Chez Jazzy – Imagecitation 33/1

Celui qui sème ne récolte pas toujours , mais la graine tombée en terre n’est jamais perdue, qu’elle nourrisse l’homme ou l’oiseau qu’importe “ Maxime Du Camp

les glaneuses de Millet

et j’ajoute un texte que j’avais écrit il y a quelques années

Oh, Monsieur Millet, quelle est belle cette exposition ! Vos œuvres sont superbes !
Cependant permettez moi de vous livrer mes quelques impressions et nonobstant quelques conseils.
Votre toile « Les glaneuses » me semble bien terne et inachevée. Rien que le ciel manque de bleu ; les nuages y abondent, il est bien grisonnant.
Vous auriez pu demandez des conseils à Monsieur Monet qui lui a capte la lumière comme personne. Vous auriez pu peindre quelques épis blonds dorés, et mettre un peu de vert pour souligner et réchauffer les cœurs.
Votre champ de blé me paraît bien petit. Vous devriez ajouter quelques tons d’or cuivré dans vos jaunes pour les faire vibrer. Une petite touche de rouge vermillon évoquant des coquelicots aurait été la bienvenue. Je suis bien d’accord, les moissons sont faites mais il doit bien y avoir un coin pour faire une jachère fleurie avec un épouvantail habillé avec le costume rose en dentelle de Louis XVI, celui-là même qu’il arborait quand il accompagnait la folle Marie qui gambadait au milieu ses troupeaux de brebis. Je plains aussi ces pauvres femmes courbées en deux à ramasser quelques grains qu’elles disputent aux oiseaux.
Ah mais oui je reconnais votre génie avec le chapeau bleu myosotis de la jeune femme qui à la fin de la journée accroche les derniers rayons du soleil couchant.

Prénom Bretemette

Cette semaine maîtresse Jill met à l’honneur Bretemette mais elle n’est pas seule ; elle est avec Annette

Souvenirs

L’après midi touchait à sa fin. Les vaguelettes blanchissaient le sable roux du petit lac derrière la maison. Dans le ciel au loin, une alouette voltigeait comme elle cherchait son chemin puis elle disparut au-delà de l’horizon.
Allongées dans l’herbe, Bretemette et Annette, déballèrent leur goûter ; un tranche de cake et quelque gaufrettes à la crème de noisette. Elles dégustaient en papotant comme des dames comme elles disaient autrefois. L’une critiquait la salopette de la cousine Mariette, pauvre cousine un peu simplette qui s’obstinait à porter du jean délavé ; l’autre se moquait de la Tantine avec sa collerette blanche à froufrou amidonné, datant du 19ème siècle.
Elles aimaient bien leur Tantine. Elles passaient leurs vacances chez elle depuis qu’elles étaient nées.
– Tu te souviens Bretemette quand Tantine nous faisait des papillotes avec du papier joseph pour que le lendemain nos cheveux longs fassent des frisettes très serrées.
– Je me souviens surtout quand nous mettions de la poudre de riz partout avec la houppette en plume de cygne et que nous laissions accuser la chatte Perlette.
– Et le soir quand près de la grande cuisinière, la chaufferette sous les pieds, elle nous contait des histoires tout en mâchonnant des bouts d’allumettes ; des vraies sornettes et nous étions mortes de rire !
– Elle portait toujours son bracelet, on aurait dit un lacet de tonton Henri, comme une amulette.
Elles s’interrompirent un instant pour déplier une sucette parfum d’anisette comme autrefois. Elles se précipitaient abandonnant leurs trottinettes, les couettes voletant pour se jeter sur Tantine qui leur offrait leurs friandises adorées ? Tantine en avait glissées dans le panier.
Soudain Bretemette se mit à faire des galipettes des cuplettes et des cancubelles dans l’herbe tendre ; d’abord étonnée Annette finit par l’imiter en riant.
Demain, elles rentreraient à la pension… Finies les tartelettes aux cerises, les andouillettes au Pouilly avec des pommes dorées au beurre et la tartiflette de Tantinette. Saperlipopette.

 

Bricabook – 279

Une photo de Kot

kot

Quelques semaines s’étaient écoulées …

– « Vous êtes enceinte Madame » lui avait annoncé le médecin ! Cette phrase résonnait dans sa tête depuis trois mois. Quels idiots, aucune précaution…

Elle avait accusé le coup ; peu d’amies à qui se confier, puis renvoyée à sa propre enfance, un peu chaotique, elle accepta ce merveilleux cadeau ; un enfant ! Elle pensait enfant pas embryon, pas fœtus, Enfant.

Elle avait hésité avant de prendre contact presque inconnu rencontré, alors qu’épuisée par une journée particulièrement éprouvante, elle s’était accordée une pause et offert un verre dans un bar proche du palais de justice où elle était juge d’instruction. Ils avaient plus que sympathisé mais ne s’était pas revus…. Ce qu’elle savait de lui : Gordi, diminutif de Guillaume et expert comptable, confidences faites entre deux étreintes torrides.

Elle avait fini par informer le géniteur malgré lui,  lui avait expliqué qu’elle n’attendait rien de lui, qu’elle  assumerait  seule  cet enfant. Mais Elle pensait qu’il était normal qu’il soit au courant de cette grossesse. Le pauvre était tombé des nues, n’avait pas  vraiment  réalisé ce qui lui arrivait. D’ailleurs,  il était en charmante compagnie !

Et puis cette lettre. Il souhaitait la rencontrer, discuter de cet événement. Dans un premier temps, elle  n’eut pas l’intention de donner suite à ce rendez-vous.  Ne pas imposer cet enfant qu’elle seule avait décidé de garder. Pourtant, les phrases écrites par Gordi tournaient dans sa tête. Il n’était pas vraiment préparé à être père mais il devait prendre aussi ses responsabilités et qu’il était prêt en discuter.

Voilà pourquoi, elle avançait dans cette rue sombre bordée d’immeubles noircis par le temps. Ses pas mesurés et hésitant la menait vers cette petite place baignée de lumière. Quel choix faire ?

Elle s’arrêta quelques secondes au milieu du trottoir et après avoir rejeté ses cheveux en arrière, Elle releva la tête,  serra l’anse de son sac à main. Elle était sûre ;  Elle allait  lui donner une chance d’entrer dans leur vie.

 

petit jeu de lettres – 135

 

A comme aspirer
R comme respirer
G comme grisard
Y comme Yraspie comme on n’a pas on invente c’est le pays que Ma lady a choisi pour son nouveau roman
R comme regard
A comme agape surtout ne pas
S comme sapide
P comme piger
I comme Isidore et c’est pour le cas où ma Lady voudrait envoyer un télégramme
D comme diaprer comme le paysage dans le pays imaginaire de ma Lady
E comme égayer ma Lady n’a pas son pareil pour dérider une tablée endormie
S comme saper comme ma Lady quand elle va au marché

Et mon tout donne Argyraspides

Atelier 49 – Chez Ghislaine

Avec les mots :  reine – organiser – guillerette – moquer – boulangère – catastrophe – rescousse – vengeance

Emois et déboires

Reine, reine de la petite reine et reine des pizzas au fromage de chèvre était partie guillerette, pour organiser avec la boulangère Marinette et la petite Perrette leur business au marché de la bourgade voisine. Elles devaient se retrouver au carrefour de l’homme mort près de la fontaine.

Donc, légère et court  vêtue, notre Perrette portait sur sa tête  sa cruche de lait avec lequel elle comptait faire son beurre. Elle se rendait à pied au rendez-vous des copines. En chemin, elle rencontra le beau Pedro qui lui fit une  cour pressante et dans leur ébats,  catastrophe de catastrophas  la cruche posée à leur cotés se renversa brisant net les  projets de Perrette. Plus de poules ni poussins, plus de cochon  plus de porcelet , rien qu’une dinde perdue au milieu du bois qui criait vengeance après ce Pedro de malheur qui, couard comme pas deux avait déserté le champ de bataille ayant eu son comptant ou son content. Ah ! Les autres allaient bien se moquer de ses élans de cœur d’artichaut.

C’est alors que Zorro arriva à la rescousse. Il ne put que ramasser les débris de la cruche et les débris du cœur de Perrette.

Je me suis fait enguirlander

Chez les Impromptus littéraires  

La magie des miroirs ayant cessé ses effets, vous voilà devant ce constat
« Je me suis fait enguirlander ».
Couvert d’éloges au sens figuré ou plus familièrement réprimandé, racontez en prose ou en vers et envoyez-nous votre texte avant dimanche 8 octobre minuit à l’adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com.
Ce thème nous a été suggéré par Cristel D 🙂

Récit d’une cigale dépitée

Je me suis fait enguirlander par une espèce de fourmi vindicative. Oui oui croyez moi les fournis ne sont pas prêteuses.

Que je vous raconte !

Cette année là, j’avais chanté tout l’été à en perdre ma voix ; j’ai été tellement occupée que je n’ai même pas trouvé de compagnon ; le sea, sex and sun, je suis passée à coté. Et voilà, je n’ai pas pensé une seule seconde à faire des provisions et que je n’aurai rien à boulotter quand la bise viendrait. Me voilà bien marrie et surtout très affamée. Qu’auriez vous fait à ma place ? Me recroqueviller sur un arbre et tendant un gobelet ?

Non ! Je suis donc allée cogner à l’huis de ma voisine pour lui demander de l’aide. C’est une fourmi et chacun sait que les fourmis sont prévoyantes et organisées. J’ai pensé qu’elle aurait de la compassion pour une pauvre cigale qui lui avait joué des concerti durant la belle saison ; un morceau de mouche, quelques vermisseaux ou quelques graines feraient très bien l’affaire. Eh bien ! Croyez moi, non seulement, elle ne fut pas accueillante mais elle m’interrogea sur mes faits et gestes de la saison passée. Je me suis crue au commissariat de police comme si j’étais une voleuse. Elle a même osé me dire que les restos du cœur n’étaient pas faits pour les chiens ! Oh je lui ai bien répondu que comme à la Société Générale, son intérêt était capital et que je la rembourserai jusqu’au dernier denier avant que le loup n’arrive, mais elle m’a jetée dehors en me disant d’aller danser…

Je me suis fait enguirlander…

Petit jeu de lettres – 134 – Barguigner

Cette semaine Ma Lady nous propose de Barguigner.  Marchander plus ou moins longuement ; hésiter ne pas arriver à se décider

La barguigneuse

Gainée dans un tailleur le plus chic et dans une dix huit heures de Playtex, chapeautée d’une cloche rouge andrinople souligné d’un ruban de velours noir pour se protégée d’une légère bruine, une grande bringue, suivie d’un petit chien aux poils bringés, pénétra dans la boutique de Ma Lady, bijoutière dans la grande rue de la bourgade de Guigne sur Arzon. Il était environ 14h et elle désirait acquérir une bague pour sa nièce demanda à ce qu’on lui présente la nouvelle collection.

Le vendeur, genre grand sifflet un peu bugne, apporta différents plateaux sur lesquels étaient délicatement posés émeraudes et diamants et autre perles fines. Un rayon de  soleil baignait le comptoir faisant jaillir tous les reflets des pierres de grande qualité.

Pendant que la cliente barguignait entre les pièces proposées, ma Lady lui offrit un thé aromatise à la bugrane. Le vendeur très amène offrit une gamelle d’eau fraiche au chien qui s’impatientait et commençait à mettre ses pattes sur la banque.

Finalement la cliente, se décida  pour un petit anneau muni d’une perle fine somme toute assez modeste, paya son achat et sortit dignement.

Dérangé par sa petite amie, son béguin du moment, c’est l’oreille collée à son doudou addictif qu’il rangea les présentoirs sans prêter vraiment attention jusqu’au moment où ma Lady poussa un cri déchirant. Il manquait deux bagues ; un solitaire et un saphir œil de paon.

La cliente installée à la pâtisserie d’à coté dégustait un Paris-Brest onctueux quand la police l’interpella.  L’interrogatoire se prolongea par une garde à vue ; sans succès, aucun bijou ni  dans le sac ni dans ses poches. La dame répondait aux questions  avec un l’air satisfait d’un sanglier dans sa bauge.

Le commandant de police, un jeune homme énergique fortement agacé par cette pimbêche qui lui faisait du gringue et  le narguait avec aplomb, se résignait à signer la fin de la détention quand le brigadier Gruge hurla sur le perron du  commissariat. Un chien attaché dehors s’était laissé aller et  il avait glissé sur sa crotte. Les copains riant de la mésaventure sortirent et là devant eux, les joyaux brillaient de tous leurs feux…