Tableau du samedi semaine 7/52

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Je vous propose cette semaine un peintre très très connu Pieter Bruegel (L’Ancien) .

La chute d’Icare

La légende d’Icare .

 Pour avoir trahi son protecteur le roi de Crète, Dédale est enfermé avec son fils Icare dans un labyrinthe inextricable qu’il a lui-même conçu quelques années plus tôt. Toute évasion par voie terrestre est impensable… par contre, rien n’empêche les deux hommes de prendre la poudre d’escampette par les airs… Dédale met au point deux paires d’ailes collées dans leur dos avec de la cire et met bien en garde son fils de ne pas s’élever trop haut dans les airs pour ne pas que les rayons du soleil fassent fondre la cire. Comme tout ado qui se respecte, Icare n’écoute pas les recommandations de son père, ses ailes fondent et il meurt à la suite d’une chute vertigineuse dans la mer. Fin de l’histoire.

Moralité : à trop vouloir atteindre les sommets, la chute n’en est que plus terrible…

la-chute-dicareChercher bien Icare !

Pieter Brueghel l’Ancien a marqué l’Histoire de l’Art ; il  s’empare du mythe en 1558 pour produire une œuvre surprenante. Le spectateur assiste à une scène campagnarde et, si ce n’est le titre, bien peu d’indices le mettent sur la voie d’Icare et de son père Dédale… On a beau scruter le ciel, aucune plume à l’horizon! Seul le berger au centre de la composition avec le nez tourné vers le ciel nous laisse supposer qu’il se passe d’étranges choses dans les airs… Pourtant, après plusieurs minutes d’observation attentive, on remarque les jambes qui se débattent dans l’eau à côté du bateau et qui peuvent, bien sûr, n’appartenir qu’à Icare!

Brueghel fait donc le choix étonnant de représenter le mythe APRÈS qu’Icare soit tombé! C’est peut-être un détail pour vous, mais pour l’artiste, cela veut dire beaucoup!

Le regard du spectateur est en premier lieu attiré vers le personnage en premier plan, le paysan qui laboure son champ dont les préoccupations semblent bien loin du drame mythologique en train de se tramer. Des deux hommes présents, l’un regarde le sol et l’autre les cieux: comment ne pas y voir le symbole de la dualité de l’Homme? La recherche d’un Idéal qui s’oppose aux nécessités quotidiennes pour subsister.

« Lorsque nous détournons les yeux pour ne pas voir le mendiant à côté de nous, valons-nous mieux alors que ce laboureur qui semble aveugle au malheur du pauvre Icare? »

Surtout, ce qui choque, c’est bien sûr qu’Icare se noie dans l’indifférence la plus générale: le pêcheur pourtant à côté de lui ne semble même pas daigner lever les yeux! « Expression même de la solitude » selon l’écrivain Anne Philippe, la Chute d’Icare de Pieter Brueghel l’Ancien semble dénoncer l’indifférence des hommes envers leurs prochains. Ce pêcheur, n’est-il pas nous, passants indifférents à côté d’un mendiant réclamant une pièce?Lorsque nous détournons les yeux pour ne pas voir la misère à deux pas de nous, valons-nous mieux alors que ce laboureur qui semble aveugle au malheur du pauvre Icare?

N’y voyez aucune allusion à nos politiciens, candidats aux élections présidentielles…

Source Wikipédia

3 commentaires sur « Tableau du samedi semaine 7/52 »

  1. je ne les avaient pas vu tout de » suite, c’est vrai l’oeil voit le laboureur en premier, il faut fouiner pour trouver Icare qui se noie dans la mer.
    L’indifférence totale est omniprésente, chcun dans son monde! c’est plus que d’actualité.
    Bises

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