Brèves d’Histoire

 11 février 1950 : instauration du SMIG 

est le jour de l’entrée en vigueur du SMIG, c’est-à-dire le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti. Il s’agit donc, comme son nom l’indique, du salaire plancher pour employer quelqu’un.

Pourquoi est-il créé à ce moment-là ?
Afin de tenter d’accélérer la reprise et de ne pas sombrer dans la misère totale. Nous sommes juste au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France est à genoux, en ruines… On n’arrête plus l’inflation, il devient notamment difficile de se loger. Les tickets de rationnement viennent seulement d’être supprimés. Or la Constitution de 1946 garantit « la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs ». Dans les faits, on en en est loin ! Le SMIG est une manière de pousser un peu à la hausse le pouvoir d’achat. Il a été déterminé en fonction d’un budget type – les dépenses d’un ménage moyen. De quoi vivre : se loger et manger à sa faim, avec un léger reliquat…

A combien s’élevait-il en 1950 ?
A 78 centimes de l’heure à Paris, un peu moins en province. Ce salaire minimum va augmenter petit à petit. Il est d’abord indexé sur l’inflation, puis sur la hausse du salaire moyen, en 1970.

Et depuis quand dit-on SMIC et non plus SMIG ?
Depuis cette même année 1970. Le SMIG devient le SMIC, le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance — joli nom technocratique. Il s’agit cette fois d’aider le salaire minimum à rattraper le salaire moyen en l’augmentant chaque année. Aujourd’hui, il est de 9,67 euros de l’heure. Mais ça, c’est une autre histoire…

Franck Ferrand
Europe 1


 

Si j’étais…

Je reprends le défi de Khanel avec son accord….

Comme vous le savez je suis absente tout le mois de janvier mais je vous propose quand même un thème et vous pourrez déposer vos liens sous ce message…

Selon l’expression ‘VOIR ROUGE »

A vous de proposer photo, petit texte ou les deux ; un dessin, une caricature légendée ou pas. Le choix est large….

Je récapitulerai vos liens dès mon retour au plus tard le 1 février

Janvier : Voir rouge

février : comme un oiseau

Et la suite….

Cela ne date pas d’hier

Réforme de la langue française
ou le singulier projet d’un
professeur d’humanités en 1923

En 1923, dans le cadre de sa chronique Caquets de chez Bravinparaissant dans les Annales politiques et littéraires, le chansonnierJean Bastia (1878-1940) se fait l’écho d’un singulier projet : celui d’un certain Alisson, professeur libre d’humanités aspirant à « simplifier » la langue française à laquelle trop de circonvolutions portent selon lui préjudice…

On sait qu’une querelle divise les professeurs et que la réforme de l’enseignement secondaire donne lieu à de nombreuses controverses, explique Jean Bastia. Grammatici certant, disait déjà Horace. Des parlementaires, quoique de même nom, ne sont pas de même avis : ce sont les deux Bérard. L’un dit oui, l’autre dit non. Le ministre prétend qu’il a raison parce que Lhomond dit : Ego nominor leo, et le simple sénateur riposte : Victor sum.

Sans vouloir entrer dans le vif de la discussion et pour ne parler que de la simple langue française qui est encore vivante et peut être modifiée, je n’ai pas été mis sans intérêt au courant du projet d’un certain M. Alisson, professeur libre d’humanités, qui, par le moyen d’un redoublement de certaines consonnes ou voyelles, arrive à donner aux mots plus de force, à créer des valeurs, sans le secours d’épithètes ni d’adverbes qui, on le sait, alourdissent le style.

M. Alisson m’a exposé sa méthode :

« Il existe dans toutes les langues deux mots d’usage courant : oui et non. Il n’y a, en français, qu’une façon de les écrire, celle que nous savons : trois lettres pour chaque mot. Et, cependant, il y a plusieurs « oui » comme plusieurs « non » : le « oui » timide, le « oui » assuré, le « oui » énergique, le « oui » sans réplique. Il faudrait que, pour qu’il n’y ait plus de méprise, l’orthographe de chacun de ces « oui » variât. Par exemple, « oui » tout simple, en trois lettres, signifierait le « oui » dont on peut dire qu’il est « ni oui ni non ». Mais, pour affirmer son opinion positive, je voudrais qu’on doublât, triplât, quadruplât l’o initial.

 » Ooui ! signifierait : — Je vous dis bien oui.
» Oooui ! voudrait dire : — C’est oui et je n’en démordrai pas.
» Ooooui ! aurait ce sens : — N’insistez pas, c’est sans réplique. »

M. Alisson continua :

« Alors, quelle clarté dans notre langue ! et quelle rapidité d’expression ! Plus de mots inutiles, de circonlocutions oiseuses, de phrases entières pour rendre sa pensée ; quelques lettres de plus suffiraient. »

Il dit :

« Un événement vient de se produire… — Où ? demandai-je. — Non ! fit-il, c’est une phrase que je crée pour servir d’exemple à ma méthode… Un événement vient de se produire soudain en Afrique centrale… Cela est, dit-il, ma phrase exemple.

« Si c’est un grand événement, j’orthographie événnement, par redoublement de l’n. S’il s’agit d’un événement extraordinaire, je triple cette consonne et j’écris événnnement. Trois n remplacent ici tous les adjectifs ampliatifs tels que colossal, étonnant, extravagant, fabuleux, indescriptible, inouï, etc., ou la locution sans précédent, ou tout un membre de phrase tel que comme on n’en vit jamais.

« Avec ma méthode, la pensée s’exprime plus rapidement, le discours gagne en concision, même en clarté. Si, poursuivit le grammairien libre, vous voulez indiquer que le caractère de soudaineté dudit événnnement fut tout à fait exceptionnel, que dis-je exceptionnel !… excepttionnel (avec deux t)…. vous n’avez de même qu’à redoubler la consonne la plus caractéristique dans l’adverbe soudain (c’est le d), ce oui vous fait écrire souddain. »

— J’ai compris ! déclarai-je à mon humaniste. Laissez-moi finir moi-même votre phrase.

Et, prenant une feuille de papier, j’écrivis : « Un ÉVÉNNNEMENT vient de se produire SOUDDAIN en AFFRIQUE… »

Il m’interrompit : « — Pourquoi mettez-vous deux f à Afrique ? — Pour bien affirmer que c’est là et peu ailleurs, répliquai-je. — Très bien ! dit-il. »

Je continuai d’écrire : « … en AFFRIQUE CENTTTRALE. » Il exultait : « Ça y est !… Vous avez compris. Centttrale avec trois t. C’est admirable ! Ça équivaut à dire : Et pas seulement au hasard dans tout l’immense territoire que les géographes appellent le centre de l’ Afrique, mais vraiment au centre, au centttre avec trois t…, soit à l’équateur, en plein Congo, vers la source de la rivière Maringa. Plus besoin d’indiquer les degrés de latitude et de longitude. Un simple redoublement de consonnes tient lieu de précisions géographiques. »

Il poursuivit :

« Prenons, par exemple, la phrase : Redoute ma colère !… Si vous redoublez le d de redoute et que vous écriviez : Reddoute ma colère !…, cela signifie que votre colère est vraiment redoutable, qu’il faut s’en méfier, que vous ne vous connaissez plus quand vous êtes dans cet état-là. » Si, au contraire, c’est l’l de colère que vous redoublez, et que vous écriviez : Redoute ma collère !…, le sens change et vous indiquez par ce redoublement de l’l que vous êtes vraiment furieux, que ce n’est pas une colère feinte.

« — Et si l’on redouble le d ici et l’l là ? interrogeai-je.

« — Alors, conclut mon homme. l’individu menacé n’a plus qu’à mettre du champ entre lui et son interlocuteur. »

Le professeur m’a donné plusieurs devoirs à faire, conclut Jean Bastia :

« Expliquez par des périphrases les redoublements suivants :

« Quelle DOULLEUR est la mienne ! Je suis HEURREUX de vous voir. J’ai FFAIM et SSOIF. C’est un SCANDDDALE ! »

J’en ai, de moi-même, ajouté un : « Cette façon d’écrire le français est STSTUPPIDDE. ».

source : la France Pittoresque 

Ça s’est passé un 5 novembre

Le cinq tu sauras, quel mois tu auras.

Fêtons les Sylvie qui sont au calendrier et aussi  Bertille, Elisabeth mais n’oublions pas d’embrasser les Fibicius, Aldric et Gaussaud si nous en trouvons…

5 novembre 1880 : expulsion des congrégations religieuses sur ordre de Jules Ferry

S’étant multipliées sous le Second Empire et éduquant une partie de la jeunesse aristocratique et bourgeoise, les congrégations religieuses avaient acquis par là même une influence que les républicains jugeaient dangereuse : sur proposition de Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique, des décrets furent adoptés, imposant à ces congrégations une demande d’autorisation d’exister sous peine de dissolution.
Le 16 mars 1879, Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique, présentait au Parlement une loi relative à la liberté de l’enseignement supérieur. Cette loi contenait un article, l’article 7, ainsi conçu : « Nul n’est admis à participer à l’enseignement public ou libre, ni à diriger un établissement de quelque ordre que ce soit, s’il appartient à une congrégation religieuse non autorisé. » voir la suite

Jules Ferry. Portrait du temps réalisé par Paul Sarrut

N’oublions pas les valeurs de notre République laïque :  l’INSTRUCTION est gratuite et relève de l’Etat. L’EDUCATION  des enfants relève  des parents.  

 

Le sacre de Philippe Auguste

1er novembre 1179 : sacre de Philippe Auguste

 

Initialement fixée le jour de l’Assomption 1179, la cérémonie du sacre fut reportée à la Toussaint suivante, en raison d’une mésaventure survenue au jeune Philippe dans la forêt de Compiègne, qui lui valut quelques frayeurs…

Dans sa Vie de Philippe Auguste, Rigord, le moine de Saint-Denis, médecin et historien qui le premier donna au roi de France Philippe II le surnom d’Auguste, écrit :

« L’an 1179 de l’Incarnation du Seigneur, Louis [le roi Louis VII alors régnant, qui mourra le 18 septembre 1180], roi très chrétien des Français, déjà presque septuagénaire, réfléchissant à la courte durée de la vie humaine, et sentant sa santé affaiblie par les atteintes d’une paralysie, convoqua à Paris une assemblée générale des archevêques, évêques, abbés et barons de tout le royaume des Français, dans le palais du vénérable Maurice, évêque de Paris.

« Quand tous y furent réunis, Louis entra d’abord dans une chapelle (car il ne commençait jamais rien sans s’y être ainsi préparé) ; et là, après avoir fait sa prière au Seigneur, il fit appeler tour à tour les archevêques , les évoques, les abbés et tous les grands du royaume pour leur communiquer son projet. Il leur déclara qu’il voulait, sauf leur avis et leur volonté, faire élever au trône des Français, son fils bien-aimé, Philippe Dieudonné, et qu’il désirait que celte cérémonie eût lieu au premier jour de l’Assomption de la bienheureuse vierge Marie. Les prélats et les grands n’eurent pas plutôt entendu la volonté du roi, qu’ils s’écrièrent d’une voix unanime : Soit, soit ! et l’assemblée fut ainsi close. »

Enluminure extraite des Grandes Chroniques de France, par Jean Fouquet (vers 1460)
Enluminure extraite des Grandes Chroniques de France, par Jean Fouquet (vers 1460)

Le sacre du jeune Philippe n’eut cependant pas lieu à l’époque fixée, une aventure assez singulière le faisant différer de quelques mois.   La suite ici