Des mots, une histoire récolte 37

Avec les mots : musique, cigogne, arbre, hésitation, envoûtement, copeau, quarantaine, sonner

Ecoute, écoute la musique du vent dans les arbres, on dirait du Bach ; c’est comme un envoûtement. Ecoute, écoute encore le bruissement du vol lourd des cigognes qui nichent sur le clocher de la vieille église romane. Ecoute écoute, la cloche qui sonne la prochaine messe de quarantaine. Elle appelle au souvenir du pauvre Dédé. C’est bête parfois la mort ! Ecoute écoute son histoire.
Avec Emilie, il a installé sa menuiserie, elle a la compta et lui au rabot. Emilie est partie l’an dernier, le crabe ! Ecoute écoute encore ; les copeaux de bois jonchaient le sol, c’est sans hésitation, à grand pas qu’il s’est dirigé vers l’atelier ;  il voulait terminer la restauration de la commode Louis XV. Las, il a glissé, sa tête frappant le béton.
Ecoute écoute la musique du vent dans les arbres ; une Toccata de Bach.

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Des mots, une histoire récolte – 34

Avec les mots de récolte 34 en gras dans le texte

Ah à force de le promettre enfin tu fais le geste que j’attendais depuis si longtemps. Il en a fallu du chemin pour qu’enfin ta gentillesse éclate au firmament.  Toi , actif mais pas créatif à la maroufle de  tes pages de reproductions de tableaux pour en faire des toiles acceptables, moi la passive à l’écoute d’une musique sublime. Si je ne t’avais pas répéter mainte fois la citation de Picasso « l’art lave notre âme  de la poussière du quotidien. »,tu serais encore avec tes pinceaux de colle à la main. Bien sûr il faut bien gagner sa vie mais en profiter c’est bien aussi. Alors tu as enfin consenti à t’asseoir sur notre canapé préféré et écouter le morceau de choix qu’est le cinquième concerto de Beethoven « Empereur » … A mon tour de jubiler !

si le coeur vous en dit    https://youtu.be/KUPy9W4Iz4k

Des mots, une histoire récolte – 33

Récolte 33 : Proposer rembourrage givre Cabourg –  irresitible – désatabiliser foyer tendresse éternité

Proposer la botte à la Belle Amélie n’est pas vraiment ce que j’ai fait de mieux. Cela s’est passé à Cabourg, un de ces jours d’hiver où il vaut mieux rester devant la cheminée, le foyer rougeoyant quand le givre envahit les grandes plages. Je me croyais irrésistible ! J’avais oublié que dans le monde d’Amélie on porte crinoline et rembourrage sur les fesses. Pourtant, j’avais bien l’intention de l’épouser pour l’éternité car dans ce milieu-là, le coté amour rime surtout avec finances. Mais étant bien à l’abri du besoin, je pensais bien demander sa main. Je suis comme je suis, franc et direct, c’est comme cela que la coquine Josy m’aime, alors j’ai voulu testé si l’on peux dire la « marchandise ». Et puis j’ai beaucoup de tendresse pour cette petite ! Mais voilà même pas déstabilisée par ma proposition incongrue, elle m’a dit d’aller voir ailleurs. Compromis le mariage envisagé. Un rateau m’adit ma sœur Clorinde quand je suis rentré bredouille…

Des mots, une histoire récolte – 32

Les mots de la récolte : Tulipe ou Hollande – étouffer – image – chanson – nouveauté – destination- voyage- merveille- crisper- sauvage.

Secret

Alex étouffa un bâillement ; il lui fallait faire bonne figure auprès de son mentor, l’explorateur Luis de Vega. Cette fois il allait partir sans lui, le cœur du brave homme avait des sautes d’humeur et avait passe la main. Ce voyage ou plutôt cette expédition minutieusement préparée devait l’entrainer, lui et son équipe de scientifiques  et archéologues à destination en Amérique latine, dans les gorges d’une rivière depuis longtemps asséchée au cœur d’une région sauvage  mais qui d’après les dernière recherches regorgeait de merveilles ; des pièces d’or et des pierres précieuses probablement des émeraude de très belles eaux. Seulement en contrepartie il devait emmener la petite fille de son maître et cette pimbêche avait le don de l’énerver. Il l’avait rencontré alors qu’elle n’était qu’adolescente ; le souvenir n’était pas très heureux… Alors dix ans après, c’est les mains crispées qu’il avait salué une jeune femme à l’aspect fragile. Et puis que voulait –elle faire dans cette vallée  insolite et presque vierge !  Pourtant, elle se fit très discrète. Elle passait son temps à examiner des images de fleurs qu’elle découpait, recollait, organisait en puzzle  tout en fredonnant souvent la chanson de Laurent Voulzy « le pouvoir des fleurs ».  Ses recherches étaient secrètes. Elle était chargée par l’académie de biologie de découvrir la fleur sacrée, la  tulipe bleue d’Amazonie. La nouveauté qui serait présentée au grand salon des fleurs rares  au musée Vangogh en Hollande

Des mots, une histoire récolte – 33

Les mots de la récolte : Proposer – rembourrage –  givre – Cabourg –  irrésistible – déstabiliser – foyer – tendresse –  éternité

La botte

Proposer la botte à la Belle Amélie n’est pas vraiment ce que j’ai fait de mieux. Cela s’est passé à Cabourg, un de ces jours d’hiver où il vaut mieux rester devant la cheminée, le foyer rougeoyant quand le givre envahit les grandes plages. Je me croyais irrésistible ! J’avais oublié que dans le monde d’Amélie on porte crinoline et rembourrage sur les fesses. Pourtant, j’avais bien l’intention de l’épouser pour l’éternité car dans ce milieu-là, le coté amour rime surtout avec finances. Mais étant bien à l’abri du besoin, je pensais bien demander sa main. Je suis comme je suis, franc et direct, c’est comme cela que la coquine Josy m’aime, alors j’ai voulu testé si l’on peux dire la « marchandise ». Et puis j’ai beaucoup de tendresse pour cette petite ! Mais voilà même pas déstabilisée par ma proposition incongrue, elle m’a dit d’aller me faire voir ailleurs. Compromis le mariage envisagé. Un râteau m’adit ma sœur Clorinde quand je suis rentré bredouille…

Des mots, une histoire récolte – 28

Les mots de la récolté : Finistère – canard- oxyder – bouteille – claquement – brioche- souvenirs – explorer – découverte

Dans son projet initial, Finistère une belle jeune fille de la campagne, les joues bien rondes et rosies par les temps vifs voulait explorer une nouvelle filière de production de foie gras de canard. Dans cette aventure, elle avait entraîné Julien, boulanger pâtissier de son état, le roi de la brioche lyonnaise aux pralines rouge vif. Ah la belle découverte que cette région du Périgord pays de la truffe se mariant si bien avec les pâtés de Finistère. Seulement voilà dans cette région, le foie gras est surbooké et Finistère perdit son pari dans les méandres financiers ;  ce n’est pas d’un claquement de doigt que l’on construit son auto-entreprise… Et Finistère dut déclarer forfait. Julien repartit à Lyon faire ses petits pains, là on gagne toujours sa vie. Finistère pour noyer son chagrin  déboucha une bonne bouteille de Gaillac non sans, le laisser  s’oxyder en souvenir de son père qui le lui recommandait et d’un coup la but à la régalade. Elle vit des étincelles, se mit à zézayer des mots incompréhensibles. Le lendemain, elle se compara à la pauvre  Perrette qui, bien avant elle avait fait des projets aussi ballots, tombés à l’eau. Elle fit ses bagages et  elle partit rejoindre sa sœur au pays des kangourous où elle éleva des autruches.

et pour faire bonne mesure j’ai ajouté quelques mots de la semaine dernière.

Zézayer, projet, aventure, méandres, kangourou,  étincelles

Des mots, une histoire récolte – 25

Les mots de la récolte : étoile, complaisance,  football, perspective, novembre, passion poupon.

Novembre 1955

Mélie sortit de la scène épuisée. Elle avait donné le meilleur d’elle-même et surtout la cérémonie qui avait suivit l’avait comblée. Elle venait d’être nommée ! Elle a vingt six ans et la voilà au firmament de l’Opéra. Elle avait été éblouissante dans Giselle… Surtout avec son partenaire dont elle était éperdument amoureuse, amour malheureusement pas vraiment réciproque. Dans sa loge, alors que les yeux dans le vague,  elle revoyait son parcours, une photo glissée derrière son miroir à maquillage attira son attention. Sur la photo en noir et blanc modèle réduit, elle se vit avec son frère. Elle se souvint alors qu’il jouait dans les rues au football avec une boite de conserve en compagnie de  copains en culotte courte, déchirée, trouée… Comme lui, alors,  elle traînait les rues, sa mère travaillait à la blanchisserie tard et les enfants seuls n’avaient d’autre perspective que de vivre à la « va comme je te pousse ». Mélie, elle, dansait. Elle dansait dans la rue comme d’autres marchent sur l’eau. Délaissant les poupées et poupons, jouets récupérés ça et là, elle vivait pour danser. Elle avait six ans. Personne ne savait d’où elle venait cette passion qu’elle avait chevillée au plus profond d’elle-même.

C’est alors qu’elle faisait des pirouettes, qu’une passante s’arrêta et la regarda bouche bée. Professeur de danse, elle prit l’enfant sous son aile. D’abord en secret puis incita la mère à lui faire prendre des cours de danse classique. L’argent fut un gros obstacle mais le professeur insista, trouva des moyens de financement pour sa protégée et la propulsa au conservatoire puis à l’école de l’Opéra. La pauvre petite eut une formation sans complaisance, sans aucune concession, elle souffrit dans son corps, les corsets de maintient la brisaient, dans sa tête et dans son cœur, séparée de sa famille mais vivant l’exceptionnel sans jamais se plaindre ;. Les crampes et les douleurs s’effaçaient quand les applaudissements crépitaient.. Elle revit le visage de sa maman qui fatiguée mourut bien trop tôt pour connaître son ascension ; son frère fut son seul soutien.  Elle gravit les échelons et ce soir…ETOILE ! 

Des mots, une histoire récolte – 22

Les mots de la récolté : Poule, talon, chapeau, grillage, imperméable, absence, émerveillement obscurité

Et moi j’ai encore compliqué avec trois mots tirés du dictionnaire des mots rares et précieux… pélamide un poisson, Pelle- à- cul un genre de siège de jardin, pelleverser – labourer avec un bêche

 

Le trésor

Depuis quelques minutes, j’observais Dédé, mon voisin occupé à pelleverser au milieu de ses salades. Les  talons dans la boue, le chapeau trempé, Dédé s’acharnait à remuer la terre mouillée, son vieux K-way, pas plus imperméable qu’une passoire était maculé de crasse. Curieux et soupçonneux de nature, aurait-il mis a jour un cadavre ? L’absence prolongée de la vieille Germaine m’avait toujours étonné voire inquiété, je m’approchais du grillage et je hélai le jardinier du dimanche ressemblant tôt à un épouvantail.

«  Que fais-tu  là Dédé par un temps à ne pas mettre un chien dehors ? »

Dédé ne répondit pas et continua sa tâche plus préoccupé que jamais. A mon tour je m’approchais bravant l’averse et la clotûre…

D’abord, je ne vis rien dans l’obscurité du trou que Dédé avait creusé. En regardant mieux, je vis un petit pélamide doré qui se tortillait désespérément pour échapper à la bêche de Dédé. Voyant mon émerveillement, tant cet animal minuscule était rare dans nos jardins, Dédé haussa les épaules puis s’assit dégoulinant sur sa pelle-à-cul. J’entrepris d’expliquer à Dédé qu’il fallait sauver cette espèce menacée et que c’était une chance qu’en avoir trouvé un spécimen dans son terrain, quand la poule rousse Germaine trouva l’animal à son goût et l’avala.

Des mots, une histoire récolte – 20 et 21

l’héritage

J’avais longtemps procrastiné avant de me rendre dans ce bled perdu dans la campagne haut marnaise que je ne connaissais pas encore. Lorsque je suis arrivée devant  cette bâtisse dont je venais d’hériter par je ne sais quel chemin généalogique, mon enthousiasme descendit de quelque degré sur l’échelle de mon espoir. Comme souvent, je bataillais avec un trousseau de clefs légèrement rouillées que m’avait remis avec un sourire narquois,  le clerc de notaire, celui-ci, n’avait d’ailleurs pas daigné être présent lors de la signature préférant probablement aller taquiner le goujon laissant son adjoint tel Uriah Heep de Charles Dickens de David Copperfield.

Je fus  agressée de suite  par l’odeur de renfermé qui régnait à l’intérieur. La propriétaire précédente décédée depuis deux ans, n’avait pas dû faire le ménage depuis des lustres. Cependant, des housses couvraient le mobilier, heureusement car la poussière formait une épaisse couche grise. Dans un coin, je repérais un drapeau australien incongru au milieu de ce capharnaüm. Tout droit je me dirigeais pour ouvrir les fenêtres dont l’une aussitôt chut dans la pelouse afin de respirer librement.

Le rez de chaussée se composait d’une grande pièce carrelée de noir et blanc à l’ancienne mais qui demanderait une restauration…  Autour une cuisine et un cellier puis deux chambres meublée à l’ancien mais sans cachet particulier. Avec réticence, j’ai monté les marches d’un escalier en bois ciré qui avait connu de meilleurs jours et déboulait dans un étage où des pièces inusitées depuis sûrement le siècle dernier baillaient. Là point de meubles recouverts mais un ramassis d’objets hétéroclites, une pile de vieux journaux, la Gazette de l’Est, un ara empaillé qui avait perdu ses couleurs, une boite à meuh comme celle des années soixante et bien d’autres alignés contre le mur dans un ordre que je renonçais à comprendre. Par la fenêtre j’aperçus un petit étang entouré de quelques fougères et roseaux. Sûrement plein de grenouilles, des bulles se formaient à la surface de l’eau tranquille ; des failles dans le mur d’enceinte me fis penser à un morceau de gruyère.

Un grand silence régnait dans cette demeure mis à part les chicotages des souris, habitantes des lieux. Peu à peu je l’apprivoisai cette maison. Mon humeur s’améliora et je redescendis prudemment. Alors que j’évaluai ce nouveau bien, un homme se matérialisa devant moi avec le regard soupçonneux d’un flic avide de faire une bonne prise. Il se présenta comme le notaire, s’excusant de n’avoir pu être présent à notre rendez-vous. Deux heures plus tard, nous étions assis dans le petit bistrot du bled perdu, devant un chocolat mousseux, à deviser sur les avantages de la campagne….

Des mots, une histoire récolte – 16

Les mots de la récolte

Incompréhension Champignon Etincelle tourbillon rivière facette amer renaître.

Journal télévisé du ….

Et maintenant une nouvelle effrayante de notre correspondant Alain

Oui Frédérique…

Ce soir, c’est l’incompréhension ! Tout un village est anéanti. Comment, pourquoi, les habitant sont-ils tombés dans un tourbillon que la rivière, pourtant pas en crue a englouti.

Tout a commencé pourtant par des réjouissances dignes d’un 14 juillet. Il faut dire qu’ici dans notre région du Périgord tout est prétexte de faire la fête, c’est une facette du caractère joyeux  de nos gens ; les truffes, les pommes ; les citrouilles, les bolets , les châtaignes, les fraises,  tout mais vraiment tout est bon pour se divertir,  comme dans la musique de Strauss « aimer boire et chanter » sans oublier de danser, valser, tango argentin ou renversé et bien sûr la gigue…

Donc tout le village était réuni pour célébrer les divins cèpes qui allaient rapporter une petite fortune aux cueilleurs de champignons. Soudain, une étincelle jaillit de nulle part et un joueur de flûte apparut et jouant un air doux et envoutant. Un à un les convives d’abord les enfants , puis les femmes les plus jeunes d’abord et ainsi de suite jusqu’au dernier pépère se levèrent en silence et le suivirent. Arrivés à la rivière le joueur de flûte marcha sur l’eau  et un tourbillon les engloutirent. Il ne resta que les chiens et les chats médusés.

Bien sûr une enquête fut menée. Les gendarmes goutèrent les plats de champignons ; ils les trouvèrent très amers et aussitôt eux aussi furent immergés dans une petite déferlante.

Voilà, chère Frédérique, ce que l’on peut dire aujourd’hui  sur cette affaire. Ce village si joyeux autrefois renaitra-t-l