Les contes du lundi 83 – La chambre

Lakévio ici 

la chambre Sally

Sur cette image belle comme du Hopper, je vous propose le

Jeu des Papous N°1

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : « Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail. » (emprunt à Simone, jeune fille rangée.)

2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : « Je vais laisser pousser ma moustache, décida-t-il » (emprunt à Jean-Paul, celui qui écrit sur le mur.)

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

 

« Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail. » …. Je délaissais ce livre qui m’assommait un peu ce soir… J’avais la tête ailleurs.
Je n’étais pas revenue dans l’appartement depuis que j’avais épousé Laurent ; Je préférais la maison du bord de Saône où nous nous retrouvions tous en famille… quinze ans déjà ! Les expositions m’avaient pris tant de temps. Dernièrement encore j’avais découvert Sally Storch que j’avais confondue – mea culpa- avec Edward Hopper. J’avais décidé d’organiser une expo dans ma galerie. J’avais consommé tant d’énergie et j’avais presque terminé quand le coup de téléphone m’annonçant l’accident de voiture de mes parents m’avait anéantie. Après la cérémonie et le contrecoup de ces décès brutaux, j’avais usé mes dernières forces pour le vernissage d’un autre jeune peintre moderne talentueux et mis la dernière main pour l’expo de Sally. Puis je laissais la gestion de la galerie à mon associée. Il fallait régler les problèmes de succession. Heureusement nous étions d’accord, ma sœur et mon frère donc cela se passait bien. Nous devions nous retrouver dans l’appartement rue Raspail. J’étais arrivée ce matin et ce soir derrière les rideaux les souvenirs affluaient. La petite boulangerie en bas avait « grossi », la fleuriste avait fermé ses portes et laissé la place à un petit super marché, et l’ancienne bijouterie miteuse autrefois au coin de la rue arborait des vitrines rutilantes et occupait double de surface. Je me revis courant avec ma baguette de pain, jouant avec un chien errant quand je rentrais de l’école ; on aurait qu’il m’attendait mais maman avait dit pas d’animaux à la maison ! Seul le grand immeuble n’avait pas changé. Imposante bâtisse, je regardais les lumières qui brillaient ça et là yeux enfoncés dans les murs de brique brunes. Un peu plus loin, une affiche, le visage d’un homme beau comme un dieu grec vantait les mérites d’un parfum masculin. Laurent s’était approché sans bruit , il suivit mon regard brillant et sans crier gare :

« Je vais laisser pousser ma moustache, décida-t-il »

 

5 commentaires sur « Les contes du lundi 83 – La chambre »

  1. La nostalgie empreint ce texte doux-amer, où le bonheur semble entaché par des événements tragiques.
    J’aime bien le regard de cette femme sur la rue et sur ses souvenirs. Un regard d’artiste assurément.
    Bravo Lilou pour ta participation.
    ¸¸.•¨• ☆

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