l’atelier de Ghislaine 72

cinq mots en ERS et/ou  paysan, contraire, version, mélodrame, signe, pensée, loisir, salon

Nous nous sommes de pauv’ paysans ; on est pas riche !  Certes, on ne paie pas les légumes et heureusement ils sont hors tarif, on ne paye pas la viande, juste quèques  lapins et des  poules pis on tue  cochon une fois l’an. Mais le matériel et le glyphosate faut bien sortir les sous… Et vous savez combien ça coûte tiens une herse ? Non et bien moi non plus ! Pour survivre heureusement Germaine, Germaine c’est ma bourgeoise elle s’débrouille. Elle fait pousser des fleurs, surtout des pensées, qu’elle vend sur son banc au marché, elle dit ça aère les siennes,  avec les champignons.

Ma Germaine, elle est pleine de ressources, elle arrondit encore ses fins de mois avec un atelier tricot. Y a bien cinq ou six personnes qui rappliquent tous les jeudis dans le salon qu’elle s’est aménagée ;  boudoir qu’elle appelle son coin, et là ça cliquette des aiguilles et caquette des langues. Une maille à l’envers une maille à l’endroit, je pique dans le trou, je tire une boucle, je jette un fil etc.

Ce jeudi-là j’avais rien à faire, une averse du tonnerre de Zeus m’avais fait battre retraite. J’ai donc eu tout le loisir de les observer. Ah mes aïeux quelle rigolade. Pourtant c’était un vrai mélodrame ! Ma Germaine s’était époumonée à expliquer que pour faire les jours, les trou-trous comme elle dit, y faut pas lâcher les mailles de l’aiguille, la pauv’ Gersande à tout compris de travers et quand elle a tiré sur le fil tout s’est débiné heu débobiné et elle s’est mise à hurler, tempêter et les larmes ont tellement coulé que j’ai failli aller chercher la wassingue enfin la serpillière.  La discussion qui s’en suivit tourna en pugilat. Tout fut dit et son contraire. Et moi dans mon coin, je buvais du petit lait devant ce crêpage de chignon. Germaine fut traitée de perverse du tricot et Noémie fit un signe que je n’ose vous décrire.

Sûr que les mémères vont raconteront une tout autre version de l’incident….

3 commentaires sur « l’atelier de Ghislaine 72 »

  1. Ah ah ah j’adoreeeeeeeeeee
    La wassingue est une serpillère pour les non initiés au patois de nous nordiste lol…………
    Que c’est bien écrit Lilou…….
    Je me régale toujours de ce genre d’histoire !
    Merci beaucoup d’avoir égayé un moment de ma journée.
    Bisous

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