sais-tu que le fromage que tu tiens si serré est bourré OGM et que tu risques de perdre tes plumes…
– Sais tu que le lait de vache est mauvais pour tes articulations ? Sans mentir, c’est dans la revue Sciences et vie des animaux que je l’ai lu. Tes pattes vont devenir toutes molles et tes ergots vont tomber… adieu les balades, les concours de vitesse… Ton bec va se calcifier et alors adieu la chanson !
Ce ballot de corbeau lève une patte et puis l’autre puis pris par une danse de saint Guy, claque du bec, devient hystérique et lâche sa précieuse proie ; des larmes de crocodiles viennent à remplir l’urinoir du champ…

En bas le renard susurre :

 » Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! »

Et moi déguster enfin mon calendos !

 

Repères maritimes – Les Impromptus

Nous étions vingt ou trente copains dans une bande. Chahutant sur la plage, nous attendions le dernier participant au pique-nique improvisé sur la plage.  Marie avait emmêlé le cerf-volant et Simon pestait pour dénouer les ficelles. Anne étendue au soleil, se badigeonnait d’huile solaire ambrée et parfumée ;  l’effluve vanillé parvenait aux narines de Pierre, qui, jumelles en  main, contemplait les bateaux croisant au loin bien au delà de la bouée rouge qui balisait les autorisations de baignade. Soudain un cri retentit… Nos regards se portèrent au loin et nous vîmes oui nous vîmes, un homme qui marchait sur l’eau. Il arriva sourire aux  lèvres.

« Bonjour, Jésus est mon nom. Je suis en retard, ma moto est en panne et je suis venu à pied ! J’espère que le rosé est bien frais et que la fête commence.

photo de Tisseuse

Mode d’emploi universel

Mode d’emploi universel

« M’enfin Lili ça paraissait pourtant simple.

Si tu avais lu la notice Kikia jusqu’au bout, tu aurais réussi à  aboucher le machin sur le truc puis mettre le bidule sur le teuteu. Il suffisait ensuite de choser le machin et de tirer sur la bitonio  pour que tout soit opérationnel ; seulement voilà comme toujours  tu sais toujours tout et à jeter les explications comme ta chemise par-dessus les moulins,  tu as fait l’inverse : machiner avant d’aboucher le zinzin ; résultat :   le truc branle au manche tout déguenillé,   et tout le reste est en cuchon avec le saint frusquin ! » CQFD

Les Impromptus

 

J’en ai bien profité

Pour les Impromptus littéraires

Prologue

Le loup est un animal protégé mais les coups de fusil pleuvent un peu à tort et à travers. On oublie que c’est avant tout un prédateur dominant… Quelques brebis pour se nourrir est-ce un si lourd tribut. Chacun a sa place dans la nature.

C’est à cela que pensait le vieux Dédé, loup édenté et pelé qu’une grand’ mère avait récupéré mort de faim alors qu’il s’était échappé d’un zoo. Il vivait là depuis quelques temps et se souvenait d’un jeunesse tumultueuse.

J’en ai bien profité quand Chaperon rouge, stupide petite fille a traversé le bois, s’arrêta pour et cueillit des fleurs pour sa mère grand, abandonnant son panier avec pot de beurre et galette. J’ai boulotté Mamie et Petite fille

J’en ai bien profité quand la chèvre est partie faire des courses, qu’elle a traîné pour acheter un parfum « senteur de cabicou » abandonnant ces cabris innocents. J’ai bien profité de leur innocence et je me suis rempli la panse.

J’en ai bien profité quand le pauvre agneau qui se désaltérait dans l’onde pure d’un ruisseau, bêla qu’il tétait encore sa mère tandis que je mordais dans son cuissot tendre.

J’en ai bien profité quand les trois petits cochons tremblaient de peur pendant que le vent arrachait toiture, murs et cheminée. Bon , ils ont été malins avec leur bassine d’eau bouillante… Mais ils ont bien cuit.

Reste ce Pierre, celui qui avec sa flûte, le hautbois, le basson du grand-père m’a piégé avec on fusil a bouchon. Tant pis j’avais déjà avalé le canard… la plume volait encore. J’en ai bien profité, j’étais nourri au zoo, plus la peine chasser, que des franches lippées… Je me suis ennuyé un peu alors on m’a amenée près d’une louve blanche et j’en ai bien profité aussi…

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