Le jardinier amoureux

pour les Impromptus le thème de la semaine :

Après les hommages à Jacques Higelin, un peu de légèreté et un brin de folie :
Cinq éléments incontournables pour un texte !

un personnage : un jardinier amoureux
un lieu : au milieu du boulevard
un objet : un rouge à lèvres
un moment : avant la naissance de Gilles
un problème ou une anomalie : le linge qui séchait dehors a disparu

à l’eau de rose

Dans le grand parc du Palais royal de Coucouron sur Arzon, la fête battait son plein sous l’œil du grand maître jardinier, un génie. Les gens du monde entier et surtout les gens du monde  se pressaient auprès des massifs fleuris de roses merveilleuses s’exclamaient avec des grands  « Ah », se pâmaient avec des grands « Oh » devant cette symphonie de couleurs et de parfums. La belle Sophronue sous son ombrelle s’ennuyait fermement. Elle détestait  les roses et se demandait bien pourquoi elle avait accompagné Waudru sa cousine.

Au détour d’un massif, Eugénie lui présenta le Maestro des roseraies qui tomba immédiatement amoureux de la Belle Sophronue. Tout dans sa personne le fit frissonner. Ses cheveux bruns frisés s’échappant de son chapeau, ses yeux verts en amande et sa bouche soulignée d’un rouge à lèvres framboise, rien à jeter se dit-il !  Il multiplia les rendez-vous, fit de son mieux pour lui parler le langage des roses mais elle restait hermétique à ses nouvelles créations. Elle préférait les ancolies, les jacinthes sauvages et les coquelicots.  Elle poussait même son amour de fleurs champêtres à sa lingerie fine … Tout en dentelle de Calais et soie Liberty’s .

Pauvre génie floral, il n’arrivait pas à conquérir la demoiselle. Un jour, il la suivit et découvrit le logis de sa dulciné.  Bien malgré lui, il subtilisa petite culotte et soutien gorge qui séchait au gré d’un doux zéphyr.

– Ah ça mais s’écria Sophronue, ma lingerie, mon linge qui séchait dehors a disparu ! Tel Harpagon avec sa cassette, elle courut partout… Elle accusa Waudru de jalousie maladive.

Le jardinier amoureux serait-il fétichiste ? Que nenni ! C’est le seul moyen qu’il trouva pour séduire la Belle en lui rapportant son précieux bien.

Cette histoire que l’on me rapporta, s’est passée, il y a bien quelque mois, juste avant la naissance de Gilles, leur premier enfant. Depuis, plus de rosiers, rien que des pissenlits et des marguerites sauvages dans un parterre, fouillis herbacé au milieu du boulevard de Coucouron sur Arzon.

Petit jeu de lettres 158 – Pautonnerie

Pautonnerie c’est le mot choisi par ma Lady et nous allons voir ce que nous allons voir ! 

Là je ne badinerai pas. Ma lady nous propose un onze lettres c’est plus que le célébrissime jeu de la télé mais elle est finaude ma Lady, car elle nous encense avec une définition lénifiante si tant est que la méchanceté, la félonie et l’insolence soit de cet acabit car je parle pour la forme et non pas sur le fond. Mes recherches sérieuses et approfondies m’ont emmenée sur d’autres terrains à savoir :
Pautonnerie c’est aussi une bourse ou encore une gibecière pour les chasseurs ; à ne pas confondre avec pautonnier qui est un homme de main, un sbire, un pistolero pas très recommandable qui vit aussi de rapine et bien faire la distinction avec le célèbre cinéaste de génie prénommé Gérard ; désolée ses parents n’ont pas voulu Antoine. Antoine, lui c’est le fauconnier mais cela n’a rien avoir avec mon histoire car il n’y ni c ni f dans les lettres proposées et pourtant des faux cons et des vrais et des oiseaux il y en a beaucoup. Mes excuses pour cette digression. et pendant que j’y suis rien à voir aussi avec peloterie car il n’y a pas de l
Mais je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin, j’ai fait travaillé mon neurone à peine usé et là j’ai découvert que certaines personnes qui arpentent,  qui mettent en éruption certains quidams, les rues piétonnes au point que le goudron en reluit d’une patine luisante s’appellent pautonnière ! Auraient-elles des petits petons ?

Ah ma lady pas beaucoup de mots mais mais je me suis bien amusée !

 

Petit jeu de lettres – Oligotrichie – 157

Alors ce mot il fallait aller le chercher ! Ma Lady est imbattable quand il s’agit de partir à la chasse au trésor.

rareté des cheveux naturels, synonyme alopécie ou oligotrichie. Mon dieu en serai-je atteinte ? 

Pour faire le portrait de ce mot il nous faut 12 lettres et puis il faut chercher les mots qui pourraient s’imbriquer… Je suis restée coite, comme un ours devant un igloo !
Mais les lettres parlent alors je brosse cette toile.
Une touche de trilogie pour nous raconter des histoires
Un coup de pinceau pour rigoler badigeonné d’un geste rageur par un orteil en délire d’où gicle des embruns colorés.
Ensuite, sans triche de ma part, je croquerai un chiot ou un tigre pour aller vers un goret ou un lérot, selon l’humeur qui se dégagera de cette création irréaliste ou surréaliste.
Et, là, vous vous dites mes chers lecteurs, Lilou a fumé la moquette ou des substances pas très licite. Que nenni j’ai juste écouté la musique des mots et doucement tout doucement, alors, j’ai entendu ma Lady qui m’a soufflé « oligotrichie ».

Ca m’a quand même coûté un bras –

Perrette nouvelle version

Je suis partie, légère et court vêtue, le printemps arrivait à grand pas pour aller à la ville vendre le lait de la Noiraude ? Je sais cette pauvre vache est bien déprimée depuis qu’elle a compris que la voie lactée n’est qu’une représentation dans le  ciel étoilé de l’été, mais il faut bien que je vende son lait si je veux acheter une autre vache, un taureau pour avoir des veaux. D’accord,  il y a bien l’insémination cependant je reste persuadée que la qualité des bébés est meilleure avec les méthodes  à l’ancienne. Une idée en amenant un autre, je ne comptais pas m’arrêter là ;  quelques moutons pour faire des tajines à mon Paulo de mari, et puis des poules et des coqs pour faire des belles couvées, un cochon ou deux pour le saucisson truffé aux pistaches. Avec tout le flouze que je vais en tirer, je pourrai enfin m’offrir, des fringues dignes de Dior,  du parfum de  Givenchy ou de Chanel pour pouvoir dormir nue enveloppée des effluves du numéro 5. Comment ? Un peu cher avec le gain de quelques poules ? Oh mais  je vendrai aussi tout le  fumier de ma Noiraude. Crésus qui habite près de la ferme du Fernand, il a acheté à sa Germaine un gros caillou qui brille partout. Elle a vendu  le crottin de son canasson pour faire des champignons de Paris et elle a filé chez Vendôme.

Seulement rien ne se passe comme prévu. Forte de mes toutes nouvelles envies,  j’ai coupé par la carrière et la tête dans les nuages  me voilà trébuchant sur un parpaing qui traverse inopinément mon chemin. Quel gadin magistral ! Cul par-dessus tête ! quand à ma cruche de lait n’en parlons même pas , en miette pire que les amphores romaines. Je me suis retrouvée à l’hôpital deux jours et comme ma carte vitale est périmée, cela m’a coûté quand même un bras…

Pour les Impromptus littéraires 

 

Jeu de lettres chez ma Lady – 155 – 10/18

Pour renouer un peu avec l’écriture  un mot de Ma Lady Circonvallation

Une bonne odeur de café arôme noisette régnait dans la cuisine et la tasse encore à la main et les yeux dans le vague je savourais l’instant charmant entre aube et aurore quand des bruits  sourds interrompirent le cours de  mes pensées. Brutalement des voix retentirent et le mot circonvallation émergea d’un flot de cris…

  • Comment ? Quelle circonvallation veux-tu faire encore ? Tu n’es pas raisonnable ma Lady, cette propriété n’est pas un champ de bataille !
  • Pas de circonvolution mon cher Victor, je veux juste creuser autour de la maison un petit bassin pour que les grenouilles, les crapauds reviennent dans notre jardin.
  • Pouah les Crapaud c’est moche et ça pue criailla Victor dont la carnation du visage virait au violet pourpre.
  • Non mais alors, faut pas vivre à la campagne s’insurgea ma Lady ! Et les pucerons qui les mangera, si les coccinelles s’en vont ? Tu auras beau traiter tes sacro-saints rosiers, mauvais pour la planète, elles périront. Et les moustiques, hein,  les moustiques qui te piquent la couenne ! Tu m’enquiquineras tout l’été pour te mettre de la crème anti démange ! … Pas de grenouilles mais des moustiques.
  • Non, non et non pas de bassin dans mon jardin martelait Victor comme un carillon !

Alors pendant que ma Lady non résignée, récitait toutes les invocations pour  tous les dieux du monde, je pris mon violon et me mit à jouer un air de la symphonie pastorale de Beethoven… Le passage de l’orage…

Contes du lundi – L’insaisissable étrangeté

Chez Lakévio 

« Il ne faut jamais éclaircir le mystère. De toute façon, un écrivain ne le pourrait pas. Et même s’il cherche à l’éclaircir de manière méticuleuse, il ne fait que le renforcer.

Patrick Modiano

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Anne Françoise COuloumy
Un petit air

Un petit air de violon vint tout à coup balayer son cerveau. Il montait les escaliers de cet immeuble et les souvenirs affluaient. Sur le palier du deuxième étage toujours ce rectangle de lumière que le soleil projetait en cette saison à cette heure de la journée. Comme il avait pu jouer, avec sa sœur dans cette portion de mur. Il faisait des ombres chinoises pour lui faire peur, des monstres qu’il lui disait. Mais elle n’était pas dupe et elle riait aux éclats tout ne montant les derniers degrés pour accéder à l’appartement.

Vide, c’était bien le mot, l’appartement inoccupé depuis plus de cinq ans ; une femme de ménage passait de temps en temps pour faire la poussière et aérer. C’est ici qu’il commença ses premières leçons de violon et sa sœur de piano.  Et puis la vie les sépara, un accident pour elle où elle perdit la vie et lui les concerts pour s’étourdir…

Cet appartement est le seul bien que ses parents lui ont légué ; l’héritage, ce logement modeste chargé de tant d’émotion ! Il n’est plus venu depuis leur disparition.  Le notaire avait été précis : Monsieur, il faut vous décider, soit vous vendez, soit vous louez. Il y a tant de personnes qui vivent dans la rues,  blabla etc. Le brave clerc l’avait saoulé avec ses discours humanitaires.

Lorqu’il pénétra dans le hall, une odeur de potage aux légumes lui chatouilla les narines ! En trois pas il fut dans la cuisine et vit une jeune demoiselle, cheveux longs roux et frisés autour d’une petite tête aux yeux verts assise devant un thé parfumé. Pauvre Claude, « les bras lui en tombèrent ». Son appart’ squatté…  La demoiselle se leva, lui prit la main pour le saluer, le regarda du haut en bas et de bas en haut se présenta :

«  Bonjour moi, je suis Alice, alors toi aussi tu viens en coloc. Il est chouette c’est appart’ clair et isolé du bruit. La concierge a dû te donner le règlement. Ici on ne paye pas mais on n’abîme rien. On dort, on mange, on travaille. Elle est brave cette concierge, cela fait un an que je suis là, je le kiffe trop ce coin. Je suis vendeuse au super marché et pas un sou pour mes études. Je suis en master d’économie et … Blabla… J’adore les chats, les chiens j’en prendrais bien mais ce ne serait pas raisonnable et blabla… La musique classique à petit dose c’est bien ; et toujours blabla…. Et je fais ma cuisine….

Pour la deuxième fois de la journée, Claude écoutait sans entendre. Le petit air de musique revenait sans cesse comme une ritournelle. Il resta bouche bée et se demanda bien ce qu’il fallait faire. Enfin il se décida : Bonjour moi je suis Claude, dit- il en lui tendant la main, je crois que je vais rester quelque jours ici ; si tu veux bien me faire visiter….