Les plumes d’Aspho – Chut – 16

C HUUUUUTTT !!!

C’est   quoi  le  silence ?

Un bruit que l’on cache avec douceur sous un voile soyeux et opaque comme un objet précieux puisque l’on dit si souvent que le silence est en or ; un doigt posé sur la bouche, pour coudre les lèvres, les empêchant de livrer des « paroles impures » ou bien un moyen de surmonter la douleur ou la peur qui monte au creux du ventre comme une vague tout à tout brûlante et glacée. Je veux croire que le silence est monacal comme une  symphonie des souvenirs que l’on écoute avec discrétion comme un bonheur que l’on tait pour pouvoir toujours le garder.

Lorsque nous chahutions un peu trop fort mon frère et moi ou que l’un « mouchardait » se plaignant de l’autre, nous entendions la voix rocailleuse de ma grand-mère qui avait du mal à supporter les cris d’enfants dire :

« Silence, la queue du chat danse. »

Et le miracle se produisait ; en enfants bien élevés, nous nous taisions immédiatement. Nous avions accepté cette formule sans chercher  des explications,  le ton de notre aïeule était suffisamment éloquent pour comprendre que nous devions nous taire avant que la fessée ne tombe. La première fois, après un moment de calme, nous avons cherché où était le chat. Bien sûr dans cette grande maison froide et immense aucun chat n’osait se compromettre; il aurait d’ailleurs été mal reçu ; ici pas de culte au miron !

Plus tard en voyant évoluer notre divin Minet, nous avons compris que le chat malgré sa domesticité relative avait conservé un instinct de chasseur et que cet appendice préhensile s’activait en rythme précis lorsqu’il guettait sa proie ou qu’il s’énervait.

Mais pourquoi s’en prendre au chat ?

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9 commentaires sur « Les plumes d’Aspho – Chut – 16 »

  1. Hi hi hi, je l’avais oubliée cette « formule » Lilou et pourtant je l’ai entendue aussi !
    Un texte loin du couvent mais une scène de vie tendre et drôle bien agréable à lire.
    Bonne semaine et gros bisous

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  2. Ma maman, elle, disait « Silence, la queue du chat balance, et les lapins jouent de la clarinette ». Je n’ai jamais compris le sens de cette formule, mais je savais qu’elle m’intimait l’ordre de me taire.
    Bisous, Lilou ❤

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