Brèves d’Histoire – un 10 novembre

Mort de Léonid Brejnev en 1982 et de Abel Gance en 1981

Nous allons fêter : Léon mais aussi les Juste et les Bodelin si vous en connaissez

Léon 1er réunit le concile de Chalcédoine qui affirme la double nature du Christ en une personne. Il veut de la sorte répliquer à l’empereur romain de Constantinople qui a officialisé l’hérésie monophysite en 449 au concile (ou « brigandage ») d’Éphèse. Déjà, l’Orient et l’Occident s’éloignent l’un de l’autre…

L’année suivante, en 452, le pape va au-devant d’Attila, le roi des Huns, et le convainc de rebrousser chemin sans entrer dans Rome. Il a moins de chances avec les Vandales qui pillent la Ville éternelle en 455. Le pape obtient néanmoins de Genséric, leur roi, qu’il épargne la vie des habitants.

Naissance de Martin Luther et de Ninon de Lenclos

10 novembre 1630
Richelieu et la « Journée des Dupes »

Un cardinal à poigne

À la tête du Conseil du roi, ou Conseil d’En Haut, depuis 1624, Armand Jean du Plessis, cardinal et duc de Richelieu, a mis au pas la noblesse, prompte aux duels et aux révoltes.

Il a aussi combattu avec efficacité les protestants de l’intérieur et leurs alliés anglais. Après le siège de La Rochelle et l’Édit d’Alès, il ne reste plus grand-chose de l’ancienne grandeur des protestants français.

Richelieu voudrait maintenant garantir la tranquillité de la France sur ses frontières. Il se dispose à combattre la maison catholique des Habsbourg qui, d’un côté, gouverne l’Espagne et, de l’autre, les États autrichiens.

Dans cette optique, il est prêt à s’allier aux protestants allemands en guerre contre l’empereur Habsbourg. 

Il couche ce projet politique sur le papier et le transmet au roi. C’est plus que n’en peut supporter le parti dévot de la Cour.

Celui-ci est regroupé autour de la reine-mère Marie de Médicis et de Gaston d’Orléans, frère cadet du roi et fils préféré de Marie de Médicis… au demeurant une tête brûlée sans trop de courage.

La reine elle-même, Anne d’Autriche, sensible aux attraits de son beau-frère, est proche de ce parti.

Le 10 novembre, en son palais du Luxembourg (l’actuel siège du Sénat), la reine-mère sermonne son fils et l’adjure de se séparer de Richelieu. Elle lui reproche en vrac de ménager les protestants, d’opprimer la noblesse et de se désintéresser du bien-être du peuple.

Vaudeville politique

Le cardinal, devant l’importance de l’enjeu, tente d’entrer dans la pièce où se déroule l’entretien. Mais Marie de Médicis a recommandé à ses huissiers d’en tenir toutes les portes fermées. Toutes ? Non. Une porte dérobée s’offre à Richelieu. Dans ses Mémoires, le cardinal raconte : « Dieu s’est servi de l’occasion d’une porte non barrée qui me donna lieu de me défendre lorsqu’on tâchait de faire conclure l’exécution de ma ruine ».

Marie de Médicis plus tard dira : « Si je n’avais pas négligé de fermer un verrou, le cardinal était perdu ». Il semble en fait que l’habile cardinal ait usé de son influence sur une femme de chambre pour approcher le roi. On imagine la surprise de la reine-mère quand il ouvre la porte !

Richelieu : « Je gagerai que Leurs Majestés parlent de moi ?… »« Oui ! » répond sèchement Marie de Médicis. Richelieu écoute en silence ses violents reproches puis s’agenouille devant le roi et la reine-mère et, dans une humilité calculée, baise le pan de robe de celle-ci.

Louis XIII tourne les talons et se retire à Versailles, où il possède un modeste relais de chasse (son fils Louis XIV en fera le palais que l’on connaît).

Les courtisans croient en la victoire de la reine et s’inclinent devant elle.

Là-dessus, le roi fait appeler Richelieu…

D’un naturel timide et hypocondriaque, Louis XIII déteste son ministre qui est tout son contraire, intelligent, distingué, ambitieux, travailleur… Mais en son for intérieur, il approuve sa politique, si dure soit-elle, qui préserve la France de la guerre civile et des menaces étrangères. Aussi lui renouvelle-t-il sa confiance dans l’intimité de son relais de chasse, promettant de ne jamais se séparer de lui, en quoi il tiendra parole.

Un courtisan, Bautru, comte de Serrant, prononcera alors une phrase promise à la postérité : « C’est la journée des dupes ! »

Vainqueur du bras de fer, le cardinal obtient du roi l’éloignement de la reine-mère. Marie, qui n’a de cesse de comploter, veut s’installer dans la place forte de la Capelle, au nord de Laon. On est au bord de la guerre civile ! Mais la reine-mère doit finalement se résoudre à l’exil aux Pays-Bas.

Gaston d’Orléans, qui lorgne sur la succession de son frère, encore sans enfant à 30 ans, est aussi contraint de quitter la Cour.

Au nom de la « raison d’État », et avec le soutien du roi, Richelieu peut désormais mener la guerre comme il l’entend. Il apporte d’abord un appui larvé aux protestants dans la guerre religieuse qui ravage l’Allemagne et restera connue sous le nom de Guerre de Trente Ans.

Enfin, il déclare la guerre à l’Espagne et s’engage directement dans le conflit. Celui-ci aboutira aux traités de Westphalie et à la marginalisation de l’Allemagne pour deux siècles.

Marie de Médicis, une reine encombrante

Marie de Médicis, veuve d’Henri IV, a donné le jour à un roi, Louis XIII, mais aussi à deux reines, Henriette de France, épouse du roi d’Angleterre Charles Ier, et Elisabeth de Bourbon, épouse du roi d’Espagne Philippe IV, et une duchesse de Savoie, Christine. Elle n’a pas pour autant un grand sens de la politique…

Après beaucoup de pérégrinations et de tracas, l’ex-régente meurt le 3 juillet 1642, à 69 ans, à Cologne, dans une maison prêtée par le peintre Rubens qui réalisa pour elle, au temps de sa splendeur, une superbe suite de tableaux, aujourd’hui au Louvre.

2 commentaires sur « Brèves d’Histoire – un 10 novembre »

  1. J’ai beaucoup apprécié cet article qui m’ a remis clairement en mémoire un épisode célèbre du règne de Louis XIII , où c’est l’intelligence qui a gagné .Le cours de l’histoire aurait sans doute été bien différent si ce verrou avait été mis !
    J’adore l’histoire – et depuis l’école primaire :les leçons de mon père étaient passionnantes et je me souviens avec amusement à que point j’étais contrariée …par Aliénor d’Aquitaine , entre autres !
    Boinne soirée .
    Pulsatilla .

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    1. Nous avons encore tant à apprendre dans notre si grande Histoire. Nous ne faisons que la survoler et encore avec des mensonges et le mytheJehanne d’arc n’est pas le plus gros. D’ailleurs je ne comprend pas comment les responsable de l’Instruction Publique comme j’aime à dire laisse encore dans les programmes des inepties pareilles. Et si on disait la vérité ! bises

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