Virtuel ou pas

Chez Ghislaine 

Quelle tristesse ! J’étais installée dans le train qui m’emmenait à Paris où je souhaitais visiter une expo impressionniste dont on m’avait dit le plus grand bien. Et que vis-je ? Plongée dans mon polar, en face de moi, une jeune femme emmitouflée de la tête, bricolait un téléphone portable pendant qu’un gamin d’à peine 18 mois se vautrait sur ses genoux. Soudain,  elle mit le doudou magique dans les mains du petiot qui,  de suite  joua de l’objet avec une dextérité qui m’épatât. Le pouce calé sur le petit écran,  il faisait défiler les images… Pendant ce temps, la mère se déguenilla  et dévoilée avec un bien être évident  prit un jouet identique. Aucun mot ne fut échangé entre eux. Pas même quand elle lui donna un biberon d’eau colorée qu’il repoussa d’un air de dire : «  fiche moi la paix. » A n’en pas douter, ce moutard-là ne jouera pas aux  « Petits chevaux »

Cela méritait bien que je l’écrive

 

 

Bande dessinée téléphone portable

Top chef – Accommoder la selle de cheval

 

Le top départ est donné pour notre troisième sujet de l’été,
 l‘art surréaliste cède la place à l’art culinaire. 
A vous de concocter un texte savoureux et goûteux
sur ce thème gourmand… ou pas.

On préfère la selle de cheval car celle d’agneau coute trop chère.

Prenez une selle de cheval, une bonne selle de cheval entier coupée dans la fleur du cuir  pour la fleur de selle. Elle doit être  bien tendre donc choisir  une vieille selle car plus elle est vieille plus elle est tendre elle. Elle doit être bien parée.

Faire bouillir à l’eau froide et ajoutez les bridons  dès l’ébullition en prenant soin d’enlever les gourmettes qui serviront d’abats…

Attention, les étriers doivent être cuits séparément.

Quand tout est bien mitonné, hachez le mors en julienne puis incorporer du chewing-gum à la chlorophylle pour que le vert soit fluo (le vert épinard risquerait de faire tourner la sauce) pour faire comme une purée salez, poivrez, pimentez à votre goût et mélangez.

Dressez le plat sur un harnais et servez bien frais.

J’en ai bien profité

Pour les Impromptus littéraires

Prologue

Le loup est un animal protégé mais les coups de fusil pleuvent un peu à tort et à travers. On oublie que c’est avant tout un prédateur dominant… Quelques brebis pour se nourrir est-ce un si lourd tribut. Chacun a sa place dans la nature.

C’est à cela que pensait le vieux Dédé, loup édenté et pelé qu’une grand’ mère avait récupéré mort de faim alors qu’il s’était échappé d’un zoo. Il vivait là depuis quelques temps et se souvenait d’un jeunesse tumultueuse.

J’en ai bien profité quand Chaperon rouge, stupide petite fille a traversé le bois, s’arrêta pour et cueillit des fleurs pour sa mère grand, abandonnant son panier avec pot de beurre et galette. J’ai boulotté Mamie et Petite fille

J’en ai bien profité quand la chèvre est partie faire des courses, qu’elle a traîné pour acheter un parfum « senteur de cabicou » abandonnant ces cabris innocents. J’ai bien profité de leur innocence et je me suis rempli la panse.

J’en ai bien profité quand le pauvre agneau qui se désaltérait dans l’onde pure d’un ruisseau, bêla qu’il tétait encore sa mère tandis que je mordais dans son cuissot tendre.

J’en ai bien profité quand les trois petits cochons tremblaient de peur pendant que le vent arrachait toiture, murs et cheminée. Bon , ils ont été malins avec leur bassine d’eau bouillante… Mais ils ont bien cuit.

Reste ce Pierre, celui qui avec sa flûte, le hautbois, le basson du grand-père m’a piégé avec on fusil a bouchon. Tant pis j’avais déjà avalé le canard… la plume volait encore. J’en ai bien profité, j’étais nourri au zoo, plus la peine chasser, que des franches lippées… Je me suis ennuyé un peu alors on m’a amenée près d’une louve blanche et j’en ai bien profité aussi…

Résultat de recherche d'images pour "loup"

Détesté – aimé – juin et juillet

Résultat de recherche d'images pour "genou"

 

Ah que ces mois de juin et juillet sont à oublier vite.

J’ai détesté mes faire opérer du genou. Une prothèse totale n’est pas une verrue sur le bout du nez. Et j’ai détesté avoir eu affaire à des intermédiaires qui viennent à votre « aide » mais qui mette trois fois plus de temps pour faire des démarches. Résultat, sortie d’hôpitale sans kiné à domicile ni pendant les cinq jours consécutifs et encore un rendez-vous à 18h 30… J’ai détesté la terre entière car la douleur n’est pas bonne conseillère.

Mais pour rester sur une note plus gaie, j’ai aimé, notre réunion de famille pour le 14 juillet pas facile à gérer mais si chacun y met du sien. J’ai fait la connaissance de mon dernier petit fils (franco-espagnol) tout rouquinou et adorable. Et puis une découverte musicale avec Thomas Enhco et son album « funambule. » Ne ratez pas l’extrait lundi dans le classique.

Voilà pour août nous verrons bien..

Au bord du lac –

Pour les Poudreurs d’escampette :

P266 – En regardant  ce tableau certains ont cru voir dans la main de la personne debout à droite un téléphone portable !  Erreur d’interprétation bien sûr puisqu’il s’agit en fait d’un livre dont la lecture concentre l’attention du  modèle  lui évitant ainsi de bouger.

Maintenant, introduisez volontairement cette fois, dans un tableau célèbre avec personnages de votre choix, un objet inattendu qui déclenchera un dialogue dans votre tableau ainsi animé. Le nom de l’œuvre et de son auteur serviront de titre à votre texte.

le bord du lac pour les poudreurs

Un dimanche après-midi. Le soleil brille…

Une petite fille accompagnée de sa gouvernante joue près d’un petit lac sous le regard tantôt lascif tantôt attentif  d’un metteur en scène de pacotille invisible dans sa chaise longue…

Le point de vue du cygne majestueux :

Ah tiens voilà la charmante enfant de l’autre jour ; p’êtes ben qu’il y aura quelques miettes pour moi ; et de la brioche cette fois j’en ai assez du pain sec.

Le point de vue de la gouvernante :

Marre de cette gamine qu’il faut balader par une chaleur pareille…Une fois de plus je vais rater mon rendez-vous avec Jules… Il va encore inviter cette peste de Suzon qui lui fera des grimaces…et tout et tout…

Le point de vue du cheval :

Je voudrais pour une fois galoper avec cette petite sur mon dos, elle ôterai son chapeau de paille et dentelle et ses cheveux libérés voleraient dans le vent, nous irions dans les sous bois. Puis après avoir couru tout notre saoul, j’irai au pas pour qu’elle admire et respire le parfum de l’herbe et de fleur fraîche, d’humus et de champignons. J’adorerai qu’elle brosse ma robe…

Le point de vue du ciel : dommage que j’ai des nuages qui moutonnent un peu mais je vais me déchirer pour que le soleil éclaire cette magnifique clairière et que je me reflète tel Narcisse dans l’eau du lac frais.

Le point de vue de la couleur verte :

Que de recherche dans l’harmonie des tons et nuances.. Du jade pour l’herbe tendre, de l’émeraude pour les arbres dont le feuillage dense frémit au vent léger, du sapin pour les sapins et un vert Nil pour les berges du lac.  Elle l’a travaillé sa palette avec Renoir, et les petits coups de pinceaux avec Monet.

 Deuxième partie

C’est un peu court, jeune femme à propos de ce tableau vous auriez pu dire :

Que du point de vue de Mme Morisot peindre sa fille est l’émanation d’une jouissance sans fin et que chaque coup de pinceau s’avère être comme un baiser qu’elle lui donne.

Que cette petite fille même peinte de dos dégage l’amour absolu que lui porte sa mère.

Que le souci du détail est absolu ; il suffit de regarder la bouche rouge cerise de la nurse de Julie Manet et d’admirer comment une tache brun roux laisse imaginer un cheval tirant une charrette.

Que le noir, qui est dans l’absolu la révélation de l’absence de couleur, est, pour l’artiste, une couleur qui se traite avec beaucoup de respect et que son usage avec parcimonie fait ressortir son intensité.

Que la maîtrise du pinceau se voit dans l’ébauche d’un cygne qui se fond avec les reflets de l’eau.

Que les verts sont travaillés durant des heures et des heures pour nuancer toutes les déclinaisons d’un même ton celui de la lumière et des  ombres et qu’ils nous donnent envie d’aller nous rouler dans cette herbe fraîche et tendre.

Que les paysages guident notre regard dans leur profondeur et que l’on a envie de s’y perdre ou de jouer à cache-cache avec cette petite Julie.

Voilà ce que vous auriez pu dire, si vous aviez mieux regardé et si vous vous étiez mise à la place de Madame Morisot qui outre l’œil du peintre avait le regard d’une Maman.

jeudi poésie M’en allant par la bruyère

Oui, j’ai déjà publié ce poème sur mon ancien blog mais je ne résiste pas à le republier ici

M’en allant par la bruyère
– Buisson rouge, buisson blanc –
Pour cueillir la fleur dernière
Qui pousse au milieu du vent.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

Passant vers la clématite
– Le rouge-gorge est dedans –
J’ai rencontré la nourrice
Qui mène au bois ses enfants.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

Les trois plus beaux vont derrière,
Les trois plus gais vont devant,
Mais la petite dernière
Traîne le pied marchant.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

Passant par le champ de trèfle
– Ses frères sont loin du champ –
Elle baisse un peu la tête,
Elle s’arrête en pleurant.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« Viens-t’en, ma petite rose,
Ma mie, avec moi viens-t’en.
Nous rattraperons les autres
À travers les pays grands.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« Donne-moi ta main sauvage
Qui tient une fleur au vent;
Donne-moi ton doux visage
Et ton joli cœur battant.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« Donne-moi ton cœur qui tremble
Avec son chagrin dedans;
Nous le porterons ensemble
Sous mon grand manteau flottant.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« Et j’endormirai ta peine
Le long des bois en chantant.
Ta peine d’aujourd’hui même
Et celles des autres temps.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« La plus vive, la plus folle
Qui sort du monde au printemps
Et celle qui vient d’automne
Pour faire mourir les champs.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

 

Marie NOËL (1883-1967)
Sa biographie

Portrait de Marie NOËL
Marie Noël, de son vrai nom Marie Rouget, est une poétesse et écrivain française, née le 16 février 1883 à Auxerre, décédée le 23 décembre 1967. Elle est officier de la Légion d’honneur.

Elle est née dans une famille très cultivée et peu religieuse. Elle resta célibataire et s’éloigna très peu de sa ville natale. Sa vie ne fut pas si lisse pour autant : un amour de jeunesse déçu (et l’attente d’un grand amour qui ne viendra jamais), la mort de son jeune frère un lendemain de Noël (d’où son pseudonyme), les crises de sa foi… tout cela sous-tend une poésie aux airs de chanson traditionnelle. À sa mort, elle lègue son œuvre à la « Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne ». Cette société savante (fondée en 1847) gère et étudie son œuvre à travers de nombreuses publications.

Femme passionnée et tourmentée, elle n’est souvent connue que pour ses œuvres de « chanson traditionnelle », au détriment de ses écrits plus sombres, dont la valeur littéraire et la portée émotive sont pourtant bien plus fortes. Citons à titre d’exemple le poème pour l’enfant mort, véritable « hurlement » (titre d’un autre de ses poèmes) d’une mère écartelée entre sa souffrance quasi animale et sa foi en Dieu, appelant à l’acceptation (Marie Noël était profondément catholique). Le déchirement entre foi et désespoir, qui culmine dans un cri blasphématoire aussitôt repenti, est ici particulièrement poignant.

Elle fut une grande amie de Léon Noël (1888-1987), homme politique français, Ambassadeur de France, Président du Conseil Constitutionnel (sans lien de parenté).

Elle a obtenu en 1962 le Grand Prix de poésie de l’Académie française.