Les plumes – 15 – Boîte

Chez Emilie  – les mots en gras dans texte

La maison en héritage

Trop tard, elle a ouvert la boite… Elle aurait dû lire la lettre du notaire avant de le faire. Cette maison dont elle venait d’hériter la mettait dans l’embarras. elle ne savait vraiment pas quoi en faire. Dès qu’elle ouvrit la porte, l’air vicié lui monta aux narines. Le notaire dans son courrier lui conseillait de vendre cette bâtisse au plus vite ; suivaient des détails, un peu abracabrantesque, afin susceptibles de l’encourager à la vente.

 Là dans l’entrée, la poitrine oppressée par des souvenirs douloureux, elle regardait les cartons entassés dans une salle à manger si grande qu’on pourrait organiser un bal. Pourquoi ce cadeau ? Elle n’était qu’une petite nièce par alliance, mais il y avait encore tant de secrets dans la vie de la tantine. On disait que la nuit, elle se transformait en sorcière et courait derrière la chatte Aphrodite que le père Lustucru lui avait volée un soir de beuveries. Lustucru c’était le paria du village. Le vieux bonhomme dont on se tenait à l’écart et à qui on ne parle pas ; en fait il s’appelle José c’est un réfugié espagnol venu travaillé une saison et n’était jamais reparti. Il avait élevé seul son fils Hermès et de mère inconnue. Hermès…Elle ne voulait pas penser à lui… Pourtant ! Et si la tante était la mère inconnue ? Elle souvint qu’un jour, toute petite elle avait vu la tante marcher avec des béquilles, elle avait roulé dans les escaliers… Elle savait pourtant que la tante était sortie la veille au soir.

Elle était un peu perdue dans ses pensées quand elle sursauta ; un bruit d’outil qui fouillaissait une fenêtre se fit entendre. Elle se précipita vers les volets de la grande salle et vit à travers les carreaux poussiéreux, une ombre s’enfuir avec un carton.

Plus tard, à la gendarmerie, elle rencontra Hermès et oui son amour de jeunesse, qui prit sa déposition. En fait la maison servait de dépôt à un gang de voleurs et autres dealers dont le notaire, son fils et son âne de clerc étaient des membres actifs. Le carton saisi par le capitaine Hermès était bourré de drogue… Pendant qu’il lui expliquait l’histoire, Pandore faisait fondre un sucre d’un café noir comme de l’encre ; le sourire aux lèvres, elle pensait et si tout recommençait !

8 commentaires sur « Les plumes – 15 – Boîte »

  1. un amour de jeunesse ! Son premier émoi, non, on ne l’oublie pas. L’embêtant, c’est qu’on ne peut pas le raconter à son mari, celui qui a réussi à émouvoir pour de bon et pour longtemps celle qui soupire encore ! Peut-être. Les souvenirs sont tellement plus beaux que la réalité.

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