l’atelier de Ghislaine – atelier 74

avec les mots..

Songe, méconnu, image, pareil, nocturne, éphémère, harpies, utopie.

ou la phrase : Nul besoin de miroir pour…

Nul besoin de miroir pour observer cette image. Je sais combien le temps a fané mon visage, pareil à la pomme ridée qui sèche au grenier. Comment vaincre la vieillesse ? J’ai essayé toutes les crèmes et tous les sérums si chers ceux qui promettent la jeunesse éternelle ;  ils n’ont pas effacé les méfaits des nombreuses années écoulées. Elle était là la vieillesse ennemie !

Et pourtant, je ne l’ai pas vu s’approcher de moi. Elle était à mes cotés cette harpie, envoyée de la mort. Elle cheminait près de moi depuis longtemps déjà sans bruit, comme dans un mauvais songe nocturne, sans se faire remarquer, déposant tantôt une ride, tantôt une nouvelle douleur ou bien une marche trop haute, une escalier sans rampe trop difficile à gravir. Quand j’ai découvert sa présence, j’ai voulu la chasser, la faire tomber dans un fossé pour qu’elle quitte mes pas à jamais. Mais non, elle était toujours là, avec son faux sourire presque rassurant ; toujours là me prenant pas le bras pour m’entraîner sur ses chemins. Alors, j’ai cessé ce combat éphémère. J’ai pris sa main. Depuis ce moment, je la suis en marchant vers l’ombre, tranquillement sans révolte.

avec la complicité de mon amie Geneviève

 

Nul besoin d’un miroir pour refléter les songes ; ils sont trop éphémères ! Ce serait une utopie que de croire ces visions nocturnes venues de la douce musique de Mendelssohn entendue une nuit d’été.

Nul besoin de miroir pour refléter l’image de cette harpie méconnu pareil à l’aigle noir chanté par Barbara.

Nul besoin de miroir pour …

Les titres de Charles

Les Impromtus rendent hommage à Charles  ici 

Joséphine, légère et court vêtue, munie de son joli petit panier d’osier garni d’une galette et d’un petit pot de beurre était partie joyeuse pour souhaiter un bon anniversaire à sa mère-grand plus connue sous le pseudo la Mamma.

Et pourtant, elle était prévenue, bien mise au parfum par sa mère qui lui avait recommandé d’être très prudente en traversant le petit bois de Trousse-chemise ; hier encore, elle avait lu l’article dans la feuille de chou locale ; un loup rodait. Pas question de s’arrêter cueillir des fleurs ou des champignons ! Mais Joséphine fit fi de tout ce verbiage suranné. Elle alla donc dans les chemins de traverse, se rendit près de l’étang  pour couper quelques joncs.

Ah mais qu’il était beau cet énergumène sorti d’on ne sait où qui  lui susurra avec  une voix de velours à faire damner Yves Montand :

« Viens voir les comédiens, les magiciens, c’est ma troupe et je t’assure ; tu t’laisses aller aux plaisirs démodés. » Comme une dinde digne d’une oie de noël, elle est tombée dans le piège ; la ligne et l’hameçon qu’elle a avalés la Joséphine.  Ah non mais,  sur ma vie, jamais vu un musicien jouer de deux guitares en même temps !

Faut oser Joséphine, ça c’est Bashung) et maintenant,  ( c’est Bécaud), il faut savoir

 En cloque (Renaud) la Joséphine, un polichinelle dans le tiroir, la brioche est au four.

Contes du lundi – Gonflé

La consigne est là : chez Lakévio

 

Edgar Bundy - Little Donkey 1889

Ma petite maîtresse m’aimait beaucoup ; elle était si gentille, toujours gaie avec ses nattes ornées d’un petit ruban rouge et quand elle mettait sa petite casquette blanche, elle était irrésistible. Elle me soignait, et quand elle me brossait on aurait dit que l’étrille était en soie. Elle curait mes sabots pour ne pas que je me blesse avec les gravillons du chemin. Elle me caressait les oreilles et me faisait des bisous sur mon museau humide. Quand il faisait mauvais, que la pluie tombait avec force, que l’aquilon hurlait ou que la neige recouvrait les sentiers et que nous ne pouvions pas sortir, elle venait me voir dans mon écurie. Elle m’apportait du pain  ; elle veillait à ce qu’il soit bien sec et bien croquant, elle savait que le pain frais me donnait des coliques, de l’herbe fraîche, des feuilles de salade, des carottes et des pommes qu’elle cueillait au verger. Elle me tendait la paume de sa main dans laquelle je posais mon museau et d’un petit coup de langue j’attrapais ses dons. Elle restait avec moi longtemps, bien longtemps; elle me parlait, croyant que je ne la comprenais pas; elle me contait ses petits chagrins, quelquefois elle pleurait mais souvent elle riait en me fredonnant une de ses comptines surtout celle qui parlait d’un âne qui avait mal à la tête et à qui on confectionnait un bonnet. Quand elle repartait, je pouvais me coucher dans le foin bien frais et j’attendais le lendemain…

Contes et légendes chez Evy – défi 33

La légende du Cœur brisé

Dans cette vallée de  Jeti-Oghüz  au Kirghizistan, pas loin de la ville de Karakol  s’élevait une extraordinaire falaise de grès rouge rouges. On appelait cette paroi « 7 taureaux » comme les sept escarpements érodés au fil du temps.

Jeti-Oghüz

Lorsque l’on contourne un peu cette falaise lors d’une promenade on distingue

cœur brisé

Et c’est là que commence la légende du cœur brisé…

Il était une fois deux frères, tous les deux bergers. Beaux comme des dieux grecs, ils arpentaient la montagne avec leurs troupeaux. Un jour ils rencontrèrent une jeune femme dont ils tombèrent éperdument amoureux. La jeune aima de même les deux jeunes hommes et ne put faire un choix. Ils décidèrent alors d’un combat et le plus fort épouserait la belle. Le combat fratricide fut terrible, dur et sans pitié. Leur sang éclaboussa les rochers qui se teintèrent définitivement de rouge. La jeune femme horrifiée, pour les séparer brisa son cœur en deux énormes blocs qui forment les roches « cœur brisé ».

cœur brisé

Petit jeu de lettres 185 – Adminicule

c’est le mot donné par Ma Lady… Cela fait un bon moment que je ne suis pas venue et peu importe pourquoi en fait….

Adminicule cela veut dire  : Ce qui aide à faire la preuve dans une affaire.
ou sert à faciliter le bon effet d’un remède…

Remède cela tombe bien ! Partie en petite rando,  une racine traversa mon chemin et me voilà par terre le nez dans les feuilles à demi morte. Claudine m’a administré quelques plantes sur mon poignet blessé par une chute ridicule ; d’ailleurs une chute même qualifiée de « belle chute » est-elle autre chose que ridicule ? Bon j’avais sur ma main une espèce de truc aussi ragoûtant qu’une limace. Je déclinai ce truc médicinal et préférai aller passer une radio pour m’assurer que rien n’était cassé… Que nenni Emilie décida que  chanter des cantiques diminue la douleur. On aurait dit un chat qui miaule devant sa portion de limande….C’est dans un cortège funèbre que je m’en retournais chez moi.

 

l’atelier de Ghislaine 72

cinq mots en ERS et/ou  paysan, contraire, version, mélodrame, signe, pensée, loisir, salon

Nous nous sommes de pauv’ paysans ; on est pas riche !  Certes, on ne paie pas les légumes et heureusement ils sont hors tarif, on ne paye pas la viande, juste quèques  lapins et des  poules pis on tue  cochon une fois l’an. Mais le matériel et le glyphosate faut bien sortir les sous… Et vous savez combien ça coûte tiens une herse ? Non et bien moi non plus ! Pour survivre heureusement Germaine, Germaine c’est ma bourgeoise elle s’débrouille. Elle fait pousser des fleurs, surtout des pensées, qu’elle vend sur son banc au marché, elle dit ça aère les siennes,  avec les champignons.

Ma Germaine, elle est pleine de ressources, elle arrondit encore ses fins de mois avec un atelier tricot. Y a bien cinq ou six personnes qui rappliquent tous les jeudis dans le salon qu’elle s’est aménagée ;  boudoir qu’elle appelle son coin, et là ça cliquette des aiguilles et caquette des langues. Une maille à l’envers une maille à l’endroit, je pique dans le trou, je tire une boucle, je jette un fil etc.

Ce jeudi-là j’avais rien à faire, une averse du tonnerre de Zeus m’avais fait battre retraite. J’ai donc eu tout le loisir de les observer. Ah mes aïeux quelle rigolade. Pourtant c’était un vrai mélodrame ! Ma Germaine s’était époumonée à expliquer que pour faire les jours, les trou-trous comme elle dit, y faut pas lâcher les mailles de l’aiguille, la pauv’ Gersande à tout compris de travers et quand elle a tiré sur le fil tout s’est débiné heu débobiné et elle s’est mise à hurler, tempêter et les larmes ont tellement coulé que j’ai failli aller chercher la wassingue enfin la serpillière.  La discussion qui s’en suivit tourna en pugilat. Tout fut dit et son contraire. Et moi dans mon coin, je buvais du petit lait devant ce crêpage de chignon. Germaine fut traitée de perverse du tricot et Noémie fit un signe que je n’ose vous décrire.

Sûr que les mémères vont raconteront une tout autre version de l’incident….

Le chant du coq – chez Evy défi 180

L’amour de Pépita

Pépita est amoureuse. Rien d’étonnant ; toutes les poules sont amoureuses de Pépito le magnifique coq qui chante à la Caruso tous les matins dès que l’aube pointe ses premières lueurs. Oh qu’il est beau ce coq ! Superbes plumes noires et blanches pour le dos et le ventre, des plumes de couleurs pour une queue multicolore digne d’un paon à la parade. Nouveau dans la basse cour, il ne laisse aucune poulette indifférente. Mais Pépita n’en peut plus. Elle le veut, elle le veut, elle le veut et puis c’est tout !

Elle décide d’abord d’apprivoiser ce mâle chanteur et décide de préparer un repas sublime dont il se lèchera les ergots. Elle fait l’inventaire de ses placards et ne trouve rien à son goût. Le maïs ? Trop fade, le blé ? Trop commun. Le pain dur ? Tout juste bon pour ces gourdes de poulettes rassemblées sur un mur qui picorent et qui picorent mais qui n’ont aucune papille gustative. Les vers de terre ? Ils filent, se faufilent et se défilent chaque fois que Pépita essaie de les capturer.

Panier à provisions autour du cou, elle part en quête de nouveautés ; en chemin elle avale quelques petits cailloux blancs afin de raffermir la coquille de ses œufs ; ils doivent être les plus beaux. Elle mettra ainsi un atout de plus dans son jeu de séduction. Dans la cour de la ferme, elle est attentive à toute nourriture inhabituelle ; puis elle s’approche du bord de la rivière et là c’est la révélation ; elle aperçoit une cabane à pizza. Voilà la merveille. Elle court la brave Pépita, elle court mais caquette très fort quand elle voit qu’il faut payer six sous pour une pizza printanière « tomate /vermisseaux ». Que faire ? Pépita n’a pas un sou vaillant. Le pizzaïolo lui répond : « pas de sous, pas de pizza ». Triste comme une poule qui a perdu ses poussins elle repart. Pourtant elle sait que c’est ce qu’il lui faut pour séduire le beau Pépito.

Elle aperçoit alors Martha qui jardine. Pépita lui demande si elle peut lui prêter un peu d’argent pour acheter une pizza printanière. Martha accepte à condition qu’elle vienne nettoyer l’allée du jardin. Pendant deux heures Pépita travaille. Martha lui donne deux sous. Pépita les range sagement sous son aile et va voir Genova. Celle-ci refuse de lui prêter de l’argent mais veut bien que Pépita arrose ses fleurs. Pépita s’exécute et Génova lui donne deux sous qu’elle range aussi, sagement, sous son aile. Cela lui fait maintenant quatre sous.

Elle va voir ensuite Maya ; Ah Maya est une mère de famille débordée ; Elle ne peut prêter des sous à Pépita mais accepte que celle-ci lui finisse son repassage. Pépita peut alors ranger deux sous sous son aile. Pépita compte alors 2 sous + 2 sous + 2 sous cela fait 6 sous !

Six sous pour acheter la pizza printanière aux vermisseaux. Elle se met à courir vite très vite encore plus vite et catastrophe : elle laisse tomber ses sous, tous ses sous ! Adieu Pizza ! Elle pleure pauvre Pépita ; elle n’a plus qu’à retourner dans la basse cour, tête basse et rassembler son pain dur, le blé et le maïs, pour en faire une pâtée.

La larme encore à l’œil, elle entend un superbe « cocorico », Pépita lève la tête et crie « Pépito » ; elle grimpe prestement sur le mur et les yeux dans les yeux, ils se regardent, caquettent en chœur des cots cots et des codecs, des cocoricos encore et encore. Tard dans la nuit, épuisés par leurs chants, les deux amoureux s’endorment…

Au petit matin, une petite voix les réveille « Pépita, Pépita » ! Pépita ouvre un œil et elle voit alors Pablo l’escargot : « je te rapporte les sous que tu as perdus. »

Que faire de cet argent ? Les amoureux ont une faim de loup. Alors ils filent avec Pablo vers la cabane à Pizza. Ils achètent quoi ? Une pizza printanière à la tomate et aux vermisseaux et le pizzaïolo ajoute même une pâquerette. Mais pour Pépita et Pépito c’est la pizza de l’amour juste ce qu’il faut d’amour pour picorer tous les jours.

mars coq et poule de cuba

Prénom Jeanneton

Je reviens dans la classe de Madame Jill et quelle ne fut ma ma surprise de découvrir un prénom qui convoque des souvenirs…

Agée d’une quinzaine d’années, j’étais partie dans une sorte de colo en RDA avec quelques comparses du même âge… Les jeunes garçons la testostérone commençant à faire de l’effet chantaient à tue-tête quelques paillardises. Et voilà que notre cheval de bataille devint ce morceau d’anthologie qu’est ce « La Rirette » dont le refrain faisait rire aux éclats notre infirmière allemande qui entonnait ce refrain alors qu’elle ne parlait pas le français !

Je suis un peu émue car cette femme nous a accompagné lors de la visite du camp de Buchenwald où elle-même avait été déportée ; oui  oui les Allemands aussi étaient déportés s’ils étaient « traites » à leur pays ; et c’est les yeux plein de larmes qu’elle se mit à chanter Jeanneton prend sa faucille phonétiquement.

N’y voyez aucune injure aux femmes dont je défends les causes, ici c’est juste un souvenir agréable et émouvant

la cour de récré – Othello

Othello Shakespeare est un petit garçon plein de vie et heureux de revenir en classe. Ses parents sont fiers de lui… Cependant il lui arrive de traîner les pieds car dans sa classe cette année il va devoir travailler en binôme avec la petite Ave Maria Gounod. Alors la question reste : comment laver Maria quand on a Othello ?

 

Bonne rentrée à Tous