La cour de récré – Félicien

Voilà les Félicien à l’honneur cette semaine de reprise chez Maîtresse Jill. Comme je traîne au fond de mon lit et de mon fauteuil, terrassée par une bronchite, j’ai répensé ç ce « Sacré Félicien » de Jean Ferrat… En paroles

Sachez qu’en mon pays
Avec tous mes amis
De veille et de bamboche
Il faut se lever tôt
Pour avoir le droit au
Titre de roi des cloches
Boire et jouer pour deux
Aimer à qui mieux mieux
Traiter Dieu de fantoche
En réfléchissant bien
Je n’en vois guère qu’un
Pour qui c’est dans la poche

Sacré Félicien
Tu mérites bien
La cloche d’airain
Sacré Félicien

Tous les soirs au poker
Paradis et enfer
Mon coeur cesse de battre
Quand tremble sa casquette
Au regard qu’il me jette
En abattant ses cartes
Si je sens aussitôt
Pousser sous mon chapeau
Des cornes qui se cachent
C’est qu’au jeu de poker
Il dit qu’il vaut mieux faire
Le boucher que la vache

Sacré Félicien
Tu mérites bien
La cloche d’airain
Sacré Félicien

Au tendre jeu d’aimer
Sa force est de flairer
L’anguille sous la roche
Peu lui chaut tout à fait
Que la belle ait le nez
En forme de galoche
Mais qu’un morceau de roi
Suivi d’un échalas
A petit pas s’approche
Il me dit aussitôt
« Ben, mon pauvre Jeannot
La tienne est plutôt moche »

Sacré Félicien
Tu mérites bien
La cloche d’airain
Sacré Félicien

Quand on va braconner
La truite et le gibier
Je guette le gendarme
S’il est petit et gros
Suant sous son chapeau
Il me dit: « Pas d’alarme
Te casse pas la tête
Celui–là est si bête
D’après ce qu’on raconte
Que même ses collègues
Qui ne sont pas des aigles
Ont pu s’en rendre compte »

Sacré Félicien
Tu mérites bien
La cloche d’airain
Sacré Félicien

et en musique

Prénom Bianca

cette semaine Bianca est à l’honneur dans la cour de récré ! seulement voilà Bianca s’est carapatée en laissant juste ce petit message.

Madame la Maîtresse Jill

Vous voudrez bien excusez mon absence… En effet moi, Bianca de Castafiore, suis partie chercher mon Bernard l’ermite dans des contrées plus chaudes pour respecter la trêve des confiseurs…

Bien à vous

Prénom Lubin

« Oh le beau petit garçon », s’exclama la matrone qui mit au monde un bébé en l’an de grâce 1774 à Paris. Famille bourgeoise de marchand, le petit garçon grandit ce milieu un peu privilégié mais il faut quand même gagner son pain alors il fut mis en apprentissage très tôt, dix ans chez un professeur qui enseignant la parfumerie un certain Tombarelli puis revint à Paris où il continua ses classes auprès de Monsieur Jean-Louis Fargeon, parfumeur attitré de la reine. Et oui pas moins que ça !

Courageux et entreprenant notre Lubin, ouvrit dès 1798  un magasin de parfumerie dont l’enseigne elle-même, est tout un poème « au Bouquet de Roses » sis rue Helvétius (devenue rue Sainte Anne).

C’est ainsi qu’il devint le fournisseur des ‘Incroyables et Merveilleuses »* en rubans, masques et autres  poudres de riz  mais surtout  il crée « L’eau vivifiante » qui  est considérée comme la première eau  de toilette dénommée  » Eau de Toilette Lubin  » très prisée dans la cour impériale. Dans les archives de Grasse on trouve encore une commande effectuée par l’impératrice Joséphine !

Quel chemin pour notre petit Lubin qui dès 1830 exporta ses produits vers les Etats Unis tout neuf, et devint fournisseur officiel de la cour de la reine Marie Amélie. Guy de Maupassant lui-même dit de lui « Il est l’apôtre des femmes, l’apôtre frottée de Lubin ».

Différentes boutiques se sont ouvertes depuis et de nos jours  Alors Mes dames Noël arrive à grand pas et Messieurs pensez-y le « L » de Lubin est une merveille de douceur…

  • Les Incroyables et Merveilleuses sont un courant de la mode de la France du Directoire caractérisé par sa dissipation et ses extravagances, en réaction à la sombre tristesse qu’avait répandue la Terreur

Prénom Simon

Dans la cour de récré chez Madame Jill, un Simon un drole de drôlin…

Je suis un personnage historique ! Vous ne me connaissez pas ? bon alors je me présente.
Je suis guerrier moi pas un pédé une tarlouze ou une tafiole. Je suis connu pour mes exploits et tout le monde mon connaissait et avait peur de moi. Je me replace d’abord au XIIIème siècle. Vous n’étiez pas né évidemment mais sachez que j’ai épousé en 1190 une riche héritière de la famille de Montmorency et dans le haut Moyen Age la richesse n’était pas un vain mot. J’abandonne bien vite cette épouse et je pars en croisade avec mon ami Foulques de Neuilly et bien d’autres seigneurs (saigneurs ? ) Quand j’en reviens sain et sauf, un miracle pour cette époque, une pagaille innommable règne dans le comté; une autre croisade celle des Albigeois s’est formée et me voilà reparti avec épée et tout mon barda. Je prends la tête de l’expédition contre ce traite de Raymond, Comte de Toulouse pour mater cette insurrection et je remporte une éclatante victoire à Muret où le roi d’Aragon, allié de Toulouse perd son âme. Tous leurs biens me sont attribués par le pape et même Philippe Auguste m’accorde son soutien.
Cependant le fils de Raymond parvient à revenir à Toulouse où j’instaure un siège sanglant… Mais c’est là qu’un jet de pierre m’atteint et m’écrase. Je meurs le 25 juin 1218. Moi Simon Comte de Montfort…

Comment Maitresse Jill, il n’est pas sympa mon Simon … Peut-être mais l’Histoire ne France n’est pas toujours très belle.

  • je précise que les mots pédé, tafiole ou tarlouze ne sont là que pour l’histoire et aucune mauvaise intention de ma part. Je respecte les choix de chacun..

Prénom Quitterie

Quitterie est appelée par Maîtresse Jill dans la cour de récré…  avec un clin d’oeil à Bobby Lapointe qui m’a bien aidée..

Ta Quitterie t’a quitté

Ce soir au bar de la gare
Igor hagard est noir
Il n’arrête guère de boire
Sa Quitterie l’a quitté
Il a fait chou-blanc
Ce grand-duc avec ses trucs
Ses astuces, ses ruses de Russe blanc
Ma tactique était toc
Dit Igor qui s’endort
Ivre mort au comptoir du bar
Mais près d’ son oreille
Merveille! Un réveil vermeil
Lui prodigue des conseils
Pendant son sommeil
Tic-tac tic-tac
Quitterie Tic-tac tic-tac
Ta Quitterie t’a quitté
Tic-tac tic-tac
T’es cocu, qu’attends-tu ?
T’as qu’à, t’as qu’à t’ cuiter

Et quitter ton quartier
Ta Quitterie t’a quitté
Ta tactique était toc
Ta tactique était toc
Ta Quitterie est partie…

 

Prénom Corneille

Corneille tu bées aux corneilles !  Si tu crois que les cailles vont tomber toutes rôties, tu te mets le doigt dans l’œil ! Tu ferais bien de ne pas prendre racine ou tes vers ne feront pas merveille ; et comme dit la belle marquise de Brassens  « en attendant mon vieux Corneille, j’ai vingt six et je t’..

 

Mes excuses pour le retard mais WordPress a failli et nous étions bien ennuyés…

Prénom Donald

A la cour de récré, Maîtresse Jill appelle Donald – et c’est là que l’on se souvient d’un certain Donald Canard

Depuis quelques six mois, le commandant Donald Canard remontait la pente. Il était presque heureux. Il avait rejoint un tranquille commissariat dans la Bresse et s’était refait une santé/ Il avait arrêté de fumer (ce qui est bien  le moins pour un canard) et les cendres de ses mégots ne souillaient plus sa bière. Pas facile de se  reconstruire quand on a tout perdu.

Là il faut que j’explique ; Canard, nom déjà difficile à porter pour un policier de son grade, quant à Donald pour prénom…,  avait subit les assauts de la vie. Après bien des palabres il avait réussi à convaincre une jolie canette de l’épouser. Elle était arrivée un jour avec un groupe d’eiders sauvages. Il l’avait sortie des latrines publiques où elle avait chu et l’avait prise sous son aile.

Mais voilà qu’un jour au sein de la brigade débarqua une espèce de galopin, un rien  de rien qui immédiatement la séduisit. Il en fit son jouet ; une vraie poupée de son. Il a su lui parler en termes vaseux de son jardin secret ;  celui où l’on cultive des navets et où il fait tellement chaud que l’on se désaltère avec du jus d’orange parfumé d’une larme de Cointreau. La jeunette s’embrasa comme une torche et suivit ce sombre malandrin au col vert. Donald Canard resta sans voix parcouru de frissons. Il visita tous les coins, les recoins même les petits coins, se dandina sur tous les chemins en pure perte, jamais elle ne revint. Il se laissa aller à la déprime. La chair à vif, il s’aigrit et volait dans les plumes de tous ses voisins. Un de ses adjoints, le gay gai Pinson  se vit même menacé d’être enfermé toute une nuit en cellule pour avoir osé siffler comme un merle.

Pour oublier son chagrin, il demanda et obtint sa mutation. A Basse-cour, il vivait tranquille  près de la mare au milieu de laquelle une fontaine naturelle lui fournissait l’eau pure et claire. Il avait repris sa vie en main et avait juré qu’on ne l’y prendrait plus. Il s’était aménagé un loft dans la tourelle et y demeurait à l’abri. Enfin remis au travail, il mena avec panache et l’aide d’une bande d’oies serviles, des enquêtes délicates comme la mystérieuse affaire des trois petits cochons. Il découvrit, comment Blanquette, la chèvre du père  Seguin cassait sa corde pour fuguer et ramena à la raison Petit Pierre parti pour  capturer le loup. Pour couronner tous ses magnifiques résultats, il avait su avec doigté, résoudre sans aucun dommage la prise d’otages des sept chevreaux. Tout allait donc pour le mieux. Eh bien non !

Malgré ses résolutions voilà que le commandant Donald Canard tombe en amour ; oui amoureux,  Tout  alangui. Un matin revenant de sa piscine, il aperçut sur le bord une petite poulette. Oh, Qu’elle était jolie, pimpante, la robe orangé et  la crête rouge vermeil bien dressée. Une envie d’effeuiller ses plumes couleur de blé mur le saisit. Il s’approcha de la coquine l’invita à prendre un ver qu’elle refusa. Il lui proposa alors des grains de maïs à picorer, des larves bien grasses ou encore des petits cailloux roses et transparents de ceux qui font les plus belles coquilles d’œufs. Mais rien ne plaisait à la frêle poussinette qui partait le bec en cul de poule.

C’est alors que le vieux coq noir et gris arriva et lui murmura à l’oreille :

«  Pépita n’est pas comme nous. Je n’ai pas su la tenir sous mon joug. Pour la séduire tu dois lui offrir des pizzas et encore des pizzas rien que des pizzas. »

 

Prénom Bretemette

Cette semaine maîtresse Jill met à l’honneur Bretemette mais elle n’est pas seule ; elle est avec Annette

Souvenirs

L’après midi touchait à sa fin. Les vaguelettes blanchissaient le sable roux du petit lac derrière la maison. Dans le ciel au loin, une alouette voltigeait comme elle cherchait son chemin puis elle disparut au-delà de l’horizon.
Allongées dans l’herbe, Bretemette et Annette, déballèrent leur goûter ; un tranche de cake et quelque gaufrettes à la crème de noisette. Elles dégustaient en papotant comme des dames comme elles disaient autrefois. L’une critiquait la salopette de la cousine Mariette, pauvre cousine un peu simplette qui s’obstinait à porter du jean délavé ; l’autre se moquait de la Tantine avec sa collerette blanche à froufrou amidonné, datant du 19ème siècle.
Elles aimaient bien leur Tantine. Elles passaient leurs vacances chez elle depuis qu’elles étaient nées.
– Tu te souviens Bretemette quand Tantine nous faisait des papillotes avec du papier joseph pour que le lendemain nos cheveux longs fassent des frisettes très serrées.
– Je me souviens surtout quand nous mettions de la poudre de riz partout avec la houppette en plume de cygne et que nous laissions accuser la chatte Perlette.
– Et le soir quand près de la grande cuisinière, la chaufferette sous les pieds, elle nous contait des histoires tout en mâchonnant des bouts d’allumettes ; des vraies sornettes et nous étions mortes de rire !
– Elle portait toujours son bracelet, on aurait dit un lacet de tonton Henri, comme une amulette.
Elles s’interrompirent un instant pour déplier une sucette parfum d’anisette comme autrefois. Elles se précipitaient abandonnant leurs trottinettes, les couettes voletant pour se jeter sur Tantine qui leur offrait leurs friandises adorées ? Tantine en avait glissées dans le panier.
Soudain Bretemette se mit à faire des galipettes des cuplettes et des cancubelles dans l’herbe tendre ; d’abord étonnée Annette finit par l’imiter en riant.
Demain, elles rentreraient à la pension… Finies les tartelettes aux cerises, les andouillettes au Pouilly avec des pommes dorées au beurre et la tartiflette de Tantinette. Saperlipopette.

 

Prénom Ute

Prénom Ute

« Non et non Lilou, tu ne nous refais pas le coup d’Adonis avec la rime. Ute est une pure jeune fille innocnete tout de jute vétue. Elle vit dans une cahute et crapahute du soir au matin et rien de la rebute. Dès la première minute du jour elle court parmi le thym et la rosée jouant du luth et de la flûte en récitant ce beau poème du Grand Charles, pas de Gaulle, ignarde que tu es, mais Baudelaire »

Morne esprit, autrefois amoureux de la lutte,
L’Espoir, dont l’éperon attisait ton ardeur,
Ne veut plus t’enfourcher ! Couche-toi sans pudeur,
Vieux cheval dont le pied à chaque obstacle butte.

Résigne-toi, mon cœur ; dors ton sommeil de brute.

Esprit vaincu, fourbu ! Pour toi, vieux maraudeur,
L’amour n’a plus de goût, non plus que la dispute ;
Adieu donc, chants du cuivre et soupirs de la flûte !
Plaisirs, ne tentez plus un coeur sombre et boudeur !

Le Printemps adorable a perdu son odeur !

Et le Temps m’engloutit minute par minute,
Comme la neige immense un corps pris de roideur ;
Je contemple d’en haut le globe en sa rondeur
Et je n’y cherche plus l’abri d’une cahute.

Avalanche, veux-tu m’emporter dans ta chute ? ( le goût du néant – Les fleurs du mal)

Alors Lilou, tu ne discutes plus ?
Tu ne nous persécutes plus ? Tes idées tordues ne font plus recettes, Belzébuth a fait la culbute !