Contes du lundi – Gonflé

La consigne est là : chez Lakévio

 

Edgar Bundy - Little Donkey 1889

Ma petite maîtresse m’aimait beaucoup ; elle était si gentille, toujours gaie avec ses nattes ornées d’un petit ruban rouge et quand elle mettait sa petite casquette blanche, elle était irrésistible. Elle me soignait, et quand elle me brossait on aurait dit que l’étrille était en soie. Elle curait mes sabots pour ne pas que je me blesse avec les gravillons du chemin. Elle me caressait les oreilles et me faisait des bisous sur mon museau humide. Quand il faisait mauvais, que la pluie tombait avec force, que l’aquilon hurlait ou que la neige recouvrait les sentiers et que nous ne pouvions pas sortir, elle venait me voir dans mon écurie. Elle m’apportait du pain  ; elle veillait à ce qu’il soit bien sec et bien croquant, elle savait que le pain frais me donnait des coliques, de l’herbe fraîche, des feuilles de salade, des carottes et des pommes qu’elle cueillait au verger. Elle me tendait la paume de sa main dans laquelle je posais mon museau et d’un petit coup de langue j’attrapais ses dons. Elle restait avec moi longtemps, bien longtemps; elle me parlait, croyant que je ne la comprenais pas; elle me contait ses petits chagrins, quelquefois elle pleurait mais souvent elle riait en me fredonnant une de ses comptines surtout celle qui parlait d’un âne qui avait mal à la tête et à qui on confectionnait un bonnet. Quand elle repartait, je pouvais me coucher dans le foin bien frais et j’attendais le lendemain…

3 réflexions au sujet de “Contes du lundi – Gonflé”

Les commentaires sont fermés.