Contes et légendes chez Evy – défi 36

Cette légende me fut racontée par une jeune femme native de Irkoutsk principale ville de Sibérie près de laquelle s’étend le lac Baïkal le plus profond du monde et le plus grand réservoir d’eau douce. Tellement pure que l’on peut la boire directement au bord du lac.

IMG_0083 le lac Baïkal (2010)Image_20170823_0001IMG_0066

 

Baïkal naquit d’un des éclats du cœur du vieil homme. Il fut le roi de ce peuple qui avait longtemps erré pour retrouver leur coin de Sibérie. Le lac formé était profond, le plus profond du monde. Ses eaux froides mais limpides et cristallines restaient calmes malgré les rigueurs du climat.
Jamais aucune tempête ne le rendait méchant. L’hiver, la glace recouvrait entièrement le lac et permettait aux habitants de traverser en traîneaux d’une rive à l’autre. L’été, les hommes pêchaient des poissons les plus succulents que l’on puisse trouver : des omouls et des ombres que l’on ne trouve que dans ce lac et qui sont des poissons sacrés. Baïkal était un roi bon et généreux avec son peuple. Un jour, du fond du lac, une nouvelle
source surgit. On la baptisa Angara la Belle. Elle était si mignonne que Baïkal l’adopta. En grandissant, Angara embellit encore. Partout il se racontait qu’elle était la plus belle des plus belles. Elle était plus claire que le ciel en été. Tous les habitants la vénéraient ; jusqu’aux oiseaux qui descendaient frôler ses flots sereins sans jamais oser se poser.

Cependant un jour que glissaient les eaux tranquilles, Angara entendit un doux murmure, un simple souffle. Tout de suite elle fut attirée. Pendant plusieurs semaines, le souffle persista et s’amplifia, puis l’appel prit l’apparence de Ienisseï. Qu’il était beau ce fleuve. Majestueux, fier et volontaire, souvent couvert de neige. Il dégringolait des montagnes de Saïan en bouillonnant t d’écume et se frayant un chemin parmi les énormes rochers pour s’étendre ensuite sur une vaste steppe et se jeter enfin dans l’océan le plus froid du monde. Angara ne pût que fondre pour lui. Baïkal,
lui, désirait la marier mais pas avec n’importe qui et surtout pas avec  Ienisseï, qu’il jugeait trop turbulent. Baïkal, ignora donc les sentiments de sa fille et lui interdit d’aller écouter le vent du plus fougueux des fleuves de Sibérie. Angara ne put se résoudre et voici ce que nous conte la légende.
Une nuit, alors que le lac était endormi, Angara prit toute l’eau qu’elle possédait et se mit à courir à perdre son souffle vers son bien-aimé. Baïkal fut brutalement réveillé et sa colère fut inouïe. Une violente tempête déchaîna toute sa fureur tel un cyclone. Le lac fut soulevé par des vagues géantes comme jamais on n’avait vu. Les montagnes éclatèrent en sanglots, les forêts se sont écrasées, les arbres furent arrachés. Le ciel devint noir
de chagrin.; quant aux animaux sauvages, leur terreur fut si grande qu ’ils s’enfuirent sans savoir où aller. Les ours grondaient en cherchant leur grottes, les oiseaux s’envolèrent au dessus des épais nuages, les poissons ont plongés au plus profond du lac. Baïkal ne pouvait permettre à sa fille unique si chérie de le quitter. Comme jadis il s’était arraché le cœur, il rassembla toutes ses forces et son courage pour arracher une montagne et l’a jetée en direction d’Angara. Le gigantesque rocher tomba sur la gorge
d’Angara la belle coupant sa fuite et retenant toute l’eau de ses flots. Elle se mit à implorer le pardon de son père et le supplia de la laisser partir et de lui redonner au moins une goutte d’eau. Baïkal refusa l’eau, ne lui accorda que ses larmes et la laissa à son destin.
Il y a déjà longtemps que Angara a rejoint le superbe l’Ienisseï avec ses eaux de larmes tandis que Baïkal est devenu solitaire et parfois effrayant.
La légende veut que le rocher jeté soit appelé « Pierre de Chaman ». Les peuples alentour croient que le lac abrite tous les esprits bons ou mauvais et l’appellent, le Lac Sacré. Pour apaiser ses colères aussi terribles que redoutées, Baïkal pourrait alors arracher la montagne et l’eau jaillirait en inondant toute la terre, les hommes du Baïkal font des offrandes et de riches sacrifices sur la Pierre de Chaman.

Le fleuve  Ienisseï (en russe : Енисей) est un fleuve de Sibérie en Asie qui naît de la confluence du Grand Ienisseï (Bii-khem) et du Petit Ienisseï (Ka-khem), en république autonome de Touva — le premier né sur le flanc sud des monts Saïan par 97° 30′ E et 52° 20′ N, et le second issu des marais quelques kilomètres à l’ouest du lac Khobso-Gol au nord-ouest de la Mongolie.

Il reçoit ensuite son principal affluent, l’Angara,  rivière de Sibérie, en Russie. Elle est l’unique émissaire du lac Baïkal et coule dans l’oblast d’Irkoutsk, puis dans le kraï de Krasnoïarsk, en Sibérie orientale. C’est un affluent de l’Ienisseï en rive droite.

L’Angara est la seule rivière issue du lac Baïkal alors que celui-ci reçoit 336 cours d’eau. En aval de son confluent avec la rivière Ilim, l’Angara était autrefois connue sous le nom de Toungouska Supérieure (en russe : Верхняя Тунгуска, Verkhniaïa Toungouska).

Contes et légendes chez Evy – défi 33

La légende du Cœur brisé

Dans cette vallée de  Jeti-Oghüz  au Kirghizistan, pas loin de la ville de Karakol  s’élevait une extraordinaire falaise de grès rouge rouges. On appelait cette paroi « 7 taureaux » comme les sept escarpements érodés au fil du temps.

Jeti-Oghüz

Lorsque l’on contourne un peu cette falaise lors d’une promenade on distingue

cœur brisé

Et c’est là que commence la légende du cœur brisé…

Il était une fois deux frères, tous les deux bergers. Beaux comme des dieux grecs, ils arpentaient la montagne avec leurs troupeaux. Un jour ils rencontrèrent une jeune femme dont ils tombèrent éperdument amoureux. La jeune aima de même les deux jeunes hommes et ne put faire un choix. Ils décidèrent alors d’un combat et le plus fort épouserait la belle. Le combat fratricide fut terrible, dur et sans pitié. Leur sang éclaboussa les rochers qui se teintèrent définitivement de rouge. La jeune femme horrifiée, pour les séparer brisa son cœur en deux énormes blocs qui forment les roches « cœur brisé ».

cœur brisé

Le chant du coq – chez Evy défi 180

L’amour de Pépita

Pépita est amoureuse. Rien d’étonnant ; toutes les poules sont amoureuses de Pépito le magnifique coq qui chante à la Caruso tous les matins dès que l’aube pointe ses premières lueurs. Oh qu’il est beau ce coq ! Superbes plumes noires et blanches pour le dos et le ventre, des plumes de couleurs pour une queue multicolore digne d’un paon à la parade. Nouveau dans la basse cour, il ne laisse aucune poulette indifférente. Mais Pépita n’en peut plus. Elle le veut, elle le veut, elle le veut et puis c’est tout !

Elle décide d’abord d’apprivoiser ce mâle chanteur et décide de préparer un repas sublime dont il se lèchera les ergots. Elle fait l’inventaire de ses placards et ne trouve rien à son goût. Le maïs ? Trop fade, le blé ? Trop commun. Le pain dur ? Tout juste bon pour ces gourdes de poulettes rassemblées sur un mur qui picorent et qui picorent mais qui n’ont aucune papille gustative. Les vers de terre ? Ils filent, se faufilent et se défilent chaque fois que Pépita essaie de les capturer.

Panier à provisions autour du cou, elle part en quête de nouveautés ; en chemin elle avale quelques petits cailloux blancs afin de raffermir la coquille de ses œufs ; ils doivent être les plus beaux. Elle mettra ainsi un atout de plus dans son jeu de séduction. Dans la cour de la ferme, elle est attentive à toute nourriture inhabituelle ; puis elle s’approche du bord de la rivière et là c’est la révélation ; elle aperçoit une cabane à pizza. Voilà la merveille. Elle court la brave Pépita, elle court mais caquette très fort quand elle voit qu’il faut payer six sous pour une pizza printanière « tomate /vermisseaux ». Que faire ? Pépita n’a pas un sou vaillant. Le pizzaïolo lui répond : « pas de sous, pas de pizza ». Triste comme une poule qui a perdu ses poussins elle repart. Pourtant elle sait que c’est ce qu’il lui faut pour séduire le beau Pépito.

Elle aperçoit alors Martha qui jardine. Pépita lui demande si elle peut lui prêter un peu d’argent pour acheter une pizza printanière. Martha accepte à condition qu’elle vienne nettoyer l’allée du jardin. Pendant deux heures Pépita travaille. Martha lui donne deux sous. Pépita les range sagement sous son aile et va voir Genova. Celle-ci refuse de lui prêter de l’argent mais veut bien que Pépita arrose ses fleurs. Pépita s’exécute et Génova lui donne deux sous qu’elle range aussi, sagement, sous son aile. Cela lui fait maintenant quatre sous.

Elle va voir ensuite Maya ; Ah Maya est une mère de famille débordée ; Elle ne peut prêter des sous à Pépita mais accepte que celle-ci lui finisse son repassage. Pépita peut alors ranger deux sous sous son aile. Pépita compte alors 2 sous + 2 sous + 2 sous cela fait 6 sous !

Six sous pour acheter la pizza printanière aux vermisseaux. Elle se met à courir vite très vite encore plus vite et catastrophe : elle laisse tomber ses sous, tous ses sous ! Adieu Pizza ! Elle pleure pauvre Pépita ; elle n’a plus qu’à retourner dans la basse cour, tête basse et rassembler son pain dur, le blé et le maïs, pour en faire une pâtée.

La larme encore à l’œil, elle entend un superbe « cocorico », Pépita lève la tête et crie « Pépito » ; elle grimpe prestement sur le mur et les yeux dans les yeux, ils se regardent, caquettent en chœur des cots cots et des codecs, des cocoricos encore et encore. Tard dans la nuit, épuisés par leurs chants, les deux amoureux s’endorment…

Au petit matin, une petite voix les réveille « Pépita, Pépita » ! Pépita ouvre un œil et elle voit alors Pablo l’escargot : « je te rapporte les sous que tu as perdus. »

Que faire de cet argent ? Les amoureux ont une faim de loup. Alors ils filent avec Pablo vers la cabane à Pizza. Ils achètent quoi ? Une pizza printanière à la tomate et aux vermisseaux et le pizzaïolo ajoute même une pâquerette. Mais pour Pépita et Pépito c’est la pizza de l’amour juste ce qu’il faut d’amour pour picorer tous les jours.

mars coq et poule de cuba